--- title: "Colley Barbu : deux heures de brossage par semaine et 12 à 14 ans de vie" url: https://www.dicochiens.fr/le-colley-barbu-un-compagnon-energique-et-charmeur.html author: "Dico Chiens" date_published: 2024-11-19T07:33:27+01:00 date_modified: 2026-09-14T18:05:05+02:00 categories: ["Races"] image: https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2024/11/le-colley-barbu-un-compagnon-energique-et-charmeur-1.webp description: "Le Colley Barbu est un chien de berger écossais au poil long, dont la conduite du troupeau se faisait à la voix et au mouvement plutôt qu’à la morsure. Il a gardé..." site: "Dico Chiens" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Colley Barbu : deux heures de brossage par semaine et 12 à 14 ans de vie Le Colley Barbu est un chien de berger écossais au poil long, dont la conduite du troupeau se faisait à la voix et au mouvement plutôt qu’à la morsure. Il a gardé de ce travail deux traits que les nouveaux propriétaires découvrent la première semaine : il bouge sans arrêt et il a un avis sur tout. La fiche qui suit détaille ce que la race demande vraiment, du gabarit au budget toilettage. ## Un chien de troupeau né dans les collines écossaises Son berceau est l’Écosse, où il rassemblait moutons et bovins sur des terrains ouverts et détrempés. Le poil long et la sous-couche dense ne sont pas décoratifs : ils sortaient d’une sélection utilitaire, faite pour un chien qui passait la journée dehors sous la pluie. La race a failli disparaître après la Seconde Guerre mondiale, puis a été relancée en Grande-Bretagne par un petit noyau d’éleveurs à partir de quelques sujets. Cette base étroite explique en partie la sensibilité de la race à certaines affections immunitaires, sur lesquelles on revient plus bas. La FCI le classe dans le groupe 1, celui des chiens de berger et de bouvier, section chiens de berger. Il est inscriptible au LOF en France, où les naissances annuelles restent modestes : on parle de quelques dizaines de chiots par an, pas de centaines. **Un berger, pas un chien de salon** Le Colley Barbu conduisait du bétail sur des reliefs ouverts, à distance de son maître. Il en garde une autonomie de décision : il exécute mieux quand il comprend l’intérêt de l’ordre. Un chien qui hésite avant d’obéir n’est pas forcément un chien mal éduqué, c’est parfois un chien qui évalue. ## Silhouette et taille au garrot C’est un chien de taille moyenne, plus long que haut, construit dans la légèreté. Le mâle mesure environ 53 à 56 cm au garrot, la femelle 51 à 53 cm. Le poids se situe le plus souvent entre 18 et 27 kg selon le sexe et la ligne. Sous le poil, il y a bien moins de chien qu’on ne l’imagine : un Colley Barbu mouillé fait perdre l’illusion d’un instant, la charpente est fine et l’ossature moyenne. La tête est carrée, le stop marqué, les yeux grands et écartés, d’une couleur qui suit celle de la robe. Le nom vient de la barbe sous le menton, une touffe de poils plus longs qui prend l’eau à chaque gamelle et la ramène sur le carrelage. C’est un détail, mais tous les propriétaires en parlent. ![Colley Barbu au poil long gris et blanc, barbe fournie, en mouvement sur l’herbe](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2024/11/le-colley-barbu-un-compagnon-energique-et-charmeur.webp) *La barbe sous le menton et le poil de couverture long sont les deux marqueurs visuels de la race.* ## Une robe qui change de couleur avec l’âge Le standard admet le noir, le bleu, le fauve et le brun, tous avec ou sans marques blanches, et parfois des marques feu. La particularité de la race tient à l’évolution de la couleur : les chiots naissent foncés, s’éclaircissent nettement vers un an, puis peuvent refoncer en partie à l’âge adulte. Un chiot noir de jais devient couramment un adulte gris ardoise. Un acheteur qui choisit sur la couleur du chiot à huit semaines sera surpris deux ans plus tard. Les marques blanches se répartissent classiquement sur le chanfrein, le collier, le poitrail, les pieds et le bout de la queue. Le blanc ne doit pas remonter derrière l’épaule sur le corps. ## Le poil : compter deux séances de brossage par semaine Le poil de couverture est long, plat, un peu rude, avec un sous-poil dense. Il ne se tond pas dans l’esprit de la race, il s’entretient. Deux séances hebdomadaires d’une bonne demi-heure, brosse à picots puis peigne métallique jusqu’à la peau, tiennent un adulte en état. Le peigne est ce qui compte : une brosse passée en surface laisse des nœuds se former à la racine, invisibles jusqu’au jour où ils forment une plaque feutrée derrière les oreilles ou aux aisselles. La mue de printemps