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    "title": "Berger de Maremme et des Abruzzes : le chien blanc qui vit au troupeau",
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    "description": "Il y a deux façons de croiser un Berger de Maremme et des Abruzzes. La première, en photo : un grand chien blanc couché au milieu des brebis, l’air placide. La...",
    "date_published": "2024-12-07T07:33:42+01:00",
    "date_modified": "2026-09-14T18:05:13+02:00",
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    "author": {
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        "bio": "Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.",
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    "content_markdown": "Il y a deux façons de croiser un Berger de Maremme et des Abruzzes. La première, en photo : un grand chien blanc couché au milieu des brebis, l’air placide. La seconde, en montagne, quand cent kilos de chiens se lèvent d’un coup à cinquante mètres et viennent vers vous en aboyant. Ces deux images décrivent le même animal, et c’est précisément ce qui rend cette race difficile à comprendre pour qui n’a jamais vu un chien de protection au travail.\n\nLe Maremmano n’est pas un chien de berger au sens où on l’entend en France. Il ne rassemble pas, il ne conduit pas, il ne regarde pas son maître. Il vit dans le troupeau et le défend.\n\n## Un chien qui n’a pas changé de métier depuis des siècles\n\nLa race vient d’Italie centrale, de la plaine côtière de la Maremme, en Toscane, et du massif des Abruzzes. Les troupeaux transhumaient entre les deux : l’hiver dans les pâturages bas, l’été dans les alpages. Les chiens suivaient, et les deux populations, celle de la plaine et celle de la montagne, ont fini par être réunies en un seul standard sous le nom de Pastore Maremmano Abruzzese.\n\nLa Fédération cynologique internationale le classe dans son groupe 1, celui des chiens de berger et de bouvier. Le classement prête à confusion : il partage ce groupe avec le Border Collie, dont le travail est à l’opposé. Le Border déplace les animaux sous l’œil du berger ; le Maremmano reste avec eux quand le berger est parti.\n\n **Conduite ou protection**\n\nDeux métiers, deux sélections. Un chien de conduite travaille sous ordre, à vue, sur des séquences courtes. Un chien de protection décide seul, souvent la nuit, sans personne pour l’encadrer. On ne demande donc pas la même obéissance aux deux, et un Maremmano jugé à l’aune d’un Border passe pour un chien têtu.\n\n## Le format et la robe\n\nC’est un grand chien. Le standard demande environ 65 à 73 cm au garrot chez le mâle et 60 à 68 cm chez la femelle, pour des poids qui vont grossièrement de 35 à 45 kg chez le mâle et de 30 à 40 kg chez la femelle. Un sujet dans la fourchette haute occupe la place d’un homme couché dans un couloir.\n\nLa robe est blanche, uniquement blanche, avec des nuances ivoire, orangé pâle ou citron tolérées. Le poil est long, abondant, de texture assez rêche, avec un sous poil dense en hiver. Cette couleur n’est pas décorative : un chien blanc se distingue du loup à distance, de nuit, ce qui évite au berger de tirer sur son propre chien. La truffe est noire, l’œil ocre ou marron, l’expression peu démonstrative.\n\nLe poil rêche a un avantage domestique inattendu : il ne s’emmêle pas comme celui d’un Colley et se nettoie en séchant. Un brossage sérieux par semaine suffit une grande partie de l’année. La mue de printemps, en revanche, dure plusieurs semaines et laisse des paquets de sous poil partout.\n\n![Berger de Maremme et des Abruzzes](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2024/12/le-berger-de-maremme-et-des-abruzzes-gardien-des-paturages-et-des-traditions.webp)\n\n## Comment il protège vraiment\n\nL’idée d’un chien qui affronte le loup au corps à corps relève surtout de l’imagerie. Le travail réel est dissuasif et se joue en trois temps. Le chien détecte, souvent bien avant que l’humain ne remarque quoi que ce soit. Il se place entre l’intrus et les animaux. Il donne de la voix, longuement, en avançant par à coups. Dans l’immense majorité des cas, le prédateur renonce et s’en va, parce que la chasse est devenue coûteuse.