--- title: "L’Ariégeois, chien courant d’Ariège : taille, caractère, chasse" url: https://www.dicochiens.fr/les-habitants-dariege-un-voyage-au-coeur-de-lariegeois.html author: "Dico Chiens" date_published: 2024-11-06T07:31:13+01:00 date_modified: 2026-09-14T18:04:54+02:00 categories: ["Races"] image: https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2024/11/les-habitants-dariege-un-voyage-au-coeur-de-lariegeois-1.webp description: "L’Ariégeois a été fixé pour une seule chose : mener le lièvre à la voix, toute la journée, sur des terrains qui cassent les pattes. Tout le reste de la race découle..." site: "Dico Chiens" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # L’Ariégeois, chien courant d’Ariège : taille, caractère, chasse L’Ariégeois a été fixé pour une seule chose : mener le lièvre à la voix, toute la journée, sur des terrains qui cassent les pattes. Tout le reste de la race découle de là, y compris ce qui le rend difficile à vivre pour un propriétaire qui ne chasse pas. C’est un chien courant français de taille moyenne, blanc et noir, encore élevé aujourd’hui par une poignée de veneurs du sud-ouest. On le croise peu en ville. On l’entend de loin en montagne, et c’est précisément ce qu’on lui demande. ## Un chien de meute né dans les vallées de l’Ariège La race vient du piémont pyrénéen, où les chasseurs disposaient depuis longtemps de briquets locaux, plus légers que les grands chiens de vénerie. Pour gagner en nez et en voix sans perdre la vivacité, ces lignées locales ont été croisées avec les chiens courants bleus du Sud-Ouest, dans la famille du Grand Bleu de Gascogne et du Gascon-Saintongeois. Le résultat a été stabilisé au début du XXe siècle par des éleveurs ariégeois qui voulaient un chien plus fin, plus rapide, capable de tenir un lièvre dans les fourrés et les pierriers. La Fédération cynologique internationale le classe dans le groupe 6, celui des chiens courants et des chiens de recherche au sang, parmi les chiens courants de taille moyenne. La race est reconnue, standardisée, mais son effectif reste modeste : les portées partent quasiment toutes chez des chasseurs, souvent avant la naissance. **Ce que veut dire « chien courant »** Un chien courant ne rapporte pas et ne pointe pas. Il quête, lève le gibier, suit la piste au nez et donne de la voix pendant toute la poursuite pour que le chasseur suive la course à l’oreille. Cette voix n’est pas un défaut d’éducation : c’est la fonction même du chien, et on ne la supprime pas. ## Morphologie : un chien léger sous une allure de grand courant L’Ariégeois donne l’illusion d’un chien massif quand on ne l’a jamais vu de près. Il ne l’est pas. Un mâle adulte tourne autour de 55 cm au garrot, les femelles restant en dessous, pour une trentaine de kilos à peine. Le corps est allongé, la poitrine descendue, les membres secs. Rien ne dépasse, rien ne pèse : c’est un chien construit pour l’endurance, pas pour la force. La tête est fine, plus étroite que celle des chiens bleus dont il descend, avec un crâne légèrement bombé et un stop peu marqué. Les oreilles sont son signe le plus reconnaissable : longues, minces, souples, attachées bas et tournées vers l’intérieur, elles descendent jusque vers l’extrémité du nez. La peau est fine et souple, presque collée au corps, ce qui accentue l’impression de nervosité. La robe est blanche et noire. Les plaques noires sont nettes, parfois accompagnées de mouchetures sur le blanc. Des marques fauves pâles apparaissent souvent au-dessus des yeux et sur les joues. Le poil est ras, fin, sans sous-poil épais : il protège mal du froid mouillé et se sèche vite, ce qui compte pour un chien qui travaille dans la ronce et rentre trempé. ## Le caractère d’un chien qui travaille loin de vous À la maison, l’Ariégeois surprend par sa douceur. Il n’est ni méfiant ni bagarreur, il supporte bien ses congénères puisqu’il a été sélectionné pour travailler en meute, et il ne cherche pas le conflit avec les enfants. Beaucoup de chiens courants sont d’ailleurs plus faciles au repos que les races dites familiales. Dehors, c’est un autre chien. Le nez prend la main, et le nez ne négocie pas. Un Ariégeois qui a coupé une voie ne vous entend plus, quelle que soit la qualité de votre rappel. Ce n’est pas de la désobéissance au sens où on l’entend chez un berger : la motivation olfactive écrase tout le reste pendant plusieurs dizaines de minutes. Les propriétaires qui l’ignorent retrouvent leur chien à quinze kilomètres, ou pas du tout. **La fugue est le premier risque** La majorité des accidents chez les chiens courants tient à deux causes : la route et la perte pendant une quête. Un Ariégeois doit être pucé, tatoué ou porteur d’un collier GPS avant sa première sortie en terrain ouvert. Un jardin bordé d’un grillage d’un mètre vingt ne le retient pas s’il entend un lièvre partir de l’autre côté. ## Éducation : ce qui marche et ce qui ne marche pas La méthode dure ne donne rien avec lui. Il encaisse, se ferme, et le travail se dégrade. Ce qui fonctionne, c’est la répétition tranquille des mêmes demandes courtes, la récompense alimentaire et surtout une