--- title: "Lévrier Hongrois (Magyar Agár) : le lévrier d’endurance des plaines" url: https://www.dicochiens.fr/a-la-decouverte-du-levrier-hongrois-un-compagnon-elegant-et-rapide.html author: "Dico Chiens" date_published: 2025-05-05T08:34:05+02:00 date_modified: 2026-09-14T18:06:24+02:00 categories: ["Races"] image: https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/05/a-la-decouverte-du-levrier-hongrois-un-compagnon-elegant-et-rapide-1-scaled.webp description: "Le Magyar Agár court sur les plaines de Hongrie depuis plus de mille ans, et sa charpente le raconte. Là où le Greyhound a été affiné pour une piste de trois cents..." site: "Dico Chiens" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Lévrier Hongrois (Magyar Agár) : le lévrier d’endurance des plaines Le Magyar Agár court sur les plaines de Hongrie depuis plus de mille ans, et sa charpente le raconte. Là où le Greyhound a été affiné pour une piste de trois cents mètres, le Lévrier Hongrois a été trié pendant des siècles sur sa capacité à suivre un cavalier une journée entière. Os plus épais, dos moins creusé, démarrage moins spectaculaire, tenue nettement supérieure sur la distance. Qui a vu les deux races côte à côte ne les confond plus. En France, la race reste confidentielle. Quelques portées par an, presque toujours dans l’entourage des clubs de coursing sur leurre, et une part non négligeable de chiens importés directement de Hongrie ou de Slovaquie. Trouver un chiot demande de la patience et souvent un déplacement. **Carte d’identité FCI** Le Magyar Agár relève du groupe 10 de la FCI, celui des lévriers, section 3 des lévriers à poil court. Il y porte le standard numéro 240. Son pays d’origine officiel est la Hongrie, et son nom hongrois signifie simplement « lévrier magyar ». ## Un lévrier de chasse à courre montée Les Magyars arrivent dans le bassin des Carpates au IXe siècle avec leurs chiens de chasse à vue. De ce fonds asiatique croisé aux chiens locaux naît un lévrier de plaine, employé sur le lièvre et le renard, en meute réduite, aux côtés de cavaliers. Le chien devait courir vite mais surtout longtemps, sur des terres sèches, dures, parfois gelées. Cette fonction explique tout le reste. Un chien qui galope quinze ou vingt kilomètres derrière un cheval ne peut pas avoir les métatarses de verre d’un sprinteur de cynodrome. Le pied du Magyar Agár est compact, la peau plus épaisse que celle d’un Greyhound, la musculature plus sèche que volumineuse. Au XIXe siècle, les importations massives de Greyhounds anglais ont bien failli dissoudre la race dans un métissage général. Le travail de reconstruction s’est fait après-guerre, à partir des lignées rurales restées à l’écart, et il porte encore ses marques : le type varie d’un élevage à l’autre, certains chiens tirent vers l’anglais, d’autres gardent la tête large et les oreilles épaisses des sujets de campagne. ## Ce que dit le standard hongrois Le standard place les mâles entre 65 et 70 cm au garrot, les femelles entre 62 et 67 cm. Le poids suit la taille et l’état d’entraînement, en gros de 22 à 31 kg. Un mâle de travail bien musclé pèse plus lourd qu’il n’en a l’air, parce que sa masse est concentrée sur l’avant-main et les cuisses. La tête est plus large entre les oreilles que chez les autres lévriers courts, le stop discret mais présent, le chanfrein droit. Les oreilles se portent en rose, à demi dressées quand le chien s’intéresse à quelque chose. La poitrine descend au coude, le flanc est relevé sans excès, le rein légèrement voussé. La queue tombe bas, portée en sabre. Toutes les robes sont admises, du fauve au bringé, du noir au blanc panaché. Les yeux clairs et le poil merle sont écartés par le standard hongrois. **Les mesures du standard** Mâles de 65 à 70 cm au garrot, femelles de 62 à 67 cm. Le poids s’étale de 22 à 31 kg selon la taille et l’état d’entraînement. Toutes les robes sont admises sauf le merle, et les yeux clairs sont écartés. ![Lévrier Hongrois fauve au galop dans un champ dégagé](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/05/a-la-decouverte-du-levrier-hongrois-un-compagnon-elegant-et-rapide-scaled.webp) *Le Magyar Agár au galop : dos moins cambré et pied plus compact que chez le Greyhound.