\n\nCette efficacité repose sur un attachement construit très tôt. Un chiot de protection est élevé au milieu des brebis dès ses premières semaines, avec un contact humain suffisant pour rester manipulable mais sans jeu de balle ni vie de famille. Ce n’est pas de la maltraitance, c’est ce qui détermine à qui le chien s’attachera pour le restant de ses jours.\n\n **Rarement seul**\n\nUn chien isolé face à une meute de loups ne tient pas. Les éleveurs qui travaillent en zone à prédation en placent plusieurs, en général deux à quatre selon la taille du troupeau et la configuration du terrain, avec un adulte expérimenté qui montre le travail aux plus jeunes.\n\n## Ce qu’il faut savoir si vous randonnez près d’un troupeau\n\nLe Maremmano est utilisé en France dans les Alpes et les Pyrénées, aux côtés du Montagne des Pyrénées. Beaucoup d’incidents rapportés viennent d’un malentendu simple : le promeneur croit avoir affaire à un chien agressif, alors que le chien fait son travail et cherche à établir qui vous êtes.\n\nLa conduite qui fonctionne tient en quelques gestes. On s’arrête, on laisse le chien venir et sentir, on évite de le fixer dans les yeux, on parle calmement. On ne court pas, on ne lève pas de bâton, on ne le menace pas. À vélo ou à trail, on met pied à terre : un objet qui s’éloigne vite déclenche la poursuite. On contourne largement le troupeau plutôt que de le traverser, et si l’on a soi même un chien, on le tient en laisse courte et on s’écarte.\n\n## Vivre avec, en dehors d’une ferme\n\nIl faut le dire nettement : cette race convient mal à une vie de chien de compagnie ordinaire. Trois raisons.\n\nLa voix, d’abord. Un chien de protection aboie la nuit, longuement, sur un renard, une voiture, un bruit à trois cents mètres. C’est le cœur de sa fonction, et cela ne s’éduque pas. En lotissement, le conflit de voisinage est quasi assuré.\n\nLe territoire, ensuite. Un Maremmano élargit spontanément la zone qu’il considère comme sienne. Sans clôture haute et enterrée, il patrouille chez le voisin. Les éleveurs le savent et grillagent en conséquence.\n\nL’autonomie, enfin. Ce chien a été sélectionné pendant des siècles pour décider sans consulter personne. Il apprend vite mais obéit quand il en voit l’intérêt, et il évalue chaque visiteur à sa façon. Sa maturité complète arrive tard, souvent vers deux ou trois ans, et un jeune mâle de dix huit mois qui commence à tester les limites pèse déjà quarante kilos.\n\n **L’erreur la plus fréquente**\n\nPrendre un chiot de protection pour en faire un chien de garde de pavillon. Sans troupeau à garder, l’instinct se reporte sur ce qu’il trouve : les enfants, les visiteurs, le facteur, parfois le chien du voisin. Ce sont ces chiens là qui finissent en refuge à deux ans, et un adulte de cette race y reste longtemps.\n\n## Santé et longévité\n\nComme tous les grands formats, il est concerné par la dysplasie coxo fémorale ; le dépistage radiographique avec cotation officielle de A à E existe et un éleveur sérieux radiographie ses reproducteurs. La dysplasie du coude se dépiste de la même manière. La torsion d’estomac guette les chiens à poitrine profonde : repas fractionnés, pas d’effort dans l’heure qui suit, et une notion claire des symptômes, ventre tendu, tentatives de vomir à vide, abattement brutal.\n\nL’espérance de vie tourne autour de onze à treize ans, ce qui est honnête pour un chien de ce gabarit. Les sujets de travail restent généralement en meilleure forme que les chiens sédentaires, parce qu’ils marchent tous les jours.\n\n## Où il en est aujourd’hui\n\nLe retour du loup en Europe de l’Ouest a relancé la demande de chiens de protection, et avec elle un risque : la multiplication de portées vendues à des particuliers qui n’ont pas de troupeau. Les associations d’éleveurs italiennes et les réseaux techniques français insistent sur le même point, à savoir qu’un chiot doit venir d’une lignée qui travaille et être placé sur un troupeau, pas dans un jardin.\n\nSi le sujet vous attire pour de bon, la première étape n’est pas de contacter un élevage : c’est de passer une journée dans un alpage avec un berger qui en conduit trois ou quatre. En une matinée, on comprend ce que la race demande, et la plupart des gens repartent en cherchant un autre chien.",
