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    "title": "Grand Gascon Saintongeais : le chien courant recréé par Virelade",
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    "description": "Le Grand Gascon Saintongeais n’est pas une race ancienne : c’est une reconstruction. Au XIXe siècle, le chien courant de Saintonge est au bord de l’extinction...",
    "date_published": "2025-04-15T08:30:50+02:00",
    "date_modified": "2026-09-14T18:06:17+02:00",
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    "author": {
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        "bio": "Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.",
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    "content_markdown": "Le Grand Gascon Saintongeais n’est pas une race ancienne : c’est une reconstruction. Au XIXe siècle, le chien courant de Saintonge est au bord de l’extinction, réduit à quelques sujets. Un propriétaire girondin, le baron de Virelade, les croise avec du Grand Bleu de Gascogne et fixe le type qui porte aujourd’hui les deux noms. Beaucoup de chasseurs appellent encore la race « virelade », du nom du domaine.\n\n## Un chien reconstitué par un baron girondin\n\nLa Révolution puis les épidémies de la première moitié du XIXe siècle laissent le chien saintongeois exsangue. Le comte de Carayon-Latour possède les derniers représentants ; le baron de Virelade les associe à ses gascons bleus. De ce mariage sort un chien courant de grande taille, blanc et noir, marqué de feu, avec l’ossature du saintongeois et le nez du gascon.\n\nLa FCI le classe dans le groupe 6, celui des chiens courants et des chiens de recherche au sang, section des chiens courants de grande taille. Il reste avant tout un chien d’équipage, sélectionné pour la chasse en meute au grand gibier, et sa diffusion hors des milieux de chasse est restée très limitée.\n\n **Deux tailles, deux usages**\n\nLa race compte une grande variété et une petite. Le Grand est employé sur le grand gibier, sanglier et chevreuil, souvent en meute ou comme limier. Le Petit Gascon Saintongeais, plus léger, chasse surtout le lièvre. Ce ne sont pas deux races différentes mais deux variétés du même standard, sélectionnées sur des allures et des voix distinctes.\n\n## À quoi il ressemble vraiment\n\nC’est un grand chien sec, pas un chien lourd. Le mâle atteint 65 à 72 cm au garrot, la femelle quelques centimètres de moins, pour un poids de l’ordre de 30 à 35 kilos. La silhouette est allongée, la poitrine descendue au niveau du coude, le rein bien attaché : une machine à marcher toute la journée, pas à sprinter.\n\nLa robe est blanche à taches noires, avec des mouchetures noires dispersées dans le blanc. La tête est noire, avec deux marques feu au-dessus des yeux, ce que les veneurs appellent les « quatre yeux ». Des marques feu pâle, dites marques de chevreuil, apparaissent souvent sur les cuisses. Les oreilles sont longues, fines, tournées en dedans, et descendent au-delà du bout du nez quand on les rabat vers l’avant.\n\n![Grand Gascon Saintongeais](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/04/le-grand-gascon-saintongeais-un-tresor-de-la-faune-canine.webp)\n\nLe poil est court, ras et serré, sans sous-poil épais. Il protège mal du froid mordant et pas du tout des ronces : les chiens qui travaillent en fourré rentrent régulièrement avec des éraflures aux flancs.\n\n## La voix et le nez, les deux qualités qu’on sélectionne\n\nUn chien courant se juge d’abord à l’oreille. Le Grand Gascon Saintongeais a une voix grave, longue, qui porte à plusieurs centaines de mètres dans un vallon boisé. Le veneur lit dans cette voix ce que fait le chien : quête, voie, change, hallali. C’est un instrument de travail avant d’être un bruit.\n\nLe nez est l’autre pilier. La race travaille bien la voie froide, c’est-à-dire une piste ancienne de plusieurs heures, ce qui explique son emploi comme limier, seul, en amont d’une battue, pour rapporter au maître d’équipage où se trouve l’animal. Ce travail-là demande un chien posé, méthodique et silencieux à la longe, ce qui ne va pas de soi chez un chien de meute.