--- title: "Malamute de l’Alaska : ce qu’il exige vraiment et en quoi il diffère du Husky" url: https://www.dicochiens.fr/exploration-du-malamute-de-lalaska-le-compagnon-canin-des-contrees-gelees.html author: "Dico Chiens" date_published: 2025-05-09T08:31:07+02:00 date_modified: 2026-09-14T18:06:26+02:00 categories: ["Races"] image: https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/05/exploration-du-malamute-de-lalaska-le-compagnon-canin-des-contrees-gelees-1-scaled.webp description: "Le Malamute de l’Alaska est un chien de trait lourd. Pas un chien de course, pas un chien de compagnie qui aime la neige : un animal sélectionné par les Mahlemiut..." site: "Dico Chiens" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Malamute de l’Alaska : ce qu’il exige vraiment et en quoi il diffère du Husky Le Malamute de l’Alaska est un chien de trait lourd. Pas un chien de course, pas un chien de compagnie qui aime la neige : un animal sélectionné par les Mahlemiut du nord-ouest de l’Alaska pour déplacer des charges pesantes sur de longues distances, lentement, sans s’arrêter. Tout ce qui pose problème chez lui aujourd’hui découle directement de ce cahier des charges. Il faut le dire franchement, parce que cette race est l’une des plus abandonnées en France parmi les chiens nordiques : le Malamute demande une dépense physique quotidienne qu’un propriétaire moyen ne peut pas fournir, il ne revient pas quand on l’appelle, il détruit un jardin en deux semaines d’ennui, il perd son sous-poil par poignées deux fois par an et il ne supporte pas un été à trente degrés dans un appartement sans climatisation. Ceux qui l’acceptent ont un chien formidable. Les autres le déposent au refuge à dix-huit mois. **Pour qui cette race n’est pas faite** Éliminez d’emblée : un premier chien, un foyer absent huit heures par jour, un appartement sans accès à un espace de dépense, un maître qui veut un chien obéissant au rappel, un jardin clôturé à un mètre. Le Malamute creuse, saute, escalade et s’ennuie vite. La majorité des abandons de la race tiennent à ces cinq points, pas au caractère du chien. ## Le chien des Mahlemiut La race tire son nom du peuple inupiat des Mahlemiut, installé sur le Kotzebue Sound. Leurs chiens tiraient le traîneau chargé de gibier et de matériel, portaient des bâts en été et participaient à la chasse au phoque et à l’ours. Un attelage de Malamutes ne devait pas être rapide : il devait tirer très lourd, économiser son énergie et survivre avec une ration limitée. La ruée vers l’or du Klondike, à la fin du XIXe siècle, a bien failli dissoudre le type dans des croisements avec tout ce qui traînait de plus rapide. La race actuelle a été reconstruite au XXe siècle à partir de quelques lignées, dont celles connues sous les noms de Kotzebue et de M’Loot, dont les partisans se disputent encore le type idéal. Le Malamute est aujourd’hui l’animal officiel de l’État d’Alaska. Côté classification, il figure au groupe 5 de la FCI, section 1 des chiens nordiques de traîneau, sous le standard numéro 243. ## Ce qui le sépare du Husky Sibérien La confusion est permanente, et pourtant les deux races ne font pas le même métier. Le Husky Sibérien est un coureur de fond léger, entre 20 et 27 kg, sélectionné pour la vitesse sur charge faible. Le Malamute est un tracteur : les tailles idéales du standard sont de 63,5 cm pour environ 38 kg chez le mâle et de 58,5 cm pour environ 34 kg chez la femelle, et de nombreux sujets dépassent ces valeurs. Trois repères visuels règlent la question sur le trottoir. L’œil d’abord : le Husky peut avoir les yeux bleus ou vairons, le Malamute jamais, l’œil bleu est un défaut éliminatoire dans son standard. La queue ensuite : le Malamute la porte en panache au-dessus du dos, comme un plumeau, le Husky la porte plutôt tombante ou en faucille en action. L’ossature enfin, nettement plus lourde chez le Malamute, avec une tête large et un museau massif. Le tempérament diffère aussi. Le Husky fugue et court, le Malamute fugue et démonte. Le premier est en général plus tolérant avec ses congénères, le second affiche fréquemment une intolérance envers les chiens de même sexe à l’âge adulte, un point que les éleveurs sérieux ne cachent pas. ![Malamute de l’Alaska gris et blanc dans la neige, queue en panache sur le dos](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/05/exploration-du-malamute-de-lalaska-le-compagnon-canin-des-contrees-gelees-scaled.webp) *La queue portée en panache au-dessus du dos distingue le Malamute du Husky Sibérien.