--- title: "Brachet de Styrie à poil dur : le chien courant né en montagne" url: https://www.dicochiens.fr/le-brachet-de-styrie-un-chien-a-poil-dur-plein-de-caractere.html author: "Dico Chiens" date_published: 2025-01-11T07:35:10+01:00 date_modified: 2026-09-14T18:05:30+02:00 categories: ["Races"] image: https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/01/le-brachet-de-styrie-un-chien-a-poil-dur-plein-de-caractere-1.webp description: "Le Brachet de Styrie à poil dur est l’un des rares chiens dont on connaît le créateur, le lieu et l’intention. Un industriel autrichien, Karl Peintinger, voulait un..." site: "Dico Chiens" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Brachet de Styrie à poil dur : le chien courant né en montagne Le Brachet de Styrie à poil dur est l’un des rares chiens dont on connaît le créateur, le lieu et l’intention. Un industriel autrichien, Karl Peintinger, voulait un chien courant capable de travailler dans les pentes raides de Styrie, par tous les temps, sur des pistes de sanglier ou de gibier blessé. Il a croisé ce qu’il fallait, gardé ce qui marchait, et la race porte encore son empreinte. Ce n’est pas un chien de salon déguisé en chien de chasse. Son poil dur, son indépendance et son besoin de terrain en font une race exigeante, et honnête avec qui la comprend. ## Karl Peintinger et la naissance d’une race de montagne À la fin du XIXe siècle, Peintinger part d’une chienne d’Istrie à poil dur, connue sous le nom de Peggy dans les récits de la race, qu’il accouple à un chien de rouge de Hanovre. L’objectif est clair : la finesse de nez et le sérieux sur la voie du chien de sang allemand, associés au poil rêche et à la résistance du chien istrien. La sélection se poursuit sur plusieurs générations, uniquement sur des critères de travail en altitude. Les sujets qui ne tenaient pas la pente, le froid ou les longues pistes étaient écartés. Le résultat est ce que les Autrichiens appellent la Steirische Rauhhaarbracke, le chien courant styrien à poil dur. La race relève du groupe 6 de la FCI, chiens courants et chiens de recherche au sang, section des chiens courants de taille moyenne, sous patronage autrichien. Elle reste rare en dehors de l’Autriche, de la Slovénie et de quelques régions alpines. **Un chien pensé pour l’altitude** Le Brachet de Styrie a été sélectionné pour travailler entre 800 et 1 800 mètres, sur des versants où un chien courant de plaine s’épuise en une heure. Cette origine explique son allure sèche, ses aplombs solides et son endurance au trot. En terrain plat, il donne l’impression de ne jamais fatiguer. ## Un poil dur qui n’a rien d’un poil décoratif Le pelage est rêche, dur au toucher, jamais bouclé ni soyeux, de longueur moyenne, avec un sous-poil fourni. La couleur va du froment au rouge, parfois avec une petite étoile blanche au poitrail. Sur le museau, le poil forme une moustache discrète, sans la barbe fournie d’un Griffon. Cette texture est une armure. Elle repousse l’eau, encaisse les ronces et protège des morsures superficielles lors du travail au sanglier. Elle a aussi un avantage domestique : la boue sèche et tombe toute seule, ce qui évite pas mal de bains. L’entretien se limite à un brossage hebdomadaire avec un peigne à dents larges. Les sujets exposés subissent en plus un épilage manuel une à deux fois par an, qui enlève le poil mort et maintient la dureté du poil. Le passage à la tondeuse, lui, ramollit définitivement la texture : c’est l’erreur classique du toiletteur qui ne connaît pas les poils durs. ## Taille, poids et construction Les mâles mesurent de 47 à 53 cm au garrot, les femelles de 45 à 51 cm. Le poids se situe autour de 15 à 18 kg. C’est donc un chien compact, plus léger qu’il n’en a l’air, ce qui compte quand il s’agit de grimper toute une journée. Le corps est légèrement allongé, la poitrine bien descendue, le rein musclé. Les membres sont secs, les pieds ronds et fermés, avec des coussinets épais qui supportent la caillasse. La tête est modérément longue, les oreilles tombantes et plates, la truffe noire et large. L’expression générale est sérieuse, presque sévère, très différente de l’air affable d’un Beagle. Un Brachet de Styrie vous regarde en évaluant la situation. **Repères de mensurations** 47 à 53 cm au garrot pour un mâle, 45 à 51 cm pour une femelle, et une quinzaine de kilos. À