\n\n **La voix, en zone pavillonnaire**\n\nUn seul Grand Gascon Saintongeais qui donne de la voix dans un jardin s’entend de tout le lotissement, et il ne le fait pas cinq minutes. C’est le premier motif de conflit de voisinage avec les chiens courants, et le premier motif d’abandon. Aucune méthode d’éducation ne supprime la voix d’un chien sélectionné depuis deux siècles pour l’avoir.\n\n## Le tempérament hors saison de chasse\n\nÀ la maison, ce chien est calme, doux avec les enfants, peu bagarreur avec ses congénères puisqu’il a été sélectionné pour vivre en groupe. Il n’est ni méfiant ni gardien : un cambrioleur reçoit un coup de langue. Cette absence d’agressivité fait partie du cahier des charges d’un chien de meute.\n\nDehors, c’est un autre animal. Le nez prend le dessus sur tout le reste. Un chien lancé sur une voie de chevreuil peut parcourir dix kilomètres et se retrouver à l’autre bout de la commune, sourd à tout ce qu’on lui crie. Ce n’est pas de la désobéissance, c’est le comportement pour lequel il a été fabriqué.\n\n## Éducation : le rappel avant tout le reste\n\nTravaillez le rappel en milieu clos dès l’arrivée du chiot, puis en longe de dix à quinze mètres, très longtemps, en variant les lieux. Beaucoup de propriétaires de chiens courants finissent par accepter la longe comme un équipement permanent en milieu ouvert, et c’est un choix raisonnable plutôt qu’un aveu d’échec. Un collier GPS est courant dans les équipages ; en usage familial, il évite les recherches nocturnes.\n\nLe reste de l’éducation est simple. Le chien est docile, sensible à la voix, sans entêtement particulier à la maison. La difficulté ne porte que sur un point, mais elle est entière : le contrôle à distance quand une odeur passe.\n\n **Le rythme minimum en famille**\n\nDeux heures d’activité par jour, dont au moins une en terrain varié où le chien peut suivre des odeurs en longe. Un jardin, même grand, ne remplace rien : il tourne, il s’ennuie, il hurle. Cette race convient à quelqu’un qui marche vraiment, pas à quelqu’un qui a de la place.\n\n## Santé, oreilles et coussinets\n\nLa race est rustique et n’a pas de tare héréditaire emblématique comme certaines races de compagnie très diffusées. Le dépistage de la dysplasie coxo-fémorale par radiographie cotée reste recommandé chez les reproducteurs, comme pour toute race de ce format.\n\nLes vrais problèmes viennent du travail. Les oreilles longues et pendantes se déchirent dans les ronces et s’infectent : contrôle et séchage après chaque sortie. Les coussinets s’usent et se coupent sur les cailloux et les chaumes. Les épillets s’enfoncent entre les doigts et dans le conduit auditif de juin à septembre. La dilatation-torsion de l’estomac menace tout chien à poitrine profonde : deux repas par jour, jamais d’effort dans l’heure qui suit, et une consultation en urgence si le chien tente de vomir à vide avec un ventre qui gonfle.\n\nUn mot sur l’alimentation, qui n’a rien d’anecdotique chez un chien courant. En période de travail, les dépenses grimpent fortement et un chien nourri comme en été maigrit en trois semaines de saison. Les chasseurs augmentent la ration et la fractionnent, souvent avec un repas principal le soir, après le retour. Hors saison, l’inverse : un chien courant à l’arrêt prend du poids vite, et un chien gras use ses hanches. La côte doit rester perceptible sous le plat de la main sans être visible à dix mètres.\n\n## Où trouver un chiot et à quel prix\n\nLes portées se font chez des chasseurs et dans des équipages, pas dans des élevages vitrines. Le Club du Gascon Saintongeais et les sociétés de vénerie sont les meilleures portes d’entrée. Les prix pratiqués restent modérés au regard des races de compagnie à la mode, parce que la demande vient d’un milieu qui achète un chien pour travailler.\n\nUne portée se réserve souvent avant la saillie. Demandez à voir la mère au travail si la saison le permet, renseignez-vous sur la voix du père, et dites clairement si le chien vivra en famille sans chasser : un maître d’équipage honnête vous orientera peut-être vers une autre race. Le chiot part vers huit à dix semaines, identifié et inscrit au LOF si les deux parents le sont.",
