Berger Belge Laekenois : le poil dur de la variété la plus rare

Berger Belge Laekenois

Sur les quatre variétés de Berger Belge, trois sont connues du grand public et la quatrième passe inaperçue. Le Laekenois est celle-là : poil dur, rêche, fauve, tête broussailleuse, et des effectifs si réduits qu’un amateur français peut vivre des années sans en croiser un seul. Son nom renvoie au domaine royal de Laeken, au nord de Bruxelles, où la variété était présente à la fin du XIXe siècle quand les cynologues belges ont entrepris de fixer les types de leur chien de berger national.

Une variété qui se reconnaît au toucher

Posez la main sur le dos d’un Laekenois : le poil résiste, il est sec, dur, légèrement désordonné, d’une longueur d’environ six centimètres sur tout le corps. Rien à voir avec le manteau soyeux du Groenendael ou du Tervuren, ni avec le poil ras du Malinois. Le standard demande un aspect ébouriffé, jamais frisé ni laineux. Autour du museau, le poil forme une moustache et une barbe, et au-dessus des yeux une broussaille qui donne à la variété son expression particulière.

La couleur est fauve, avec des traces de charbonnage principalement au museau et à la queue. Ce charbonnage reste discret : il n’a pas la netteté du masque noir du Malinois. Un Laekenois trop clair, trop foncé ou au poil trop souple s’écarte du type, et comme les portées sont rares, le juge se montre attentif à ces détails.

Le toilettage d’un poil dur, qui n’a rien à voir avec un brossage

C’est le point où le Laekenois se sépare vraiment des trois autres. Un poil dur ne s’entretient pas à la brosse, il s’épile. La technique s’appelle le trimming : on retire à la main, ou au couteau à trimmer, les poils morts qui ne tombent plus d’eux-mêmes. Deux séances par an suffisent généralement, au printemps et à l’automne, avec un entretien léger entre les deux.

Ce qu’il ne faut pas faire, en revanche, c’est tondre. La tonte coupe le poil dur sans retirer la racine morte : le poil repousse plus mou, plus clair, et perd sa fonction imperméable. Un Laekenois tondu deux ou trois fois ne retrouve jamais tout à fait sa texture d’origine. Beaucoup de toiletteurs proposent la tonte par facilité, parce qu’elle prend quarante minutes là où un trimming complet en demande deux ou trois. Sur cette variété, le refus est la bonne réponse.

Entre deux séances, un peigne dans la barbe et la moustache après les repas évite les odeurs, et un coup d’œil régulier sous le ventre et entre les coussinets suffit. Globalement, c’est un chien qui salit peu : le poil dur retient moins la boue qu’un poil long, et ce qui sèche tombe.

Gabarit et construction

Les mesures sont celles du Berger Belge, identiques pour les quatre variétés : le standard vise 62 centimètres au garrot chez le mâle et 58 chez la femelle, la fourchette de poids couvrant la vingtaine et la trentaine de kilos suivant le sexe et la charpente. La silhouette est carrée, la poitrine descend au coude, l’arrière-main est sèche et bien angulée sans excès. Le Laekenois donne souvent une impression plus rustique que ses cousins, mais c’est une affaire de manteau : le squelette est identique.

Berger Belge Laekenois fauve à poil dur, barbe et moustache broussailleuses
Le poil dur ébouriffé et la barbe fournie, signature de la variété Laekenois.

Un caractère souvent décrit comme plus posé

Les éleveurs de la variété parlent volontiers d’un chien un peu moins explosif que le Malinois, un peu moins hypersensible que le Tervuren. La formule revient assez souvent pour mériter d’être citée, mais elle demande une réserve : avec des effectifs aussi faibles, un caractère de variété se confond vite avec un caractère de lignée. Ce qui est vrai chez un éleveur ne l’est pas forcément chez son voisin.

Ce qui ne varie pas, c’est le fond de Berger Belge : vigilance, attachement fort à la famille, réserve envers les inconnus, besoin de comprendre ce qu’on attend de lui. Le Laekenois surveille, il annonce, il se place entre sa maison et ce qui approche. Il a été employé comme chien de messagerie pendant la Première Guerre mondiale, ce qui suppose du sang-froid et de l’autonomie, deux traits que les lignées actuelles ont conservés.

Activité, sports et emplois

Comptez une heure et demie à deux heures d’activité par jour, réparties, dont une part de travail mental. Il se débrouille très bien sur une piste, en recherche utilitaire et sur un terrain d’obéissance ; on le voit peu au plus haut niveau en agility, simplement parce qu’ils ne sont pas assez nombreux pour y peser. Certains sont employés en détection, en recherche de personnes ou comme chiens de troupeau chez des éleveurs ovins.

Une activité vaut mieux qu’une absence d’activité, mais le type d’exercice compte. Les jeux de lancer répétés montent le chien en excitation sans le fatiguer réellement. Une séance de recherche d’objet dans un pré, vingt minutes, laisse un chien nettement plus calme le soir qu’une heure de balle. Ce n’est pas une théorie : tout propriétaire de Berger Belge finit par le constater.

Santé, ce qu’il faut dépister

Un Laekenois vit ordinairement une douzaine d’années, parfois quatorze. Les contrôles à réclamer sont ceux de la race entière : lecture officielle des hanches sur une échelle allant de A à E, coudes radiographiés à part, et pour les yeux un examen ophtalmologique des géniteurs couvrant l’atrophie rétinienne progressive et la cataracte. L’épilepsie idiopathique touche la race, avec des premières crises qui surviennent le plus souvent chez le jeune adulte ; en l’absence de test génétique de routine, seule la connaissance des lignées limite le risque.

La dilatation-torsion de l’estomac guette tous les chiens au thorax profond. Un repas unique avalé trop vite, suivi d’un effort, augmente le risque. Fractionnez en deux rations, laissez une heure de calme après, et retenez les signes d’alerte : abdomen tendu, tentatives de vomissement sans résultat, salivation, chien qui ne tient pas en place. C’est une urgence chirurgicale.

Prix et conditions d’achat

Le tarif d’un chiot inscrit au LOF se situe dans la même fourchette que celui des autres variétés de Berger Belge, à savoir plusieurs centaines d’euros et parfois davantage selon l’élevage. La rareté ne justifie pas de surcoût spectaculaire, et un vendeur qui la met en avant comme argument de prix mérite qu’on regarde de plus près ses résultats de dépistage.

Attendez-vous à être questionné plus que vous ne questionnez. Un éleveur de Laekenois place peu de chiots par an et sait où finissent les mauvais placements. Le dernier repère concret est celui-ci : si vous ne supportez pas l’idée d’un chien qui laisse des miettes de barbe partout après avoir bu, cette variété n’est pas pour vous, et les trois autres existent.

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