titre de comparaison, c’est la taille d’un Springer Anglais pour un poids inférieur de deux à trois kilos. Un chien qui dépasse nettement ces valeurs sort du standard et perd l’agilité recherchée. ![Brachet de Styrie à poil dur](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/01/le-brachet-de-styrie-un-chien-a-poil-dur-plein-de-caractere.webp) ## Ce que la race fait sur le terrain Le Brachet de Styrie travaille de deux manières. En chasse courante, il pousse le gibier en donnant de la voix, à une allure modérée qui laisse au chasseur le temps de se placer. En recherche au sang, il suit une piste ancienne à la longe, avec le sérieux hérité du chien de rouge de Hanovre. Sa voix est grave et bien timbrée, audible de loin dans un versant. Les chasseurs autrichiens jugent un chien sur la régularité de cette voix : un chien qui crie sur une voie morte ou qui se tait sur une bonne piste est écarté de la reproduction. Sur le sanglier, il est réputé mordant et courageux, parfois trop. Les blessures au chenil de chasse ne sont pas rares dans cette race, et un vétérinaire habitué aux plaies de contention fait partie des contacts utiles à avoir. ## Un caractère indépendant qu’il faut accepter C’est le point sur lequel les fiches complaisantes mentent le plus. Le Brachet de Styrie n’est pas un chien obéissant au sens où l’entend un maître de Berger Australien. Il a été sélectionné pour décider seul, loin de son conducteur, et cette autonomie est inscrite dans sa sélection. Avec sa famille il est affectueux mais sobre : il vient se faire caresser, puis retourne se coucher à sa place. Il supporte mal l’étouffement affectif, et il ne cherche pas à plaire. Ce qui le motive, c’est le terrain. Avec les inconnus il reste distant sans agressivité. Avec les autres chiens, l’habitude de la meute le rend généralement sociable, à condition d’une socialisation menée tôt. Avec un chat de la maison, la cohabitation est possible si le chiot grandit avec lui ; avec le chat du voisin qui traverse le jardin, beaucoup moins. **Motivez-le par le nez, jamais par la répétition** Un exercice répété dix fois de suite ennuie ce chien et il décroche. Cachez de la nourriture, tracez une piste dans l’herbe haute, faites-lui chercher un objet : vous obtiendrez en cinq minutes une concentration impossible à décrocher par la contrainte. Trois séances de cinq minutes par jour valent mieux qu’une demi-heure d’assis debout couché. ## Santé, longévité et vie quotidienne La race a été très peu touchée par la sélection esthétique, ce qui lui vaut une bonne santé d’ensemble. Les soucis courants sont ceux du chien de travail en milieu naturel : otites liées aux oreilles tombantes, épillets logés entre les doigts ou dans le nez au printemps, tiques et risque de piroplasmose, coupures aux coussinets sur la caillasse. La dysplasie de la hanche existe comme chez tous les chiens de format moyen à grand, et les reproducteurs doivent être radiographiés avec une cotation officielle. L’espérance de vie tourne autour de 12 à 14 ans. Au quotidien, cette race demande deux heures d’activité par jour en terrain varié, et un jardin correctement clôturé. Un Brachet de Styrie qui vit en appartement avec deux sorties hygiéniques hurle, creuse et détruit : ce n’est pas un défaut de caractère, c’est une réponse logique à une privation de travail. ## Se procurer un chiot en France Les portées françaises sont rares. Le passage par un club de race de chiens courants ou par un élevage autrichien ou slovène est la voie habituelle, avec plusieurs mois d’attente et une importation à organiser. Ce que vous devez obtenir dans tous les cas : pedigree, identification électronique, passeport européen à jour, vaccination, et les cotations de hanches des parents. Demandez aussi à voir les parents au travail, ou à défaut leurs résultats en épreuve : dans une race sélectionnée sur le terrain, c’est le seul indicateur qui vaille. Un dernier repère pour se décider : la majorité des Brachets de Styrie placés dans des foyers non chasseurs finissent par poser des problèmes de fugue ou d’aboiement dans leur première année. Si vous ne chassez pas et ne pratiquez pas le pistage sportif plusieurs fois par semaine, une autre race vous rendra plus heureux, et le chien aussi. --- ## À propos de l'auteur **Dico Chiens** — Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.