Braque du Bourbonnais : queue courte de naissance et robe mouchetée

Braque du Bourbonnais

Le Braque du Bourbonnais se reconnaît à deux détails que personne d’autre ne partage vraiment : une queue très courte, souvent absente dès la naissance, et une robe blanche entièrement mouchetée qui donne de loin une couleur d’ensemble indéfinissable, ni blanche ni marron. Pour le reste, c’est un chien d’arrêt continental de taille moyenne, compact, sans excès de peau ni de babine, construit pour la chasse à pied dans le bocage français.

La race appartient au groupe 7 de la FCI, celui des chiens d’arrêt, section des continentaux de type braque. Elle vient du Bourbonnais, dans l’Allier, où on la travaillait sur la caille, la bécasse et le lièvre bien avant qu’un club ne s’en occupe. Cette fiche reprend son histoire, son standard, son caractère et ce qu’elle demande une fois installée chez vous.

Une race française passée tout près de l’extinction

Des braques à queue courte du centre de la France sont signalés depuis plusieurs siècles, mais la race n’est structurée qu’au début du XXe siècle, avec un premier club et un standard écrit. Puis tout se grippe. Les deux guerres vident les chenils, et surtout les éleveurs de l’époque durcissent leurs critères de sélection au point de rejeter des sujets sains : robe pas assez typée, queue trop longue, mouchetures mal réparties. Le vivier se réduit à presque rien.

Dans les années 1970, la production annuelle de chiots est tombée si bas que la race était donnée pour perdue. Sa relance tient à un petit groupe d’amateurs de l’Allier et des départements voisins, qui repartent de quelques chiens de chasse retrouvés dans des fermes, sans papiers pour la plupart. Le club de race renaît au début des années 1980 et l’effectif remonte lentement. Aujourd’hui encore, les naissances annuelles inscrites au LOF se comptent en centaines, pas en milliers : c’est une race rare, et son marché de chiots fonctionne surtout par bouche-à-oreille entre chasseurs.

La queue courte, signature de la race

Beaucoup de Braques du Bourbonnais naissent avec une queue naturellement courte, parfois réduite à un moignon de quelques centimètres, parfois totalement absente. Ce n’est pas une coupe : c’est un caractère héréditaire, présent dans la race bien avant l’interdiction de la caudectomie. Le standard admet aussi bien la queue courte de naissance que la queue longue, ce qui évite d’exclure des sujets par ailleurs corrects.

Le point mérite d’être connu au moment de l’achat. Certains acheteurs pensent voir un chien écourté et s’en inquiètent, d’autres réclament au contraire une portée entière de chiots sans queue, ce qui pousse à une sélection étroite sur un seul critère cosmétique. Un éleveur sérieux vous dira que la queue longue ne retire rien à la valeur du chien au bois.

Taille, poids et construction

Le mâle mesure environ 51 à 57 cm au garrot, la femelle 48 à 55 cm, pour un poids qui va grosso modo de 18 à 25 kg selon le sexe et l’état d’entraînement. Le format reste donc moyen, plus ramassé que celui d’un Braque Français type Gascogne. La poitrine descend au coude, le dos est court, la croupe légèrement inclinée. Rien de lourd, rien de sec non plus.

La tête est en poire vue de dessus, avec un stop peu marqué et une truffe large, couleur de la robe. Les oreilles tombent en plis souples, un peu au-dessous de la ligne de l’œil. Ce chien est fait pour trotter longtemps près du fusil, pas pour galoper à cent mètres devant : sa quête est proche, ce qui plaît aux chasseurs à pied et déplaît à ceux qui cherchent un grand quêteur de plaine.

Braque du Bourbonnais à robe blanche mouchetée de marron, debout dans l’herbe
Robe lie de vin : fond blanc entièrement moucheté de marron.

Deux robes, deux noms hérités des chasseurs

Le standard ne connaît que deux couleurs, désignées par des termes anciens que les éleveurs emploient encore tous les jours. La robe lie de vin est un fond blanc densément moucheté de marron, qui produit une teinte violacée à distance. La robe fleur de pêcher mêle le blanc à des mouchetures fauves et vire au rosé sous le soleil. Dans les deux cas, les mouchetures sont fines et couvrent tout le corps, sans grandes plages unies.