demande davantage. Le passage du poil de chiot au poil adulte, entre neuf et dix-huit mois, est la période la plus pénible : le sous-poil juvénile part par plaques et feutre en quelques jours. Beaucoup d’abandons de la race se décident à ce moment-là. Un toilettage professionnel complet coûte généralement entre 60 et 90 euros selon la région et l’état du poil, et un chien arrivé feutré est facturé plus cher, quand il n’est pas tondu ras faute d’alternative. **Le coût réel de l’entretien** Comptez un peigne métallique à dents longues, un démêlant en spray et environ une heure par semaine de votre temps. Si vous déléguez, une visite au toilettage toutes les six à huit semaines s’ajoute au budget annuel. Un poil laissé sans peigne pendant un mois se rattrape rarement au brossage. ## Le caractère au quotidien C’est un chien gai, démonstratif, qui vieillit lentement dans sa tête : les éleveurs parlent volontiers d’un adolescent de trois ans. Il aboie, et il aboie facilement, héritage du travail à la voix. En appartement, ce point se travaille tôt ou il devient un conflit de voisinage. Avec les enfants, il est joueur et tolérant, mais il pousse et il bouscule : un chiot de dix mois qui court dans un salon renverse un enfant de trois ans sans intention. Avec les autres chiens, il est en général sociable. Avec un chat, la cohabitation fonctionne si elle commence tôt, sachant qu’il aura tendance à le rassembler comme un mouton. Son besoin d’exercice est réel : une heure et demie à deux heures par jour, dont une partie en liberté ou en activité guidée. Une race de berger sous-employée s’invente un travail, et celui qu’elle choisit rarement vous plaît. ## Une éducation qui supporte mal la contrainte Il apprend vite, très vite même, ce qui trompe les débutants. Le problème n’est pas l’acquisition, c’est la constance. Un Colley Barbu teste, et une méthode dure le fait se fermer plutôt que se soumettre. Le renforcement positif, des séances courtes de cinq à dix minutes répétées plusieurs fois par jour, donne de bien meilleurs résultats qu’une longue session de rappel autoritaire. L’agility, l’obérythmée et le troupeau lui vont bien. Le rappel demande un travail suivi jusqu’à deux ans : un chien qui a repéré un mouvement à cent mètres a déjà décidé de partir. Les avis divergent chez les éleveurs sur l’âge auquel on peut lâcher un jeune en pleine nature, entre douze et vingt-quatre mois selon les lignées. ## Santé et espérance de vie L’espérance de vie tourne autour de douze à quatorze ans, ce qui est bon pour un chien de ce format. Les points de vigilance de la race sont connus : l’hypothyroïdie, l’hypocorticisme (maladie d’Addison), pour lequel la race est régulièrement citée, et la dysplasie coxo-fémorale. Cette dernière se dépiste par radiographie officielle avec une cotation de A à E : demandez les résultats des deux parents, pas seulement du père. Des affections oculaires héréditaires existent aussi dans la population, et un examen ophtalmologique annuel des reproducteurs par un vétérinaire agréé est la pratique des élevages sérieux. Le signe qui doit alerter chez un adulte : une baisse d’entrain durable, un poil terne, une prise de poids inexpliquée. Chez cette race, ce tableau oriente d’abord vers la thyroïde. **Le signal à ne pas banaliser** Vomissements récurrents, faiblesse à l’effort, épisodes de prostration qui passent puis reviennent : chez un Colley Barbu, ce faisceau mérite une prise de sang avec ionogramme. L’hypocorticisme se diagnostique bien mais reste souvent identifié tard, faute d’y avoir pensé. ## Prix d’un chiot et choix de l’élevage En France, un chiot inscrit au LOF issu d’un élevage qui teste ses reproducteurs se situe le plus souvent dans une fourchette de 1 200 à 1 800 euros. Ce prix couvre l’identification, les premiers vaccins, la déclaration de portée et surtout le travail de sélection en amont. Les portées étant peu nombreuses, l’attente de six mois à un an est courante. Ce que vous demandez avant de réserver : les cotations de dysplasie des deux parents, les derniers examens oculaires, l’absence d’antécédents thyroïdiens ou surrénaliens dans la lignée proche, et la possibilité de voir la mère avec sa portée. Un éleveur qui vous propose de livrer le chiot sur une aire d’autoroute n’est pas un éleveur. Dernier point pratique : un Colley Barbu adulte non toiletté depuis trois mois représente environ trois heures de démêlage. Cette donnée-là vaut mieux qu’un discours sur le charme de la race pour savoir si elle vous correspond. --- ## À propos de l'auteur **Dico Chiens** — Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.