--- title: "Retriever à poils frisés : la fiche complète du Curly Coated" url: https://www.dicochiens.fr/le-retriever-a-poils-frises-un-compagnon-loyal-et-elegant.html author: "Dico Chiens" date_published: 2025-03-26T20:12:44+01:00 date_modified: 2026-09-14T18:06:08+02:00 categories: ["Races"] image: https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/03/le-retriever-a-poils-frises-un-compagnon-loyal-et-elegant-1.webp description: "Le Retriever à poils frisés, que les anglophones appellent Curly Coated Retriever, est le plus ancien des retrievers britanniques et le plus rare en France. Sa robe..." site: "Dico Chiens" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Retriever à poils frisés : la fiche complète du Curly Coated Le Retriever à poils frisés, que les anglophones appellent Curly Coated Retriever, est le plus ancien des retrievers britanniques et le plus rare en France. Sa robe de petites boucles serrées, noires ou couleur foie, le distingue immédiatement du Labrador et du Golden. Cette fiche fait le tour de la race : origine, standard, tempérament, éducation, santé et coût. ## Le plus ancien des retrievers anglais La race s’est fixée en Angleterre au XIXe siècle, à une époque où les chasseurs cherchaient un chien capable de rapporter le gibier tombé à l’eau froide comme dans les ronciers. On lui attribue des apports de chien d’eau anglais aujourd’hui disparu, de setter et probablement de barbet ou de caniche, ce dernier expliquant la boucle. Il figurait déjà dans les premières expositions canines britanniques des années 1860, bien avant que le Labrador ne prenne toute la place. La Fédération cynologique internationale le classe dans le groupe 8, celui des rapporteurs de gibier, leveurs de gibier et chiens d’eau, section 1 des rapporteurs. En France, les naissances inscrites au LOF se comptent chaque année sur les doigts de quelques mains, ce qui change beaucoup la manière d’en acquérir un. **Ne pas confondre** Le Curly a des boucles courtes et serrées plaquées sur tout le corps, y compris la queue. Le Flat Coated Retriever, souvent confondu avec lui dans les textes recopiés, a au contraire un poil long, plat et frangé. Un « retriever noir à poil ondulé » vendu comme Curly mérite une vérification du pedigree. ## Une robe en astrakan qui ne se brosse pas La boucle du Curly est petite, serrée, ferme au toucher, sans sous-poil. Elle couvre le corps entier des oreilles à l’extrémité de la queue. Seuls la face, le devant des membres et le front portent du poil ras et lisse. Deux couleurs sont admises au standard : le noir et le foie, cette teinte brun-rouge foncé qui reste minoritaire dans les portées. Contrairement à ce que la longueur du poil laisse croire, cette robe se travaille peu. Un brossage énergique casse la boucle et donne un chien crêpelé du plus mauvais effet. L’entretien courant se limite à mouiller le chien et à laisser sécher, la boucle se reformant seule, et à retirer à la main les poils morts pendant la mue. Certains propriétaires d’exposition passent une tondeuse sur la queue et les oreilles pour nettoyer la ligne, rien de plus. ![Retriever à poils frisés noir, robe en petites boucles serrées, debout dans l’herbe](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2025/03/le-retriever-a-poils-frises-un-compagnon-loyal-et-elegant.webp) ## Format et allure : un grand chien de chasse C’est le plus grand des retrievers. Le mâle atteint couramment 63 à 69 cm au garrot, la femelle 58 à 64 cm, pour un poids qui va d’une trentaine de kilos chez les femelles légères à près de quarante chez les mâles bien charpentés. La silhouette est haute sur pattes, sèche, plus proche du chien de chasse au galop que du Labrador trapu. Ce format compte au moment du choix. Un chien de 35 kg qui saute dans le coffre, tire sur la laisse par excitation à six mois ou bouscule un enfant en courant n’a rien à voir avec un Cocker. La croissance longue de la race demande aussi de la prudence : pas d’escaliers répétés, pas de course derrière un vélo, pas de sauts d’agility avant la fin de la croissance osseuse, vers quinze à dix-huit mois. ## Un caractère plus réservé que celui du Labrador C’est la différence que signalent tous ceux qui ont eu les deux. Le Curly n’est pas le chien qui saute au cou du premier inconnu. Il est distant avec les étrangers, calme à la maison, très lié à sa famille, et il observe avant de s’engager. Cette réserve naturelle n’est ni de la peur ni de l’agressivité, mais elle demande une socialisation soutenue entre huit semaines et six mois, faute de quoi elle glisse vers la méfiance. Il a aussi un côté indépendant que les éducateurs remarquent