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Les chiens suivaient, et les deux populations, celle de la plaine et celle de la montagne, ont fini par être réunies en un seul standard sous le nom de Pastore Maremmano Abruzzese.</p>\n\n<p>La Fédération cynologique internationale le classe dans son groupe 1, celui des chiens de berger et de bouvier. Le classement prête à confusion : il partage ce groupe avec le Border Collie, dont le travail est à l’opposé. Le Border déplace les animaux sous l’œil du berger ; le Maremmano reste avec eux quand le berger est parti.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\"><strong>Conduite ou protection</strong><p>Deux métiers, deux sélections. Un chien de conduite travaille sous ordre, à vue, sur des séquences courtes. Un chien de protection décide seul, souvent la nuit, sans personne pour l’encadrer. On ne demande donc pas la même obéissance aux deux, et un Maremmano jugé à l’aune d’un Border passe pour un chien têtu.</p></aside>\n\n<h2>Le format et la robe</h2>\n\n<p>C’est un grand chien. Le standard demande environ 65 à 73 cm au garrot chez le mâle et 60 à 68 cm chez la femelle, pour des poids qui vont grossièrement de 35 à 45 kg chez le mâle et de 30 à 40 kg chez la femelle. Un sujet dans la fourchette haute occupe la place d’un homme couché dans un couloir.</p>\n\n<p>La robe est blanche, uniquement blanche, avec des nuances ivoire, orangé pâle ou citron tolérées. Le poil est long, abondant, de texture assez rêche, avec un sous poil dense en hiver. Cette couleur n’est pas décorative : un chien blanc se distingue du loup à distance, de nuit, ce qui évite au berger de tirer sur son propre chien. La truffe est noire, l’œil ocre ou marron, l’expression peu démonstrative.</p>\n\n<p>Le poil rêche a un avantage domestique inattendu : il ne s’emmêle pas comme celui d’un Colley et se nettoie en séchant. Un brossage sérieux par semaine suffit une grande partie de l’année. La mue de printemps, en revanche, dure plusieurs semaines et laisse des paquets de sous poil partout.</p>\n\n<figure>\n<img width=\"1344\" height=\"768\" src=\"/wp-content/uploads/2024/12/le-berger-de-maremme-et-des-abruzzes-gardien-des-paturages-et-des-traditions.webp\" alt=\"Berger de Maremme et des Abruzzes\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\">\n</figure>\n\n<h2>Comment il protège vraiment</h2>\n\n<p>L’idée d’un chien qui affronte le loup au corps à corps relève surtout de l’imagerie. Le travail réel est dissuasif et se joue en trois temps. Le chien détecte, souvent bien avant que l’humain ne remarque quoi que ce soit. Il se place entre l’intrus et les animaux. Il donne de la voix, longuement, en avançant par à coups. Dans l’immense majorité des cas, le prédateur renonce et s’en va, parce que la chasse est devenue coûteuse.</p>\n\n<p>Cette efficacité repose sur un attachement construit très tôt. Un chiot de protection est élevé au milieu des brebis dès ses premières semaines, avec un contact humain suffisant pour rester manipulable mais sans jeu de balle ni vie de famille. Ce n’est pas de la maltraitance, c’est ce qui détermine à qui le chien s’attachera pour le restant de ses jours.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\"><strong>Rarement seul</strong><p>Un chien isolé face à une meute de loups ne tient pas. Les éleveurs qui travaillent en zone à prédation en placent plusieurs, en général deux à quatre selon la taille du troupeau et la configuration du terrain, avec un adulte expérimenté qui montre le travail aux plus jeunes.