    "content_html": "<p>Le Grand Gascon Saintongeais n’est pas une race ancienne : c’est une reconstruction. Au XIXe siècle, le chien courant de Saintonge est au bord de l’extinction, réduit à quelques sujets. Un propriétaire girondin, le baron de Virelade, les croise avec du Grand Bleu de Gascogne et fixe le type qui porte aujourd’hui les deux noms. Beaucoup de chasseurs appellent encore la race « virelade », du nom du domaine.</p>\n\n<h2>Un chien reconstitué par un baron girondin</h2>\n\n<p>La Révolution puis les épidémies de la première moitié du XIXe siècle laissent le chien saintongeois exsangue. Le comte de Carayon-Latour possède les derniers représentants ; le baron de Virelade les associe à ses gascons bleus. De ce mariage sort un chien courant de grande taille, blanc et noir, marqué de feu, avec l’ossature du saintongeois et le nez du gascon.</p>\n\n<p>La FCI le classe dans le groupe 6, celui des chiens courants et des chiens de recherche au sang, section des chiens courants de grande taille. Il reste avant tout un chien d’équipage, sélectionné pour la chasse en meute au grand gibier, et sa diffusion hors des milieux de chasse est restée très limitée.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\"><strong>Deux tailles, deux usages</strong><p>La race compte une grande variété et une petite. Le Grand est employé sur le grand gibier, sanglier et chevreuil, souvent en meute ou comme limier. Le Petit Gascon Saintongeais, plus léger, chasse surtout le lièvre. Ce ne sont pas deux races différentes mais deux variétés du même standard, sélectionnées sur des allures et des voix distinctes.</p></aside>\n\n<h2>À quoi il ressemble vraiment</h2>\n\n<p>C’est un grand chien sec, pas un chien lourd. Le mâle atteint 65 à 72 cm au garrot, la femelle quelques centimètres de moins, pour un poids de l’ordre de 30 à 35 kilos. La silhouette est allongée, la poitrine descendue au niveau du coude, le rein bien attaché : une machine à marcher toute la journée, pas à sprinter.</p>\n\n<p>La robe est blanche à taches noires, avec des mouchetures noires dispersées dans le blanc. La tête est noire, avec deux marques feu au-dessus des yeux, ce que les veneurs appellent les « quatre yeux ». Des marques feu pâle, dites marques de chevreuil, apparaissent souvent sur les cuisses. Les oreilles sont longues, fines, tournées en dedans, et descendent au-delà du bout du nez quand on les rabat vers l’avant.</p>\n\n<figure>\n<img width=\"1344\" height=\"768\" src=\"/wp-content/uploads/2025/04/le-grand-gascon-saintongeais-un-tresor-de-la-faune-canine.webp\" alt=\"Grand Gascon Saintongeais\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\">\n</figure>\n\n<p>Le poil est court, ras et serré, sans sous-poil épais. Il protège mal du froid mordant et pas du tout des ronces : les chiens qui travaillent en fourré rentrent régulièrement avec des éraflures aux flancs.</p>\n\n<h2>La voix et le nez, les deux qualités qu’on sélectionne</h2>\n\n<p>Un chien courant se juge d’abord à l’oreille. Le Grand Gascon Saintongeais a une voix grave, longue, qui porte à plusieurs centaines de mètres dans un vallon boisé. Le veneur lit dans cette voix ce que fait le chien : quête, voie, change, hallali. C’est un instrument de travail avant d’être un bruit.</p>\n\n<p>Le nez est l’autre pilier. La race travaille bien la voie froide, c’est-à-dire une piste ancienne de plusieurs heures, ce qui explique son emploi comme limier, seul, en amont d’une battue, pour rapporter au maître d’équipage où se trouve l’animal. Ce travail-là demande un chien posé, méthodique et silencieux à la longe, ce qui ne va pas de soi chez un chien de meute.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\"><strong>La voix, en zone pavillonnaire</strong><p>Un seul Grand Gascon Saintongeais qui donne de la voix dans un jardin s’entend de tout le lotissement, et il ne le fait pas cinq minutes. C’est le premier motif de conflit de voisinage avec les chiens courants, et le premier motif d’abandon. Aucune méthode d’éducation ne supprime la voix d’un chien sélectionné depuis deux siècles pour l’avoir.