socialisation précoce à tout ce qui n’est pas un bois : la voiture, la laisse, les autres chiens, le vétérinaire. Le rappel se travaille dès huit semaines, en intérieur puis en terrain clos, et se maintient toute la vie du chien avec une récompense qui vaut mieux qu’une piste. Autant le dire franchement : chez un chien courant adulte, le rappel en pleine action reste incertain même après des mois de travail. Les chasseurs expérimentés ne comptent pas dessus, ils comptent sur le fait que le chien revient de lui-même une fois la chasse terminée. Le vrai chantier d’un Ariégeois de famille, c’est la solitude. Élevé en chenil avec ses congénères, il supporte mal de se retrouver seul dans un appartement huit heures par jour. Les hurlements qui suivent ne sont pas un caprice mais une détresse, et ils s’entendent dans tout l’immeuble. ## Vie quotidienne : le besoin d’exercice réel Deux petites sorties hygiéniques ne suffisent pas. Un Ariégeois adulte a besoin d’au moins une à deux heures de dépense par jour, dont une partie en terrain varié où il peut mettre le nez. Le vélo, le canicross et les longues randonnées lui conviennent bien. Le jeu de balle dans un salon ne l’intéresse pas trois minutes. Sans ce volume d’activité, il grossit vite et devient bruyant. C’est un chien qui dort beaucoup quand il a couru et qui devient ingérable quand il ne court pas. Sur ce point, les éleveurs sont unanimes et le disent ouvertement aux acheteurs non chasseurs qui se présentent. ![L’Ariégeois, chien courant d’Ariège](https://www.dicochiens.fr/wp-content/uploads/2024/11/les-habitants-dariege-un-voyage-au-coeur-de-lariegeois.webp) ## Santé et entretien d’un poil ras La race n’a pas été abîmée par la sélection esthétique, ce qui la protège de beaucoup de problèmes qu’on voit ailleurs. Aucune exagération morphologique : pas de museau écrasé, pas de dos plongeant, pas de peau surabondante. Les éleveurs qui produisent pour la chasse écartent d’office un chien qui boite ou qui manque de souffle. Cela ne veut pas dire zéro souci. La dysplasie coxo-fémorale existe chez tous les chiens de ce format et se dépiste par radiographie avec une cotation officielle de A à E ; demander les résultats des parents reste le réflexe de base. Les oreilles longues et tombantes ferment le conduit auditif et favorisent les otites : un contrôle et un nettoyage après chaque sortie évitent la plupart des ennuis. Les blessures de terrain, coupures de coussinets, épillets entre les doigts, accrocs sur les ronces, font partie du quotidien d’un chien qui travaille. **Le geste hebdomadaire** Poil ras : un gant de caoutchouc une fois par semaine suffit, et davantage pendant les deux mues annuelles. Le temps gagné au brossage se reporte sur les oreilles, à vérifier bien plus souvent que chez un chien à oreilles droites. Un épillet remonté dans le conduit se termine chez le vétérinaire, sous anesthésie. ## Trouver un chiot et ce qu’il faut demander L’Ariégeois ne se trouve pas en animalerie et ne se trouve presque pas sur les sites de petites annonces généralistes. On passe par le club de race ou par le bouche-à-oreille entre chasseurs. Les naissances annuelles restent confidentielles à l’échelle française, et une attente de plusieurs mois est normale. Un éleveur sérieux vous fera voir la mère, vous parlera de son travail au bois avant de vous parler de son allure, et acceptera les questions sur les hanches et sur le caractère des chiens de la lignée. Il vous demandera aussi ce que vous comptez faire du chien. Un naisseur qui vend un chiot d’Ariégeois à un citadin sans chasse ni sport n’a pas rendu service à l’acheteur. **Budget au-delà du prix d’achat** Les frais récurrents pèsent plus que l’achat : vaccins annuels, vermifuges renforcés chez un chien qui court en nature, antiparasitaires contre les tiques toute la belle saison, alimentation d’un chien sportif d’une trentaine de kilos. Ajoutez le matériel de suivi si vous chassez, et la facture de la première blessure de terrain. ## Pour qui cette race n’est pas faite Le portrait est clair : un chien doux, sain, sans excès morphologique, endurant, sociable avec ses congénères. Le revers est tout aussi clair. Une voix puissante qui porte, un rappel aléatoire hors d’un terrain clos, un besoin de dépense qui dépasse largement la promenade du soir, une intolérance à la solitude prolongée. Un Ariégeois vit bien chez un chasseur, chez un pratiquant de canicross, chez quelqu’un qui habite à l’écart avec un terrain bien clôturé. Il vit mal au troisième étage d’un immeuble avec un maître absent la journée. Les chiens courants remplissent les refuges pour cette raison précise, et l’Ariégeois n’y échappe pas. Si le profil vous correspond, comptez sur une douzaine d’années de vie commune avec un chien qui demande peu de toilettage, mange beaucoup et vous obligera à sortir par tous les temps. --- ## À propos de l'auteur **Dico Chiens** — Ah, les chiens ! Ces créatures mystérieuses et fascinantes qui ont conquis le cœur de millions de personnes à travers le monde. Si vous êtes comme moi, obsédé par le meilleur ami de l'homme, alors vous êtes au bon endroit.