--- title: "Berger Portugais (Cão da Serra de Aires) : un poil sans sous-poil" url: https://www.dicochiens.fr/a-la-decouverte-du-berger-portugais-un-compagnon-fidele-et-talentueux.html author: "Dico Chiens" date_published: 2024-12-20T07:31:14+01:00 date_modified: 2026-09-14T18:05:20+02:00 categories: ["Races"] image: https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2024/12/a-la-decouverte-du-berger-portugais-un-compagnon-fidele-et-talentueux-1.webp description: "Au Portugal, on l’appelle souvent « cão macaco », le chien-singe. Le surnom vient de son expression : une tête ronde couverte de poil, une barbe, des sourcils longs..." site: "Dico Chiens" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Berger Portugais (Cão da Serra de Aires) : un poil sans sous-poil Au Portugal, on l’appelle souvent « cão macaco », le chien-singe. Le surnom vient de son expression : une tête ronde couverte de poil, une barbe, des sourcils longs et un regard vif qui donne l’impression que l’animal réfléchit à ce que vous venez de dire. Le Cão da Serra de Aires, Berger Portugais en français, est l’une des races européennes les plus discrètes et l’une des plus attachées à son maître. ## Le chien de la Serra de Aires La race vient du sud du Portugal, de l’Alentejo et des reliefs de la Serra de Aires, où elle gardait et conduisait les troupeaux de moutons, de chèvres et parfois de bovins et de chevaux. Elle est classée par la FCI dans le groupe 1, section 1, chez les chiens de berger. Contrairement à ce que son allure rustique suggère, ce n’est pas une race millénaire. Elle s’est fixée au début du XXe siècle, dans le sillage d’importations de chiens de berger français dans les domaines de l’Alentejo. La parenté avec le Briard se lit encore dans le type de poil et dans le port des oreilles. Le standard portugais a été établi dans les années 1930. **Une race jeune sous des airs anciens** Le Cão da Serra de Aires ne descend pas d’un chien de berger ibérique archaïque. Il est né de croisements du début du XXe siècle entre chiennes locales et chiens de berger importés de France. Les éleveurs portugais l’assument sans difficulté ; les descriptions qui parlent de « la plus ancienne race de la péninsule » se trompent de chien. ## Passé tout près de la disparition Dans les années 1970, l’abandon de l’élevage ovin extensif et la mode des races étrangères ont réduit les effectifs à un niveau critique. Quelques éleveurs portugais ont repris le travail à partir de sujets de ferme, et la race est remontée lentement. Elle reste confidentielle hors du Portugal : en France, les naissances annuelles se comptent en dizaines au mieux. Concrètement, cela signifie qu’un acheteur français doit prévoir une liste d’attente et, souvent, un contact direct avec un élevage portugais. Cela signifie aussi qu’aucun trafic de chiots ne s’est organisé autour de cette race, ce qui est une bonne nouvelle. ## Format et silhouette Le mâle mesure entre 45 et 55 centimètres au garrot, la femelle entre 42 et 52. Le poids adulte se situe généralement entre 17 et 27 kilos. Le corps est plus long que haut, la ligne du dos souple, la poitrine descendue. L’ensemble donne un chien agile, plus léger qu’il n’y paraît sous le poil. La tête est forte, large, avec un stop bien marqué. Les oreilles sont tombantes, triangulaires, attachées haut. Les yeux sont ronds, foncés, très expressifs, et souvent partiellement dissimulés par les sourcils. La queue est portée en crochet au repos et relevée en mouvement. ![Berger Portugais fauve au poil long, barbe et sourcils fournis, dans un pré sec](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2024/12/a-la-decouverte-du-berger-portugais-un-compagnon-fidele-et-talentueux.webp) *Le « chien-singe » portugais et son expression caractéristique.* ## Un poil de chèvre, sans sous-poil C’est la particularité la plus utile à connaître avant d’adopter. Le Cão da Serra de Aires porte un poil long, lisse ou légèrement ondulé, de texture sèche, que les Portugais comparent au poil de chèvre. Et surtout : il n’a pas de sous-poil. Deux conséquences pratiques. D’abord, il perd très peu de poils, ce qui change la vie dans une maison par rapport à un berger classique. Ensuite, il ne feutre pas comme un poil à sous-poil : un brossage soigné une à deux fois par semaine suffit à le tenir, en insistant sur la barbe, les aisselles et l’arrière des oreilles. L’absence de sous-poil a un revers : ce chien supporte mal le froid humide prolongé. Élevé dans un climat sec et chaud, il n’est pas équipé pour dormir dehors dans un hiver breton ou vosgien. **Bonne nouvelle pour l’intérieur** Sans sous-poil, le Berger Portugais ne connaît pas