Lévrier Azawakh : fiche de race, 64 à 74 cm au garrot chez le mâle
Posez un Azawakh à côté de n’importe quel autre lévrier et une chose saute aux yeux : il est plus haut que long. La hauteur au garrot dépasse la longueur du corps, les pointes des hanches montent au niveau du garrot ou plus haut, l’ossature se lit sous la peau. Ce chien du Sahel n’a pas été dessiné pour la piste de course : il a été gardé, pendant des siècles, par des éleveurs nomades qui lui demandaient de chasser à vue dans le sable, de tenir la chaleur et de dormir devant la tente en surveillant le camp.
Un chien de la boucle du Niger
L’Azawakh vient de la vallée qui lui donne son nom, entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Il a été élevé par les Touaregs, mais aussi par les Peuls et les Daoussahaq, sans registre écrit et sans sélection sur l’apparence : un chiot était gardé ou non selon ce que valait sa mère à la chasse. La gazelle, le lièvre du désert et le phacochère étaient le gibier ; le chien travaillait souvent en petit groupe, parfois avec des cavaliers.
Les premiers sujets arrivent en Europe dans les années 1970, par des coopérants français en poste au Sahel. La reconnaissance officielle par la FCI suit dans les années 1980. La population européenne est restée réduite, avec des apports périodiques de chiens venus d’Afrique pour élargir un patrimoine génétique étroit.
Mesures et morphologie
Le mâle mesure de 64 à 74 cm au garrot pour 20 à 25 kg, la femelle de 60 à 70 cm pour 15 à 20 kg. Un mâle de 72 cm pèse donc à peine plus qu’un Berger Australien : la densité est faible, la masse musculaire est plate et longue, les côtes et les vertèbres lombaires doivent se voir chez un chien en état. Un Azawakh dont on ne devine pas la silhouette osseuse est un Azawakh trop gras.
La tête est longue, étroite, ciselée, avec un stop très effacé. L’œil est en amande, sombre ou ambré. Les oreilles sont attachées haut, tombantes, plates, en triangle à pointe légèrement arrondie. Le poil est ras, fin, presque absent sur le ventre. La révision du standard dans les années 2010 a ouvert la robe à l’ensemble des couleurs, alors que le texte antérieur imposait un fond fauve avec des marques blanches obligatoires à la poitrine et à l’extrémité des membres : on voit donc aujourd’hui en exposition des sujets bringés, gris, noirs ou bleus qui étaient auparavant écartés.
Un lévrier qui donne l’alerte
Voilà ce qui le sépare le plus nettement des autres lévriers. Un Greyhound ou un Galgo laisse entrer n’importe qui. L’Azawakh, lui, a été utilisé pour surveiller le campement, et il a gardé ce réflexe : il aboie à l’approche d’un inconnu, se place entre sa famille et le visiteur, et met du temps à accepter une main tendue. Il ne mord pas pour autant, mais il évite le contact tant qu’il n’a pas décidé que la personne était admise.
À la maison, avec les siens, c’est un chien démonstratif, sensible au ton de la voix, qui cherche le contact physique et se cale contre les jambes. Avec les chiens de sa meute il est tactile, dort en tas, se lave les oreilles mutuellement. Avec un chien inconnu croisé en laisse, la réaction dépend beaucoup de la socialisation faite entre deux et six mois.
Ce qui le distingue du Galgo et du Deerhound
Trois lévriers, trois métiers différents. Le Galgo espagnol court le lièvre en terrain ouvert sur des courses longues avec beaucoup de virages, il a un poil ras ou dur et une réserve tranquille avec les étrangers. Le Deerhound écossais est un géant à poil dur bâti pour attraper le cerf, deux fois plus lourd, accueillant avec tout le monde et sans aucune vocation de garde.
L’Azawakh est le plus léger des trois, le plus haut sur pattes proportionnellement, le seul à alerter, le seul à venir d’un climat chaud et sec. Son seuil de tolérance au toucher par un inconnu est aussi le plus bas : ce qui passe pour de la timidité chez un chien européen est chez lui une distance culturelle, sélectionnée.
Le froid, sa vraie limite
Poil ras, pas de sous-poil, graisse sous-cutanée quasi nulle : un Azawakh a froid en France de novembre à mars, et il le montre en tremblant dès dix degrés sous la pluie. Le manteau imperméable n’est pas un accessoire de mode, c’est une nécessité pour la sortie du matin. À l’intérieur, il cherche le radiateur et se glisse sous les couvertures.
Le couchage compte autant. Un lévrier de ce format, sans couche de graisse, développe des callosités et des escarres sur les coudes et les hanches s’il dort sur du carrelage. Un matelas épais dans un coin calme fait partie de l’équipement de base.
Anesthésie et valeurs sanguines : deux points à signaler au vétérinaire
Comme tous les lévriers, l’Azawakh métabolise mal certains anesthésiques, en particulier les barbituriques, du fait de sa très faible masse grasse. Le protocole doit être adapté, y compris pour une simple castration ou un détartrage. Signalez-le systématiquement à une clinique qui ne connaît pas la race.
Deuxième point : les lévriers ont naturellement un hématocrite élevé et des valeurs de thyroïde plus basses que la moyenne canine. Une analyse lue avec les intervalles de référence standard peut conclure à tort à une hypothyroïdie et déboucher sur un traitement inutile. Demandez une interprétation avec des références propres aux lévriers.
Au-delà de ça, la race est peu chargée en maladies héréditaires documentées, en partie parce que la population est trop petite pour que les statistiques soient solides. Des cas d’hypothyroïdie authentique et d’épilepsie idiopathique sont rapportés par les clubs. L’espérance de vie se situe autour de 12 ans, parfois davantage.
Dépense et rappel
Contrairement à l’image du chien qui court sans arrêt, l’Azawakh dort une bonne partie de la journée. Ce dont il a besoin, c’est de galoper vraiment, quelques minutes, sur un terrain clos et souple, deux ou trois fois par semaine, plus des sorties en laisse quotidiennes d’une heure au total. Le sable, l’herbe et la terre lui conviennent ; le bitume abîme les coussinets et les articulations à cette vitesse.
Le rappel reste le point difficile. Un lévrier qui démarre derrière un lièvre n’entend plus rien pendant trente secondes, et trente secondes suffisent à traverser une départementale. Les propriétaires expérimentés ne détachent que dans un espace clôturé, et l’absence de clôture est rédhibitoire. La course sur leurre, proposée par des clubs affiliés, canalise cet instinct sans risque.
Trouver un chiot
La diffusion confidentielle de la race a un avantage : les élevages se connaissent, les lignées sont suivies, et un acheteur qui prend le temps de visiter deux ou trois éleveurs aura une idée juste du tempérament familial. Demandez à voir les parents en situation, y compris face à un inconnu, puisque c’est le trait le plus héritable et le plus déterminant pour la vie quotidienne.
Méfiez-vous des annonces de chiots « type Azawakh » sans inscription, importés d’Afrique du Nord ou d’Europe de l’Est : sans pedigree, rien ne garantit ni l’origine ni l’état sanitaire, et les frais vétérinaires de rattrapage dépassent vite l’économie faite à l’achat. Un chiot correct part avec identification, vaccins, contrat de vente et inscription provisoire au LOF, la confirmation se faisant après quinze mois pour cette race de grande taille.
Résumer cet article avec :
Partager :