* **Les repères de format** Standard : 63,5 cm et environ 38 kg pour un mâle, 58,5 cm et environ 34 kg pour une femelle, valeurs souvent dépassées en élevage. Le Husky Sibérien, lui, se situe entre 20 et 27 kg. L’espérance de vie du Malamute tourne autour de 10 à 13 ans. ## Le double poil et la mue Le pelage comporte un poil de couverture rêche et épais, et un sous-poil laineux, dense et gras, épais de plusieurs centimètres. Cet ensemble isole du froid extrême, et il isole aussi de la chaleur, à condition de ne jamais le tondre : une tonte détruit la structure du poil et expose la peau aux coups de soleil. Deux fois par an, au printemps et à l’automne, le sous-poil part en plaques. La mue dure trois semaines et remplit un sac poubelle. Pendant cette période, un brossage quotidien à la carde et à l’étrille, avec un peigne à dents longues pour atteindre la peau, est le seul moyen d’éviter les paquets feutrés sur les flancs et les culottes. Le reste de l’année, une séance sérieuse par semaine suffit. La chaleur reste le point faible. Au-delà de vingt-cinq degrés, les sorties se font tôt le matin et tard le soir, jamais sur bitume en pleine journée. Un tapis rafraîchissant et un point d’eau permanent ne sont pas du luxe pour cette race dans le sud de la France. ## Combien d’exercice, réellement Une heure de promenade en laisse ne fait rien à un Malamute adulte. Ce chien a été conçu pour tirer plusieurs heures par jour, et son besoin de dépense se mesure en résistance, pas en distance. Deux séances quotidiennes dont une avec effort de traction ou de dénivelé, soit deux heures au total, correspondent à ce que demandent les propriétaires expérimentés. Les disciplines qui lui vont sont celles où il pousse dans un harnais : cani-randonnée, traîneau ou kart selon la saison, portage de bât en montagne pour un adulte, tirage de pneu. Attention à l’âge : pas de traction avant que la croissance ne soit terminée, autour de dix-huit mois, et pas de charge lourde chez un jeune chien dont les cartilages travaillent encore. Faute de cette dépense, le chien s’organise seul. Trou de quatre-vingts centimètres au milieu de la pelouse, plinthe arrachée, canapé éventré, hurlements modulés qui portent à trois cents mètres. Ce n’est pas de la vengeance, c’est un chien de travail sans travail. **Le rappel ne s’obtient pas** Le Malamute a été sélectionné pour avancer devant l’homme, pas pour revenir vers lui. Même très bien éduqué, il reste peu fiable en liberté dès qu’une odoration intéressante se présente. Longe de dix mètres sur harnais partout où le terrain n’est pas clos, et clôture d’au moins un mètre quatre-vingts, enterrée sur trente centimètres à cause du creusement. ## Éducation d’un chien qui négocie L’intelligence de la race n’est pas en cause, sa coopération l’est. Un Malamute évalue ce qu’on lui demande et décide. La répétition mécanique l’ennuie au bout de trois essais, le chien décroche puis s’assoit. Les séances courtes, variées, avec récompense alimentaire de valeur, donnent des résultats bien meilleurs que la contrainte. La hiérarchie physique est une impasse : un adulte pèse près de quarante kilos et gagnera toujours. Ce qui fonctionne, c’est le contrôle des ressources, la constance entre les membres du foyer et le travail de la marche en laisse dès huit semaines, avant que la puissance ne rende le sujet ingérable. Un chiot Malamute qui tire déjà à quatre mois tirera à quarante kilos. La socialisation avec les congénères se travaille tôt et se maintient. Beaucoup de mâles deviennent difficiles avec les autres mâles vers deux ans : anticipez plutôt que de découvrir le problème dans un parc à chiens. ## Santé et dépistages Trois affections héréditaires méritent une question directe à l’éleveur. La polyneuropathie du Malamute, maladie nerveuse qui provoque une faiblesse des postérieurs chez le jeune chien, dispose d’un test ADN : demandez le statut des deux parents. La chondrodysplasie, forme de nanisme avec membres antérieurs déformés, se dépiste également par test génétique. La dysplasie coxo-fémorale, enfin, se radiographie avec lecture officielle et cotation, et un reproducteur non coté n’est pas un reproducteur sérieux. Ajoutez l’atrophie progressive de la rétine et la cataracte juvénile, du ressort de l’examen ophtalmologique annuel, et l’hypothyroïdie, fréquente dans les races nordiques, à évoquer devant une prise de poids inexpliquée avec poil terne. La dermatose répondant au zinc est une particularité de la race : lésions croûteuses autour des yeux et de la truffe, qui régressent sous supplémentation adaptée prescrite par un vétérinaire. Le budget suit le gabarit. Un adulte de trente-huit kilos consomme entre 70 et 100 euros de croquettes de bonne qualité par mois, les antiparasitaires et les anesthésiques se dosent au poids, et une assurance santé pour une race de cette taille coûte plus qu’une formule pour chien moyen. Dernier point que peu d’annonces mentionnent : le Malamute n’aboie presque pas. Il hurle, il grogne des syllabes, il pousse une plainte modulée quand il s’ennuie ou salue quelqu’un. En maison mitoyenne, c’est ce bruit-là qui déclenche les conflits de voisinage, bien plus que les aboiements classiques. --- ## À propos de l'auteur **Dico Chiens** — Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.