Un chiot naît souvent presque blanc : les mouchetures se densifient pendant les premières semaines, puis continuent d’évoluer un peu jusqu’à l’âge adulte. Ne jugez donc pas la couleur définitive d’une portée de quatre semaines. Les marques trop étendues, les plaques noires ou le tricolore ne relèvent pas du standard.

Caractère à la maison comme au champ

Deux chiens dans un seul : dehors, un chasseur méthodique qui prend le vent et bloque son arrêt sans se précipiter ; dedans, un animal calme qui cherche le contact et se couche contre vous. Cette bascule surprend les gens habitués à des courants plus nerveux, qui restent en tension même au chenil.

La contrepartie de cette douceur est une sensibilité forte. Le Braque du Bourbonnais encaisse mal la brusquerie, la voix haute et les corrections répétées. Un chien repris trop durement se ferme, ralentit et perd le goût de la quête. Les éleveurs le répètent d’une génération à l’autre : avec cette race, on obtient tout en douceur et rien en force.

Il supporte assez bien la présence d’autres chiens et vit correctement avec un chat s’il y a grandi. En revanche, l’isolement lui pèse. Un chien laissé seul huit heures par jour dans un jardin sans travail ni sorties devient bruyant, fouisseur ou destructeur.

Éduquer un chien précoce

La race a la réputation d’être précoce : beaucoup de chiots montrent des arrêts spontanés dès quatre ou cinq mois sur odeur d’oiseau. Cette précocité pousse certains propriétaires à travailler trop tôt et trop fort, ce qui produit des chiens blasés à deux ans. Mieux vaut multiplier les contacts avec le gibier et laisser le dressage formel venir plus tard.

Le rappel se travaille dès l’arrivée à la maison, avant que le nez ne devienne plus intéressant que vous. Trois séances de dix minutes par jour valent mieux qu’une heure hebdomadaire. Sur le plan physique, comptez au minimum deux sorties quotidiennes, dont une d’une heure en liberté ou en longe pour un adulte en pleine forme, et davantage pendant la saison de chasse.

Santé et longévité

La race est réputée saine, en partie parce que ses effectifs modestes n’ont jamais attiré les élevages industriels. La dysplasie coxo-fémorale reste toutefois le premier point à vérifier : le dépistage radiographique se lit sur une cotation de A à E, et un éleveur doit pouvoir vous montrer les résultats des deux parents. La dysplasie du coude se dépiste de la même façon.

Comme chez tous les chiens à oreilles tombantes qui travaillent dans l’eau et les broussailles, les otites externes reviennent souvent. Un contrôle du conduit après chaque sortie humide règle la majorité des cas. Les blessures de terrain, épillets dans les espaces interdigités, coupures de coussinets et griffures de ronces, occupent en pratique bien plus le vétérinaire que les maladies héréditaires.

Entretien du poil ras

L’entretien du pelage se résume à peu de chose : un gant de caoutchouc ou une brosse en soie une fois par semaine, davantage pendant les deux mues annuelles. Ce chien perd des poils courts et raides qui se plantent dans les tissus, un point que sous-estiment souvent ceux qui choisissent le poil ras pour « ne pas avoir de poils partout ». Les bains restent rares, deux ou trois par an suffisent en dehors d’une salissure sérieuse.

Les griffes s’usent naturellement chez un chien qui court sur terrain dur ; chez un chien de ville, elles se coupent toutes les trois à quatre semaines. Les dents demandent un brossage régulier, faute de quoi le tartre s’installe dès cinq ou six ans.

Prix d’un chiot et où le chercher

Les portées inscrites au LOF sont peu nombreuses et souvent réservées avant la naissance. Un chiot se situe généralement autour du millier d’euros, avec des écarts selon l’origine des parents et leurs résultats en field trial. Ce tarif couvre l’identification, les premiers vaccins, le vermifuge et le certificat vétérinaire, pas les tests de dysplasie des parents : ceux-là, vous les exigez sur pièce.

Passer par le club de race est le chemin le plus court pour trouver un élevage. Les annonces généralistes, elles, mélangent régulièrement le Braque du Bourbonnais avec d’autres braques mouchetés, voire avec des croisements sans papiers vendus au même prix. Un détail permet souvent de trancher : demandez le numéro d’inscription au LOF des deux parents et vérifiez-le auprès de la Société centrale canine.

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