--- title: "Chien d’Arrêt Portugais : le braque jaune ancêtre probable du Pointer" url: https://www.dicochiens.fr/le-chien-darret-portugais-un-compagnon-precieux-pour-la-chasse.html author: "Dico Chiens" date_published: 2025-02-23T07:37:20+01:00 date_modified: 2026-09-14T18:05:51+02:00 categories: ["Races"] image: https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/02/le-chien-darret-portugais-un-compagnon-precieux-pour-la-chasse-1.webp description: "Le Chien d’Arrêt Portugais, le Perdigueiro Português, est probablement le chien de chasse le plus discret d’Europe du Sud. Il a pourtant une histoire qui dépasse..." site: "Dico Chiens" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Chien d’Arrêt Portugais : le braque jaune ancêtre probable du Pointer Le Chien d’Arrêt Portugais, le Perdigueiro Português, est probablement le chien de chasse le plus discret d’Europe du Sud. Il a pourtant une histoire qui dépasse largement ses effectifs actuels : plusieurs auteurs cynophiles considèrent qu’il figure parmi les ancêtres du Pointer anglais, emmené en Angleterre par des marchands et des militaires britanniques installés à Porto au XVIIIe siècle. Un chien rare, donc, mais pas un chien mineur. ## Un braque du Sud, pas un épagneul La distinction compte. Le Perdigueiro appartient au groupe 7 de la FCI, celui des chiens d’arrêt, dans la section des continentaux de type braque. Poil ras, oreilles tombantes et fines, tête carrée, museau court par rapport au crâne : la silhouette est celle d’un braque, pas d’un chien à franges comme l’Épagneul Breton ou le Stabyhoun. Son nom vient de « perdiz », la perdrix, qui a longtemps été son gibier principal dans les collines sèches du nord du Portugal. On le trouve mentionné dès le Moyen Âge dans des documents de chasse royale, et il a été utilisé pour la chasse au vol, avec faucon, avant l’arrivée des armes à feu portatives. Cette pratique explique sa façon de travailler : un chien qui bloque le gibier au sol pendant que le chasseur prend position, sans précipitation. **Un ancêtre probable du Pointer** La communauté britannique de Porto, installée autour du commerce du vin, a ramené des Perdigueiros en Angleterre au XVIIIe siècle. Le Pointer anglais s’est construit ensuite en croisant ces chiens ibériques avec des lévriers et des foxhounds pour gagner en vitesse. La tête courte et carrée du Portugais se retrouve encore, atténuée, chez certains Pointers. ## Morphologie et robe C’est un chien de taille moyenne, sec, sans lourdeur. Les mâles se situent grossièrement entre 52 et 60 cm au garrot, les femelles quelques centimètres en dessous, pour un poids de vingt à vingt-sept kilos selon le sexe et la ligne. Le corps tient dans un rectangle presque carré, avec un dos droit et une croupe légèrement inclinée. La tête est le point de reconnaissance. Elle est large, presque cubique, avec un stop marqué, des lèvres charnues qui pendent un peu et des oreilles fines, minces au toucher, attachées haut puis retombant contre les joues. L’œil est brun foncé, ni enfoncé ni globuleux. La robe est jaune, du sable clair au jaune soutenu, parfois avec des marques blanches à la poitrine et aux pieds. Le poil est court, dense, très fin sur la tête et les oreilles. Aucun entretien particulier : un gant en caoutchouc une fois par semaine et le tour est joué. En revanche, ce poil ras protège mal du froid humide, et un chien qui travaille en janvier dans un marais du nord de la France se refroidit vite. ![Chien d’Arrêt Portugais](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/02/le-chien-darret-portugais-un-compagnon-precieux-pour-la-chasse.webp) ## Comment il chasse Le style est méthodique. Le Perdigueiro quête à distance moyenne, souvent entre trente et soixante mètres du chasseur, en tenant le contact visuel. Il ne prend pas le grand large comme un Pointer de field-trial, et il ne fouille pas sous le nez comme un Épagneul. Ce format intermédiaire lui va bien pour la perdrix rouge, la caille et le lapin en terrain accidenté, avec des buissons épineux et des murets de pierre. L’arrêt est ferme et se tient longtemps. Beaucoup de chasseurs portugais apprécient qu’il coule vers le gibier sur commande, lentement, plutôt que de rester figé à quinze mètres. Le rapport n’est pas sa spécialité première, contrairement aux races à vocation de retriever, mais la plupart des sujets rapportent correctement s’ils sont formés jeunes. La chaleur ne l’effraie pas. Sélectionné dans un climat où la chasse d’ouverture se pratique à trente