Braque Allemand à Poil Court : 66 cm, deux heures de dépense par jour

Braque Allemand à Poil Court

Le Braque Allemand à Poil Court, le Deutsch Kurzhaar, est le chien d’arrêt continental le plus utilisé au monde. Un mâle mesure entre 62 et 66 cm au garrot pour 25 à 32 kilos, il quête au galop, marque l’arrêt, rapporte à l’eau et suit une voie de sang. Cette polyvalence n’est pas un argument commercial : c’est le cahier des charges que les Allemands ont imposé à la race pendant plus d’un siècle.

C’est aussi pourquoi ce chien est un mauvais choix pour beaucoup de foyers. Un moteur pareil ne se range pas dans un appartement le temps d’une semaine de travail.

Une race construite par la sélection sur épreuve

Le Deutsch Kurzhaar naît en Allemagne au XIXe siècle, du croisement de vieux chiens d’oysel allemands avec des braques espagnols et italiens, puis avec du Pointer anglais pour gagner en vitesse et en style de quête. Le prince Albrecht zu Solms-Braunfels a joué un rôle central dans la fixation du type et surtout dans la mise en place des épreuves de travail.

C’est ce dernier point qui fait la race. En Allemagne, un chien ne peut pas être inscrit à la reproduction sans avoir passé des épreuves de terrain : quête, arrêt, rapport, travail à l’eau, recherche au sang. La conformation seule ne suffit jamais.

La race relève du groupe 7 de la FCI, celui des chiens d’arrêt, section des chiens d’arrêt continentaux, type braque. Le patronage est allemand.

Standard : format, poids, mensurations

Les mâles mesurent de 62 à 66 cm au garrot, les femelles de 58 à 63 cm. Le poids va de 25 à 32 kg chez le mâle, de 20 à 27 kg chez la femelle. La silhouette est presque carrée, à peine plus longue que haute, avec un dos court et un rein solide.

La poitrine est haute plutôt que large, ce qui laisse de la place aux poumons sans gêner le mouvement des épaules. Les membres sont secs, les angulations franches, les pieds ronds et serrés. Un bon Kurzhaar au trot couvre du terrain sans effort apparent, l’allure est basse et rasante.

La tête est ciselée, le chanfrein légèrement busqué, la truffe large et ouverte, les oreilles tombantes attachées haut, plates contre les joues. Les yeux sont brun foncé de préférence ; un œil clair est un défaut du point de vue du standard, pas un problème de santé.

Les robes : bien plus que le marron truité

La plus connue est le marron truité, ce fond blanc si densément moucheté de marron qu’il paraît gris de loin. Existent aussi le marron uni, le marron uni à petites marques blanches au poitrail, le marron rouanné et les mêmes déclinaisons en noir, appelées « Schwarzschimmel » chez les Allemands.

Les marques feu sont possibles chez certains sujets. Ce que le standard n’admet pas, en revanche, c’est le foie et blanc dilué façon isabelle, ni les robes tricolores fantaisie que l’on voit apparaître dans des annonces vantant une couleur « rare ». Une couleur rare dans un chien de race, c’est presque toujours une couleur hors standard vendue plus cher.

Le poil est court, dur au toucher, dense et bien couché, plus fin sur la tête et les oreilles. Il ne mesure guère plus d’un centimètre et demi.

Braque Allemand à Poil Court

Le poil court trompe sur l’entretien

Le brossage se limite à un passage hebdomadaire au gant de caoutchouc, qui suffit à retirer le poil mort. La race perd pourtant beaucoup, et ces poils courts et raides se plantent dans les tissus : un canapé en velours et un Kurzhaar font mauvais ménage.

Ce poil ras a une conséquence que les acheteurs découvrent le premier hiver. Le chien n’a presque pas de sous-poil et il est frileux, surtout après un bain en eau froide en novembre. Un manteau technique pour les longues attentes au poste n’est pas un caprice de citadin.

À l’inverse, il supporte bien la chaleur, à condition d’avoir de l’ombre et de l’eau. Les zones à peau claire, notamment le ventre et la truffe des sujets à fond blanc, peuvent brûler au soleil d’été.

Le niveau d’énergie réel, sans enrobage

C’est le point sur lequel les fiches complaisantes trompent le plus de monde. Un Deutsch Kurzhaar adulte a besoin de deux heures d’activité par jour, dont une bonne partie en course libre. Pas deux promenades de vingt minutes : deux heures.

Un chien sous-employé de cette race ne s’endort pas sur le tapis, il invente du travail. Aboiements, destruction de plinthes, poursuite des vélos, vol de nourriture sur le plan de travail, arrachage de la végétation du jardin. Ce sont les motifs de consultation comportementale les plus fréquents chez les jeunes Kurzhaar en foyer sédentaire.

La bonne nouvelle est qu’un chien correctement dépensé est d’une douceur étonnante à la maison. Il colle, il se couche sur les pieds, il dort profondément. Le cani-cross, la recherche utilitaire, l’agility et le pistage sportif conviennent bien à ceux qui ne chassent pas.

Santé : les points à dépister avant l’achat

La dysplasie coxo-fémorale figure en tête. Le dépistage se fait par radiographie officielle, avec une cotation de A à E : demandez les résultats des deux parents, pas seulement du père. La dysplasie du coude suit le même principe.

La maladie de von Willebrand, un trouble héréditaire de la coagulation, est décrite dans la race. Un test génétique existe et permet de classer les reproducteurs, ce qui évite d’accoupler deux porteurs. C’est une question précise à poser à l’éleveur, et sa réponse vous renseignera beaucoup sur son sérieux.

La torsion d’estomac menace ce chien à thorax profond. Deux repas par jour au lieu d’un seul, pas d’effort violent dans l’heure qui suit, et une réaction immédiate devant un chien qui tente de vomir sans rien produire avec un ventre tendu. Les affections oculaires comme l’entropion et les otites liées aux oreilles tombantes complètent le tableau. L’espérance de vie tourne autour de 12 à 14 ans.

Lignées de travail contre lignées d’exposition

La race a globalement mieux résisté que d’autres à la séparation entre beauté et travail, grâce au système allemand d’épreuves obligatoires. La différence existe malgré tout, et elle se voit sur le terrain.

Les lignées de travail donnent des chiens plus légers, plus nerveux, avec une quête plus large et un besoin de dépense supérieur. Les lignées orientées exposition produisent des sujets un peu plus étoffés et souvent plus posés à la maison. Pour un foyer non chasseur qui pratique du sport canin le week-end, le second profil est plus vivable, et les éleveurs honnêtes le disent d’eux-mêmes.

Le meilleur filtre avant d’acheter reste simple : demandez à l’éleveur ce que ses chiens font le mardi matin. S’ils travaillent, s’ils sortent, s’ils sont testés, vous saurez de quelle lignée vient votre chiot, et à quelle dépense quotidienne vous vous engagez pour les douze prochaines années.

Résumer cet article avec :

Partager :