les mues massives des bergers nordiques ou des chiens de montagne. Pas de tapis de duvet sur le canapé deux fois par an, pas de séances de râteau quotidiennes au printemps. Un brossage hebdomadaire attentif tient la robe toute l’année. ## Les robes admises Le standard accepte une gamme large : jaune, fauve, gris, marron, noir et gris loup, dans toutes leurs nuances, avec ou sans marques feu. Le blanc n’est admis qu’en petite quantité sur le poitrail. La couleur d’un chiot évolue souvent nettement pendant la première année, un chiot presque noir pouvant s’éclaircir en gris loup à l’âge adulte. ## Un chien d’un seul maître C’est là que la race se distingue vraiment. Le Berger Portugais s’attache à une personne avec une intensité que peu de races atteignent. Il la suit de pièce en pièce, s’allonge devant la porte de la salle de bains et vérifie régulièrement où elle se trouve. Les éleveurs portugais parlent volontiers d’un chien qui « colle ». Le pendant de cette proximité est une réserve marquée envers les inconnus. Il n’est pas agressif, il se tient à distance, observe et ne se laisse pas caresser par le premier venu. Une socialisation précoce est ce qui évite que cette réserve ne glisse vers de la crainte. La solitude lui pèse. Un foyer où le chien reste seul huit heures par jour ne lui convient pas ; l’anxiété de séparation est un motif fréquent de consultation comportementale dans cette race. **Préparer les absences dès le premier jour** Sur une race aussi liée à son maître, l’habituation à la solitude se travaille avant qu’elle ne devienne un problème. Absences de quelques secondes, puis quelques minutes, dès l’arrivée du chiot, sans cérémonie au départ ni au retour. Attendre que le chien ait un an pour s’en occuper, c’est déjà trop tard. ## Travail au troupeau et activités Au pays, ce chien travaille encore. Il rassemble, rapproche les traînards, garde les bêtes rentrées au parc, et il le fait avec une bonne dose d’initiative. Il connaît son secteur et intervient sans attendre le signal du berger. Pour un chien de ville ou de campagne sans troupeau, cette énergie se redirige. La randonnée lui va très bien : endurant, agile, il tient une journée entière de marche. L’agility, l’obérythmée, le pistage et le travail de recherche lui conviennent aussi. Comptez au minimum deux sorties quotidiennes d’une bonne demi-heure, dont une avec un exercice de réflexion. ## Éducation Il apprend vite et cherche à faire plaisir à sa personne de référence, ce qui rend le travail agréable. Il est en revanche sensible : un ton dur, une correction injuste, et il se ferme pour la séance entière. Les méthodes fondées sur la récompense donnent des résultats nettement meilleurs. Deux chantiers prioritaires : la socialisation, pour tempérer la méfiance naturelle, et le contrôle de la voix, car ce chien alerte facilement. Un jeune Berger Portugais qui prend l’habitude d’aboyer à chaque passage devant la fenêtre gardera ce réflexe des années. ## Ce qu’il faut surveiller côté santé La race est peu touchée par les affections héréditaires graves, ce qui tient probablement à son passé de chien de ferme sélectionné sur l’aptitude au travail. La dysplasie coxo-fémorale reste le point à dépister : demandez la radiographie cotée de A à E des deux parents. Les oreilles tombantes couvertes de poil ventilent mal et les otites sont le motif vétérinaire le plus courant chez cette race. Un contrôle hebdomadaire du conduit au moment du brossage résout la plupart des cas avant qu’ils ne commencent. Les yeux, souvent cachés par les sourcils, méritent le même coup d’œil. **Avant de réserver** Vérifiez l’inscription au livre des origines portugais ou au LOF, la cotation officielle des hanches des deux parents, et voyez la mère avec sa portée. Sur une race de cette rareté, un élevage sérieux vous fera attendre plusieurs mois : c’est normal, et c’est même rassurant. ## Pour qui ce chien est fait Un foyer où quelqu’un est souvent présent, avec du temps pour marcher, l’envie d’un chien collant plutôt que d’un chien indépendant, et l’acceptation d’une race qui restera distante avec les visiteurs. En échange, un compagnon de randonnée endurant, un poil qui ne salit pas la maison et un chien attentif à la moindre de vos habitudes. Dernier repère chiffré : dans les années 1970 la race comptait quelques dizaines d’inscriptions annuelles au Portugal. Elle doit son existence actuelle à une poignée d’éleveurs qui ont refusé de la laisser partir. Prendre un Cão da Serra de Aires, c’est entrer dans un très petit cercle où tout le monde se connaît. --- ## À propos de l'auteur **Dico Chiens** — Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.