degrés, il gère l’effort mieux que les races du nord. La contrepartie est celle qu’on a vue : le froid et l’humidité prolongés lui coûtent plus cher en énergie. **Repères de terrain** Une matinée de chasse en terrain sec, avec un chien adulte en condition, représente facilement quinze à vingt kilomètres parcourus par le chien pour cinq du chasseur. Prévoyez de l’eau en quantité et une pause à mi-parcours : un chien d’arrêt qui refuse de boire et halète bouche grande ouverte, langue élargie, entre en surchauffe et doit être arrêté immédiatement. ## Le caractère hors saison de chasse Neuf mois sur douze, ce chien vit à la maison, et c’est là que les propriétaires se trompent le plus. Le Perdigueiro est doux, très proche de sa famille, souvent collant. Il n’a pas d’agressivité envers les gens et il est jugé sûr avec les enfants. Il s’entend avec les autres chiens sans difficulté particulière. Mais c’est un chien de terrain qui a besoin de courir. Deux heures d’activité par jour ne sont pas un maximum, elles sont un plancher pour un adulte en pleine forme. Sans cela, il devient bruyant, destructeur, incapable de se poser. L’image du chien d’arrêt calme au coin du feu correspond à un chien qui a déjà dépensé son énergie, pas à un chien sorti trois quarts d’heure en laisse. Il apprend vite et cherche à faire plaisir, ce qui rend l’éducation de base facile. Le point délicat est la sensibilité au bruit : plusieurs éleveurs signalent des sujets réactifs aux détonations si l’habituation au coup de feu n’a pas été faite progressivement entre quatre et huit mois. Un chiot qu’on emmène pour la première fois à un ball-trap peut être marqué durablement. **L’habituation au coup de feu** Ne commencez jamais par un tir proche. Faites tirer une personne à cent cinquante mètres pendant que le chiot joue ou mange, puis rapprochez de vingt mètres par séance, sur plusieurs semaines, en observant sa réaction. Un chien qui se fige, bave ou cherche à fuir signale qu’on est allé trop vite. Une phobie des détonations installée est très difficile à corriger. ## Santé et longévité La race n’a pas subi de sélection esthétique extrême et se porte globalement bien. Les points à surveiller sont ceux des braques de ce format. La dysplasie coxo-fémorale existe et se dépiste par radiographie avec la cotation officielle de A à E, à réclamer sur les deux parents. Les oreilles tombantes et fines demandent un nettoyage régulier, surtout après les sorties en terrain poussiéreux. Comme chez les chiens à poitrine descendue, la dilatation-torsion de l’estomac reste un risque à ne pas négliger : deux repas quotidiens et pas d’effort dans l’heure qui suit. L’espérance de vie annoncée se situe couramment autour de douze à quatorze ans. Les sujets qui chassent toute leur vie développent souvent de l’arthrose des antérieurs vers dix ans, conséquence normale des arrêts brusques et des sauts répétés. ## Trouver un chiot en France Il faut être clair : la race est presque absente du territoire français. Les inscriptions annuelles au LOF sont marginales quand elles existent, et le réservoir se trouve au Portugal, où le club national suit les lignées de travail. Un acheteur français passe donc par un élevage portugais, avec les démarches habituelles : identification électronique, passeport européen, vaccination antirabique et respect du délai avant transport. Les questions à poser sont les mêmes que pour toute race de travail. Les parents chassent-ils réellement ou sont-ils uniquement présentés en exposition ? Les hanches ont-elles été radiographiées ? Le chiot a-t-il été élevé au contact de bruits domestiques et non dans un chenil isolé ? Cette dernière question, souvent oubliée, décide d’une bonne part du caractère adulte. **Ce chien n’est pas un chien d’appartement** Un Perdigueiro dans un deux-pièces sans sortie sportive quotidienne devient malheureux en quelques semaines, et le premier signe est la destruction du mobilier en journée. Si vous ne chassez pas, envisagez-le seulement en couplant cani-cross, vélo ou recherche utilitaire. Sinon, une autre race vous coûtera moins de regrets. Un dernier repère pratique pour ceux qui hésitent avec un Braque Allemand ou un Braque Français : le Portugais quête moins loin, se montre un peu plus proche de son maître à la maison et supporte mieux la chaleur. Il est aussi plus difficile à trouver, et cette rareté se paie en temps d’attente plus qu’en euros. --- ## À propos de l'auteur **Dico Chiens** — Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.