vite : il comprend l’exercice avant la fin de la démonstration et se lasse de la répétition. Là où un Golden refait dix fois le même rapport avec bonne humeur, le Curly décroche à la quatrième et va voir ailleurs. Les séances courtes, variées, avec de vrais rapports en terrain naturel donnent de bien meilleurs résultats que le travail au pied sur un terrain de club. **Pour qui, concrètement** Un chasseur de gibier d’eau, un pratiquant de field trial, un randonneur, une famille sportive avec jardin. Beaucoup moins pour un appartement en ville avec deux sorties hygiéniques par jour : ce chien a besoin d’une heure et demie à deux heures d’activité quotidienne, dont une partie en liberté ou dans l’eau. ## Éducation et travail à l’eau L’attirance pour l’eau est spectaculaire chez cette race. Un chiot bien introduit nage dès quelques mois et refuse ensuite de sortir d’une mare gelée. Les propriétaires expérimentés s’en servent comme outil : le rapport à l’eau maintient la motivation, use le chien mieux qu’une marche en laisse et occupe la tête. Sur le plan de l’obéissance, la base tient en trois points travaillés tôt : le rappel dans un environnement chargé, la marche en laisse détendue avant que le chien n’atteigne son poids adulte et la tenue de position, qui sert autant à la chasse qu’à la vie de famille. La méthode positive fonctionne bien à condition de rester constante. Le Curly encaisse mal la brutalité et se ferme durablement après une correction injuste. L’aboiement est modéré. Le chien signale, sans excès. En revanche, il a le sens du territoire plus développé que les autres retrievers et fait un chien d’alerte correct, ce qui n’était pas dans le cahier des charges d’origine mais surprend agréablement les propriétaires. ## Santé : hanches, coudes, yeux et deux tests ADN La race vieillit plutôt bien, avec une espérance de vie souvent située entre dix et douze ans, parfois davantage. Quelques affections reviennent dans les lignées et se dépistent. La dysplasie coxo-fémorale se lit sur une radiographie de bassin cotée de A à E selon le protocole officiel, A étant un chien indemne. La dysplasie du coude se cote de 0 à 3. Ces deux lectures sont la base : un éleveur qui ne les fournit pas pour les deux parents n’est pas sérieux, quelle que soit la rareté de la race. Côté yeux, l’atrophie progressive de la rétine et la cataracte figurent parmi les motifs de dépistage, avec un examen ophtalmologique annuel des reproducteurs et, pour certaines formes, un test ADN. Deux tests génétiques concernent plus spécifiquement le Curly : celui du collapsus d’effort, qui provoque une faiblesse brutale de l’arrière-train après quelques minutes d’excitation intense, et celui de la glycogénose de type IIIa, une maladie métabolique rare mais grave décrite dans la race. Les deux sont récessifs et un accouplement raisonné évite de produire des atteints. Reste un point de gêne quotidienne : l’alopécie en plaques, ou dysplasie folliculaire, qui fait perdre au chien des zones de boucles sur les flancs et la queue. Elle ne met pas la vie en jeu et se voit surtout sur les sujets foie. **Signe à ne pas banaliser** Un jeune chien qui titube de l’arrière après cinq à dix minutes de jeu intense, puis récupère en un quart d’heure, ne « manque pas de condition ». C’est le tableau typique du collapsus d’effort. Arrêtez l’activité, refroidissez le chien et faites faire le test ADN avant de reprendre le travail. ## Trouver un chiot et ce qu’il en coûte La difficulté principale n’est pas le prix, c’est la disponibilité. Les portées françaises sont rares et beaucoup d’acquéreurs passent par le Royaume-Uni, la Suède ou les Pays-Bas, avec les délais et les démarches que cela suppose. Une attente de plusieurs mois, parfois plus d’un an, est la norme, et l’éleveur choisit souvent ses familles autant qu’il est choisi. Le prix d’un chiot inscrit dans un livre des origines reconnu se situe dans la fourchette haute des retrievers de travail. Prévoyez surtout le coût de fonctionnement d’un grand chien sportif : alimentation d’un animal de 35 kg, antiparasitaires au format correspondant, une assurance santé qui coûte plus cher que pour un petit format et les frais vétérinaires liés à l’activité, coussinets coupés, épillets et otites de chien d’eau. Une habitude utile pour finir : après chaque baignade, essuyez l’intérieur du pavillon de l’oreille avec une compresse sèche. Les oreilles tombantes couvertes de boucles retiennent l’humidité, et l’otite du chien d’eau est le motif de consultation le plus banal chez cette race. --- ## À propos de l'auteur **Dico Chiens** — Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.