Aliments toxiques pour le chien : les 8 vrais dangers à connaître

Aliments toxiques pour le chien

La liste des aliments dangereux pour un chien tient en une dizaine de noms. Le problème n’est pas de les connaître, c’est de savoir lesquels envoient à la clinique dans l’heure et lesquels donnent seulement une mauvaise nuit. Un raisin sec n’a pas le même poids qu’une croûte de fromage, et les deux traînent dans la même cuisine.

Le xylitol, le plus sous-estimé de tous

Si un seul produit doit être retenu, c’est celui-là. Le xylitol est un édulcorant présent dans les chewing-gums sans sucre, certains bonbons, des dentifrices, des compléments alimentaires et de plus en plus de pâtes à tartiner allégées. Chez le chien, il déclenche une libération massive d’insuline par le pancréas. La glycémie s’effondre en moins d’une heure.

Le chien titube, vomit, s’effondre, convulse. À dose plus élevée, une atteinte hépatique aiguë suit dans les jours qui viennent, avec un pronostic sombre. Les quantités en jeu sont minuscules : quelques dragées de chewing-gum suffisent chez un petit chien. Un sac à main posé au sol, avec un paquet de chewing-gums dedans, est un scénario de garde vétérinaire classique.

Lisez les étiquettes. Le xylitol apparaît aussi sous le nom d’E967. Il se cache là où on ne l’attend pas, dans des produits vendus comme sains.

Le raisin, un poison dont on connaît enfin la cause

Le raisin frais, le raisin sec, les sultanines des cakes et le jus de raisin provoquent chez certains chiens une insuffisance rénale aiguë. Pendant longtemps, le mécanisme est resté inexpliqué. La piste privilégiée aujourd’hui par les centres antipoison est celle de l’acide tartrique, présent en forte quantité dans le raisin et auquel le chien est sensible.

La sensibilité varie beaucoup d’un individu à l’autre. Certains chiens avalent une poignée de raisins sans conséquence, d’autres font une insuffisance rénale avec très peu. Comme on ne peut pas savoir à l’avance dans quelle catégorie se trouve le sien, la règle est simple : aucune quantité n’est considérée comme sûre.

Le piège quotidien, ce sont les produits transformés. Cake aux fruits, pain aux raisins, muesli, barres de céréales, fond de sauce au vin. Le chien ne mange pas une grappe, il mange une tranche de gâteau.

Oignon, ail, poireau : la famille qui détruit les globules rouges

Tous les alliacés contiennent des composés soufrés qui oxydent l’hémoglobine du chien et détruisent ses globules rouges. Le résultat est une anémie qui s’installe en plusieurs jours, avec des muqueuses pâles, une fatigue inhabituelle, un chien essoufflé au moindre effort et parfois des urines foncées.

La cuisson ne change rien. La déshydratation non plus : la poudre d’oignon et la poudre d’ail sont même plus concentrées que le produit frais, et elles entrent dans la composition de la plupart des bouillons cubes, des sauces industrielles et des restes de plats en sauce. Un chien nourri régulièrement aux restes de table s’intoxique lentement, sans épisode aigu identifiable.

Une remarque utile : l’ail est vanté sur de nombreux forums comme vermifuge naturel ou répulsif antipuces. Ce conseil circule depuis des années et il est mauvais. Il n’existe aucune démonstration d’efficacité antiparasitaire, et le risque hématologique, lui, est documenté.

Aliments toxiques pour le chien

Les toxiques moins connus

Les noix de macadamia provoquent chez le chien un tableau curieux : faiblesse de l’arrière-train, tremblements, fièvre, incapacité à se lever, le tout en douze à vingt-quatre heures. C’est spectaculaire et cela régresse en général spontanément, mais le chien passe un mauvais moment et une consultation reste justifiée.

L’avocat contient de la persine. Le risque réel pour le chien est plus limité qu’on ne le lit souvent, et c’est surtout le noyau qui pose problème : un corps étranger de cette taille finit régulièrement en chirurgie intestinale.

La pâte à pain crue est un danger que peu de gens anticipent. Dans l’estomac tiède, la levure continue de travailler : la pâte gonfle, distend l’estomac et produit de l’alcool qui passe dans le sang. On combine une dilatation gastrique et une intoxication éthylique.

L’alcool lui-même, sous forme de fond de verre laissé à hauteur de museau, provoque hypoglycémie, hypothermie et dépression respiratoire. Le foie du chien n’est pas équipé pour l’éliminer.

Le café, le thé et les boissons énergisantes contiennent de la caféine, chimiquement proche de la théobromine du chocolat. Le marc de café jeté au compost du jardin est plus souvent en cause que la tasse posée sur la table.

Les faux dangers et les vrais malentendus

Tout n’est pas toxique dans ce qu’on lit. La pomme sans pépins, la carotte crue, la courgette cuite, le concombre ou la banane en petite quantité ne posent pas de problème à un chien en bonne santé. La viande cuite sans sauce non plus.

Le lait n’est pas un poison, mais la plupart des chiens adultes digèrent mal le lactose et se retrouvent avec une diarrhée. Le fromage suit la même logique, avec en plus une teneur en gras et en sel qui ne rend service à personne.

Les os cuits sont le sujet le plus mal compris. Ce n’est pas leur composition qui pose problème, c’est leur structure : la cuisson les rend cassants et ils se fendent en esquilles qui perforent ou obstruent le tube digestif. Les os crus charnus posent un autre type de question, entre bénéfice dentaire et risque de fracture dentaire ou de contamination bactérienne, et les vétérinaires ne sont pas tous d’accord sur ce point. Ce qui fait consensus, en revanche, c’est qu’un os de poulet cuit ne doit jamais finir dans une gamelle.

Récapitulatif

Aliment Ce qui se passe Niveau d’urgence
Xylitol (E967) Chute brutale de la glycémie, puis atteinte du foie Appel immédiat, même pour une petite quantité
Raisin frais ou sec Insuffisance rénale aiguë, sensibilité individuelle imprévisible Appel immédiat
Chocolat noir, cacao Théobromine : troubles cardiaques et nerveux Appel immédiat selon poids et quantité
Oignon, ail, poireau, échalote Destruction des globules rouges, anémie retardée Consultation, y compris après un plat en sauce
Noix de macadamia Faiblesse de l’arrière-train, tremblements, fièvre Consultation le jour même
Pâte à pain crue Dilatation de l’estomac et production d’alcool Urgence
Alcool, café, thé Atteinte nerveuse, hypoglycémie, troubles du rythme Consultation rapide
Os cuits Esquilles, perforation ou occlusion digestive Surveillance étroite, consultation au moindre signe

Ce qu’on regarde quand le chien a déjà mangé

Notez l’heure. Cherchez l’emballage. Pesez ou estimez la quantité. Ces trois éléments valent mieux que n’importe quelle recherche sur internet, parce qu’ils permettent au vétérinaire de décider en deux minutes entre une simple surveillance et une prise en charge.

Les signes qui imposent de partir sans attendre : vomissements répétés, tremblements, démarche titubante, gencives pâles ou très rouges, abattement marqué, ventre tendu et douloureux, tentatives de vomissement sans rien produire. Ce dernier signe, chez un chien de grande race à poitrine profonde, évoque un retournement d’estomac et se compte en minutes.

Un chien qui a bien digéré un interdit ne prouve rien pour la fois suivante. La sensibilité varie avec l’âge, l’état du foie et des reins, et la quantité. Le seul aliment sans risque reste celui qui ne descend pas de la table.

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