</p></aside>\n\n<h2>Ce qu’il faut savoir si vous randonnez près d’un troupeau</h2>\n\n<p>Le Maremmano est utilisé en France dans les Alpes et les Pyrénées, aux côtés du Montagne des Pyrénées. Beaucoup d’incidents rapportés viennent d’un malentendu simple : le promeneur croit avoir affaire à un chien agressif, alors que le chien fait son travail et cherche à établir qui vous êtes.</p>\n\n<p>La conduite qui fonctionne tient en quelques gestes. On s’arrête, on laisse le chien venir et sentir, on évite de le fixer dans les yeux, on parle calmement. On ne court pas, on ne lève pas de bâton, on ne le menace pas. À vélo ou à trail, on met pied à terre : un objet qui s’éloigne vite déclenche la poursuite. On contourne largement le troupeau plutôt que de le traverser, et si l’on a soi même un chien, on le tient en laisse courte et on s’écarte.</p>\n\n<h2>Vivre avec, en dehors d’une ferme</h2>\n\n<p>Il faut le dire nettement : cette race convient mal à une vie de chien de compagnie ordinaire. Trois raisons.</p>\n\n<p>La voix, d’abord. Un chien de protection aboie la nuit, longuement, sur un renard, une voiture, un bruit à trois cents mètres. C’est le cœur de sa fonction, et cela ne s’éduque pas. En lotissement, le conflit de voisinage est quasi assuré.</p>\n\n<p>Le territoire, ensuite. Un Maremmano élargit spontanément la zone qu’il considère comme sienne. Sans clôture haute et enterrée, il patrouille chez le voisin. Les éleveurs le savent et grillagent en conséquence.</p>\n\n<p>L’autonomie, enfin. Ce chien a été sélectionné pendant des siècles pour décider sans consulter personne. Il apprend vite mais obéit quand il en voit l’intérêt, et il évalue chaque visiteur à sa façon. Sa maturité complète arrive tard, souvent vers deux ou trois ans, et un jeune mâle de dix huit mois qui commence à tester les limites pèse déjà quarante kilos.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\"><strong>L’erreur la plus fréquente</strong><p>Prendre un chiot de protection pour en faire un chien de garde de pavillon. Sans troupeau à garder, l’instinct se reporte sur ce qu’il trouve : les enfants, les visiteurs, le facteur, parfois le chien du voisin. Ce sont ces chiens là qui finissent en refuge à deux ans, et un adulte de cette race y reste longtemps.</p></aside>\n\n<h2>Santé et longévité</h2>\n\n<p>Comme tous les grands formats, il est concerné par la dysplasie coxo fémorale ; le dépistage radiographique avec cotation officielle de A à E existe et un éleveur sérieux radiographie ses reproducteurs. La dysplasie du coude se dépiste de la même manière. La torsion d’estomac guette les chiens à poitrine profonde : repas fractionnés, pas d’effort dans l’heure qui suit, et une notion claire des symptômes, ventre tendu, tentatives de vomir à vide, abattement brutal.</p>\n\n<p>L’espérance de vie tourne autour de onze à treize ans, ce qui est honnête pour un chien de ce gabarit. Les sujets de travail restent généralement en meilleure forme que les chiens sédentaires, parce qu’ils marchent tous les jours.</p>\n\n<h2>Où il en est aujourd’hui</h2>\n\n<p>Le retour du loup en Europe de l’Ouest a relancé la demande de chiens de protection, et avec elle un risque : la multiplication de portées vendues à des particuliers qui n’ont pas de troupeau. Les associations d’éleveurs italiennes et les réseaux techniques français insistent sur le même point, à savoir qu’un chiot doit venir d’une lignée qui travaille et être placé sur un troupeau, pas dans un jardin.</p>\n\n<p>Si le sujet vous attire pour de bon, la première étape n’est pas de contacter un élevage : c’est de passer une journée dans un alpage avec un berger qui en conduit trois ou quatre. En une matinée, on comprend ce que la race demande, et la plupart des gens repartent en cherchant un autre chien.</p>",
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