</p></aside>\n\n<h2>Le tempérament hors saison de chasse</h2>\n\n<p>À la maison, ce chien est calme, doux avec les enfants, peu bagarreur avec ses congénères puisqu’il a été sélectionné pour vivre en groupe. Il n’est ni méfiant ni gardien : un cambrioleur reçoit un coup de langue. Cette absence d’agressivité fait partie du cahier des charges d’un chien de meute.</p>\n\n<p>Dehors, c’est un autre animal. Le nez prend le dessus sur tout le reste. Un chien lancé sur une voie de chevreuil peut parcourir dix kilomètres et se retrouver à l’autre bout de la commune, sourd à tout ce qu’on lui crie. Ce n’est pas de la désobéissance, c’est le comportement pour lequel il a été fabriqué.</p>\n\n<h2>Éducation : le rappel avant tout le reste</h2>\n\n<p>Travaillez le rappel en milieu clos dès l’arrivée du chiot, puis en longe de dix à quinze mètres, très longtemps, en variant les lieux. Beaucoup de propriétaires de chiens courants finissent par accepter la longe comme un équipement permanent en milieu ouvert, et c’est un choix raisonnable plutôt qu’un aveu d’échec. Un collier GPS est courant dans les équipages ; en usage familial, il évite les recherches nocturnes.</p>\n\n<p>Le reste de l’éducation est simple. Le chien est docile, sensible à la voix, sans entêtement particulier à la maison. La difficulté ne porte que sur un point, mais elle est entière : le contrôle à distance quand une odeur passe.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rose\"><strong>Le rythme minimum en famille</strong><p>Deux heures d’activité par jour, dont au moins une en terrain varié où le chien peut suivre des odeurs en longe. Un jardin, même grand, ne remplace rien : il tourne, il s’ennuie, il hurle. Cette race convient à quelqu’un qui marche vraiment, pas à quelqu’un qui a de la place.</p></aside>\n\n<h2>Santé, oreilles et coussinets</h2>\n\n<p>La race est rustique et n’a pas de tare héréditaire emblématique comme certaines races de compagnie très diffusées. Le dépistage de la dysplasie coxo-fémorale par radiographie cotée reste recommandé chez les reproducteurs, comme pour toute race de ce format.</p>\n\n<p>Les vrais problèmes viennent du travail. Les oreilles longues et pendantes se déchirent dans les ronces et s’infectent : contrôle et séchage après chaque sortie. Les coussinets s’usent et se coupent sur les cailloux et les chaumes. Les épillets s’enfoncent entre les doigts et dans le conduit auditif de juin à septembre. La dilatation-torsion de l’estomac menace tout chien à poitrine profonde : deux repas par jour, jamais d’effort dans l’heure qui suit, et une consultation en urgence si le chien tente de vomir à vide avec un ventre qui gonfle.</p>\n\n<p>Un mot sur l’alimentation, qui n’a rien d’anecdotique chez un chien courant. En période de travail, les dépenses grimpent fortement et un chien nourri comme en été maigrit en trois semaines de saison. Les chasseurs augmentent la ration et la fractionnent, souvent avec un repas principal le soir, après le retour. Hors saison, l’inverse : un chien courant à l’arrêt prend du poids vite, et un chien gras use ses hanches. La côte doit rester perceptible sous le plat de la main sans être visible à dix mètres.</p>\n\n<h2>Où trouver un chiot et à quel prix</h2>\n\n<p>Les portées se font chez des chasseurs et dans des équipages, pas dans des élevages vitrines. Le Club du Gascon Saintongeais et les sociétés de vénerie sont les meilleures portes d’entrée. Les prix pratiqués restent modérés au regard des races de compagnie à la mode, parce que la demande vient d’un milieu qui achète un chien pour travailler.</p>\n\n<p>Une portée se réserve souvent avant la saillie. Demandez à voir la mère au travail si la saison le permet, renseignez-vous sur la voix du père, et dites clairement si le chien vivra en famille sans chasser : un maître d’équipage honnête vous orientera peut-être vers une autre race. Le chiot part vers huit à dix semaines, identifié et inscrit au LOF si les deux parents le sont.</p>",
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