* ## Un poil court qui ne protège pas du froid Le pelage mesure quelques millimètres, un peu plus dense en hiver, sans sous-poil digne de ce nom. Un gant de caoutchouc une fois par semaine suffit à retirer les poils morts. Le chien ne sent pas, ne fait pas de nœuds, ne coûte rien en toilettage. La contrepartie tombe dès l’automne. Sous cinq degrés, un manteau ajusté n’est pas un caprice de propriétaire urbain : le Magyar Agár n’a ni graisse sous-cutanée ni fourrure isolante. Sur les sorties longues par temps humide, il tremble, se voûte et ralentit. Les couchages durs lui font des durillons aux coudes, un tapis épais règle le problème. **Le manteau n’est pas un accessoire** Comptez un manteau imperméable pour l’hiver et un plaid pour la voiture. Sous cinq degrés, un lévrier à poil ras perd sa chaleur en quelques minutes à l’arrêt. Le chien peut galoper torse nu par temps froid, c’est l’attente au bord du terrain qui le refroidit. ## Le caractère à la maison Le Magyar Agár dort. Beaucoup. Un lévrier adulte passe une grande partie de sa journée en boule sur le canapé, et cette économie d’énergie surprend ceux qui attendaient un chien remuant. L’activité vient par salves, courtes et intenses. Avec les siens, il est démonstratif sans être collant. Avec les inconnus, réservé, parfois franchement distant, mais rarement craintif s’il a été sorti jeune. Le trait qui le sépare le plus nettement des lévriers anglais est sa voix : il donne de la gueule quand une voiture s’arrête devant chez lui. Les éleveurs hongrois le décrivent d’ailleurs comme un chien de ferme autant que de chasse, gardien du bien plus que gardien de personne. Avec les enfants, ça se passe bien tant que les jeux restent calmes. Un lévrier surpris dans son sommeil peut gronder, et sa peau fine encaisse mal qu’on lui tire dessus. La cohabitation avec un chat de la maison est possible, à condition de l’installer sur un chiot et de ne jamais tenir pour acquis que le chat du voisin bénéficiera du même traitement. ## Le rappel, le vrai chantier de l’éducation Un chien de chasse à vue poursuit ce qui bouge, à trois cents mètres, sans intention de désobéir. C’est du câblage, pas de la mauvaise volonté. Un Magyar Agár lancé derrière un chevreuil n’entend plus rien pendant une minute, et une minute de galop, c’est deux kilomètres. La conséquence pratique est simple : la liberté totale se limite aux terrains clos. Ailleurs, longe de dix mètres, ou champ dégagé sans lisière ni route à moins d’un kilomètre. Les propriétaires expérimentés travaillent le rappel au sifflet avec récompense alimentaire de haute valeur, et acceptent qu’il tienne à quatre-vingt-quinze pour cent, pas à cent. Le reste de l’éducation est facile : la race apprend vite, encaisse mal la brutalité et se ferme si on hausse le ton. Le collier martingale, plus large que le cou, évite qu’un chien à tête fine ne se dégage d’une laisse classique d’une simple secousse. **Anesthésie : prévenir le vétérinaire** Les lévriers métabolisent mal certains anesthésiques, notamment les barbituriques, faute de graisse corporelle pour les stocker. Leur taux de thyroxine est aussi naturellement plus bas que la moyenne canine, ce qui conduit parfois à diagnostiquer à tort une hypothyroïdie. Signalez la race avant toute chirurgie et avant toute analyse sanguine. ## Santé et longévité La race est saine, et c’est l’un de ses arguments face aux lévriers de grand format. L’espérance de vie tourne autour de 12 à 14 ans, ce qui est long pour un chien de 65 cm. Aucune tare héréditaire majeure n’est associée au Magyar Agár, à la différence des géants du groupe 10. Les vrais risques sont mécaniques et anatomiques. La poitrine profonde expose au syndrome dilatation-torsion de l’estomac : un repas par jour est déconseillé, deux ou trois portions et une heure de calme après le repas valent mieux. La peau fine se déchire sur les barbelés et les branches, une plaie de lévrier se recoud souvent alors qu’un autre chien s’en serait tiré avec une griffure. Enfin, les blessures de course, doigts, tendons du carpe, muscle gracile, sont le lot des chiens qui font du coursing en compétition. ## Combien coûte un Magyar Agár Le chiot vient rarement d’à côté. En France, la production se compte en dizaines de sujets par an, et beaucoup d’acquéreurs passent par la Hongrie, où la race est populaire et le cheptel large. Un éleveur sérieux montre les parents en action, donne les résultats de course ou de coursing de la lignée, fait tester les yeux et livre un chiot identifié, vacciné, avec pedigree. Côté fonctionnement, un chien de 28 kg consomme entre 50 et 70 euros de croquettes de bonne qualité par mois. Ajoutez le rappel annuel de vaccins, l’antiparasitaire, et une assurance santé dont la prime dépend surtout de l’âge d’adhésion. Le toilettage est nul, la casse vétérinaire imprévisible mais rare avant dix ans. Un détail que les nouveaux propriétaires découvrent tard : un lévrier ne s’assoit pas volontiers. La position est inconfortable pour ses cuisses, et un Magyar Agár préfère rester debout ou se coucher franchement. Inutile de bagarrer sur le « assis » en éducation, demandez le « couché », il l’exécutera sans discuter. --- ## À propos de l'auteur **Dico Chiens** — Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.