Terrier de Bedlington : tonte toutes les six semaines et test du cuivre
Un Terrier de Bedlington toiletté ressemble à un agneau. Cette silhouette arrondie, la tête en poire, le dos voussé, fait oublier ce qu’il y a dessous : un terrier de mineurs anglais sélectionné pour tuer le rat et courir le lapin. La race a aussi une particularité génétique qu’aucune fiche honnête ne peut passer sous silence, et qui figure plus bas dans cette page.
Un terrier né dans les corons du Northumberland
Son nom vient de Bedlington, bourg minier du nord-est de l’Angleterre. Les mineurs l’utilisaient contre la vermine dans les galeries et les fermes, et le faisaient courir pour le pari. Les croisements d’origine ont probablement fait intervenir du sang de lévrier, ce qui se lit encore dans la ligne du dos et dans l’allure : le Bedlington galope là où les autres terriers trottent.
La FCI le classe dans le groupe 3, celui des terriers. C’est une race rare en France, avec des naissances confidentielles chaque année et une poignée d’élevages actifs. L’attente d’un chiot se compte en mois, parfois plus d’un an.
Taille, poids et morphologie
La taille tourne autour de 41 cm au garrot, les femelles un peu en dessous, les mâles un peu au-dessus. Le poids se situe entre 8 et 10 kg pour un sujet en état. C’est donc un petit chien, mais pas un chien fragile : sous la toison, le corps est musclé et l’ossature correcte.
La tête est la pièce maîtresse du standard. Le crâne est étroit, arrondi, couvert d’une touffe de poils claire qui forme le toupet, sans stop marqué entre le crâne et le chanfrein : la ligne est continue du sommet du crâne au bout de la truffe. Les yeux sont petits, enfoncés, en amande. Les oreilles tombent à plat contre les joues et se terminent par une frange de poils fins.

Une toison bouclée qui ne tombe pas
Le poil est épais, frisé, avec un mélange de poils durs et de poils doux qui lui donne cette texture cotonneuse. Il ne mue pas comme un poil ordinaire : les poils morts restent pris dans la boucle au lieu de tomber. Conséquence directe, la race laisse très peu de traces dans la maison, ce qui la rend souvent citée pour les foyers gênés par les poils. Attention toutefois à ne pas confondre : peu de perte de poil ne signifie pas absence d’allergènes, qui proviennent surtout de la salive et des squames.
Les couleurs admises sont le bleu, le foie et le sable, chacun pouvant se porter avec des marques feu. Comme chez le Kerry Blue, les chiots naissent nettement plus foncés et s’éclaircissent en grandissant : un chiot presque noir donne un adulte bleu ardoise.
Le toilettage : une tonte toutes les six à huit semaines
C’est le poste contraignant de la race. Le poil poussant en continu, il faut le raccourcir régulièrement. Les élevages recommandent une coupe toutes les six à huit semaines, avec un patron précis : corps court, membres laissés plus fournis, tête sculptée en poire, franges d’oreilles conservées. Un toiletteur qui ne connaît pas la race a tendance à tout mettre à la même longueur, ce qui donne un chien correct mais qui ne ressemble plus à un Bedlington.
Entre deux coupes, un brossage hebdomadaire à la brosse à picots suffit à éviter les nœuds derrière les oreilles et aux aisselles. Comptez sur une facture de toilettage de l’ordre de 45 à 70 euros selon la région, soit un budget annuel qui pèse plus que l’alimentation d’un chien de ce format. Beaucoup de propriétaires finissent par apprendre à tondre eux-mêmes, avec une tondeuse et un peu de patience.
Le terrier sous les boucles
À la maison, c’est un chien doux, calme, très proche de ses maîtres, capable de passer l’après-midi contre une jambe. Dehors, le registre change. L’instinct de chasse reste vif : un lapin qui part, un chat inconnu qui traverse, et le chien est à cinquante mètres avant que le rappel ne sorte. Le rappel se travaille dès l’arrivée du chiot et reste perfectible toute la vie chez certains sujets.
Avec ses congénères, il est généralement sociable, mais il ne recule pas devant une provocation. Les mâles entiers peuvent se montrer raides entre eux. Avec les enfants, il est patient à condition d’avoir un endroit où se retirer. Il aboie modérément, moins qu’un Fox ou qu’un Jack Russell, ce qui le rend vivable en appartement si les sorties suivent.
Ses besoins tiennent en une heure d’activité quotidienne, avec des phases de course libre en terrain clos. Il est bon en agility et en cavage, et sa vitesse en surprend plus d’un au premier lâcher.
La toxicose cuivrique, le sujet à ne pas éluder
C’est la maladie héréditaire emblématique de la race : une accumulation anormale du cuivre dans le foie, faute de pouvoir l’éliminer normalement. Non traitée, elle mène à une hépatite chronique puis à une cirrhose. Les premiers signes sont peu spécifiques et arrivent souvent tard : baisse d’appétit, amaigrissement, vomissements, urines foncées, parfois un ictère.
La bonne nouvelle est que la mutation en cause chez le Bedlington est identifiée et qu’un test ADN existe. Un éleveur sérieux teste ses reproducteurs et vous fournit le statut des deux parents : indemne, porteur ou atteint. Un mariage entre deux porteurs se refuse. Demandez ces documents avant le versement d’un acompte, et non à la remise du chiot.
Autres dépistages et longévité
La race est également concernée par l’atrophie progressive de la rétine, qui se dépiste par examen ophtalmologique des reproducteurs chez un vétérinaire agréé, et par la luxation de la rotule, fréquente chez les petits formats et qui s’évalue par un examen clinique coté. Une dysplasie du coude a aussi été rapportée.
L’espérance de vie est bonne, de l’ordre de douze à quatorze ans, avec des sujets qui vont plus loin. Un Bedlington âgé garde longtemps son entrain, et les éleveurs signalent souvent une vieillesse tardive plutôt qu’un déclin progressif.
Trouver un chiot en France
Les portées étant rares, le passage par le club de race est le chemin le plus sûr pour identifier les élevages en activité. Le prix d’un chiot LOF se situe couramment entre 1 200 et 1 800 euros, tests parentaux à l’appui. Méfiance devant une annonce qui affiche une disponibilité immédiate et plusieurs chiots de couleurs différentes : la race ne produit pas ce volume en France.
Une dernière donnée pour trancher : entre le toilettage toutes les six à huit semaines et le test génétique à vérifier sur les parents, le Bedlington demande plus d’organisation que la plupart des chiens de son gabarit. Ceux qui l’acceptent gardent en général la race toute leur vie.
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