Cocker Anglais : lignée de travail ou lignée de beauté, comment choisir
Un Cocker Anglais qui a trouvé une odeur ne marche plus, il fouille. La queue bat à un rythme qui ne trompe pas, le nez reste au sol, le chien décrit des zigzags serrés dans les ronces. C’est pour ce travail que la race a été construite, et c’est ce moteur-là qu’on retrouve intact dans le salon d’un appartement parisien.
Voici la fiche complète de la race : ce que dit le standard, ce que change la lignée dont vient votre chiot, les maladies dépistables et le budget réel.
La bécasse dans le nom de la race
Le mot cocker vient de woodcock, la bécasse en anglais. Ces spaniels de petit format étaient employés pour débusquer l’oiseau dans le couvert bas, une fonction qui exigeait de la compacité, du nez et une capacité à travailler sans se lasser dans les épines.
Jusqu’au XIXe siècle, les spaniels britanniques formaient un ensemble mal séparé où le poids d’un chiot à l’âge adulte décidait s’il serait classé cocker ou springer, parfois au sein d’une même portée. Le Kennel Club britannique a tranché à la fin du XIXe siècle en établissant le Cocker Spaniel comme race à part entière. La FCI le rattache aujourd’hui au groupe 8, section des chiens leveurs de gibier, sous l’intitulé Cocker Spaniel Anglais, pays d’origine la Grande-Bretagne.
Lignées de travail ou lignées de beauté
Cette question détermine la vie que vous allez mener avec le chien, davantage que le sexe ou la couleur. Les deux populations se sont écartées depuis des décennies.
Le cocker de travail, dit field, a le poil plus court, les oreilles attachées un peu plus haut, la tête moins fournie, la queue très mobile. Son besoin d’activité est important : sans occupation de flair quotidienne, il invente lui-même son travail, et le résultat déplaît généralement à la famille.
Le cocker d’exposition, dit show, porte davantage de poil, la tête est plus travaillée, le mouvement plus ample. Il reste actif, mais il se contente d’un rythme que la plupart des foyers peuvent tenir. Les éleveurs sérieux annoncent clairement la lignée de leur cheptel, et la question se pose dès le premier appel téléphonique.
Ce que dit le standard
Le Cocker Anglais mesure environ 39 à 41 cm au garrot chez le mâle, 38 à 39 cm chez la femelle, pour un poids qui tourne autour de 12,5 à 14,5 kg. Le format est compact, le corps pas plus long que haut, la poitrine bien descendue.
La tête se distingue nettement de celle de son cousin américain : museau et crâne de longueur comparable, stop bien défini mais sans exagération, museau carré, truffe large pour un chien de cette taille. Les yeux sont foncés, ni saillants ni enfoncés, avec cette expression douce qui a fait la réputation de la race. Les oreilles, attachées au niveau de l’œil, sont longues et couvertes de poil soyeux.
Unicolores, particolores et rouans
La palette est large. Côté unicolores : noir, rouge, doré, foie, noir et feu, foie et feu. Côté particolores : les bicolores à plaques nettes, les rouans où le blanc est envahi de poils colorés qui donnent le bleu rouan, l’orange rouan ou le foie rouan, et les tricolores. Chez les unicolores, une petite marque blanche à la poitrine est tolérée, mais le blanc envahissant ne l’est pas.
Le poil est plat et soyeux, jamais bouclé ni frisé, avec des franges modérées aux membres et sous le ventre. Un entretien de deux brossages hebdomadaires suffit sur un chien de lignée courante, complété par un dégagement du poil sous les oreilles et entre les coussinets.
Le caractère : joyeux, gourmand, collant
La race a une humeur de fond très stable. Le Cocker Anglais s’intéresse à tout, salue tout le monde, remue de l’arrière-train entier plutôt que de la queue seule. Il déteste l’isolement et cherche la présence humaine dans la pièce où il se trouve.
Sa gourmandise est un outil d’éducation et un piège : c’est une race qui prend du poids sans qu’on s’en aperçoive, parce que le poil masque la silhouette. Pesez la ration, ne complétez pas à l’œil.
Le nez commande. Un cocker en promenade libre qui capte une piste de lapin peut couvrir plusieurs centaines de mètres avant de réentendre son nom. Le rappel se construit tôt, à la longe, avec une récompense qui vaut mieux que la piste, ce qui suppose du fromage ou du poulet et pas des croquettes ordinaires.
Le sujet du cocker doré qui grogne
Il faut en parler, parce que la question revient chez tous les propriétaires qui se renseignent. Des cas de comportements d’agression soudaine, souvent décrits chez des sujets unicolores dorés ou rouges, ont été rapportés dans la littérature vétérinaire britannique sous divers noms. Les explications avancées vont d’une composante génétique à une confusion avec des douleurs non diagnostiquées ou des problèmes d’apprentissage.
Ce qu’il faut en retenir sans dramatiser : le phénomène reste minoritaire, il ne concerne pas la majorité des cockers dorés, mais un chien qui se raidit et grogne quand on l’approche de son panier n’est jamais à corriger physiquement. Il se fait examiner par un vétérinaire, puis suivre par un comportementaliste vétérinaire. Une douleur d’oreille ou de hanche explique beaucoup de raideurs prises pour du caractère.
Les dépistages disponibles
La néphropathie familiale est la maladie génétique la mieux documentée de la race : elle atteint le rein du jeune chien et se dépiste par un test ADN. Ce test devrait figurer dans le dossier de tout élevage de cockers anglais.
L’atrophie rétinienne progressive dans sa forme prcd dispose également d’un test ADN. Une neuropathie de l’adulte, décrite chez la race sous l’acronyme AON, fait aussi l’objet d’un dépistage génétique. La dysplasie coxo-fémorale se contrôle par radiographie et cotation officielle des reproducteurs.
À cela s’ajoutent les affections non génétiques les plus banales : otites récidivantes liées à la conformation de l’oreille, épillets en été, conjonctivites. L’espérance de vie tourne autour de douze à quatorze ans.
Combien coûte un Cocker Anglais
Le tarif d’un chiot inscrit au LOF dépend de la lignée, des titres des parents et de la région. Les élevages qui pratiquent l’ensemble des tests génétiques disponibles se situent dans le haut de la fourchette, et c’est cohérent : chaque test se paie, tout comme le suivi échographique de la gestation.
Au budget annuel, prévoyez l’alimentation d’un chien de treize kilos, la vaccination, l’antiparasitaire externe et interne, une visite de contrôle et une provision pour les oreilles. Le toilettage, s’il est confié à un professionnel, s’ajoute plusieurs fois dans l’année.
Un dernier repère pour ceux qui hésitent avec un appartement : le Cocker Anglais y vit très bien, il occupe peu de place et se pose facilement à l’intérieur. Ce qu’il ne supporte pas, ce sont les journées entières sans sortie ni activité de nez. Le mètre carré n’est pas le critère, le nombre de sorties l’est.
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