Basenji : le chien sans aboiement, fiche de race et santé

Basenji

Le Basenji n’aboie pas. C’est vrai, et c’est à peu près la seule chose que le grand public sache de lui. Le reste de la race mérite autant d’attention : une femelle qui n’a qu’une seule période de chaleurs par an, une maladie rénale héréditaire dépistable par test ADN, et un tempérament d’indépendant qui décourage régulièrement les propriétaires venus chercher un petit chien facile.

C’est un chien primitif d’Afrique centrale, de petit format, à poil ras, avec une queue enroulée sur la croupe et un front plissé quand il dresse les oreilles. La Fédération cynologique internationale le range dans le groupe 5, celui des chiens de type spitz et de type primitif, dans la section des chiens de type primitif.

Un chasseur de brousse devenu chien de ville

Le Basenji vient du bassin du Congo, où il travaillait avec les chasseurs des peuples de la forêt. Sa mission consistait à rabattre le petit gibier vers des filets tendus dans la végétation. Comme il ne donnait pas de la voix, ses maîtres lui attachaient au cou une clochette de bois pour le repérer dans les fourrés. La sélection s’est faite sur l’utilité pure, pendant très longtemps, sans registre d’élevage ni concours de beauté.

Les premières tentatives d’importation vers l’Europe au XIXe siècle ont échoué, les chiens mourant de maladies contre lesquelles ils n’étaient pas immunisés. L’élevage occidental n’a réellement démarré qu’au XXe siècle, en Angleterre d’abord, à partir d’un tout petit nombre de fondateurs. Cette base étroite a plus tard justifié l’importation de nouveaux chiens d’Afrique centrale pour élargir le patrimoine génétique de la race, une démarche rare en cynophilie et plutôt saine.

Le format et la robe

C’est un chien léger. Le mâle mesure autour de 43 cm au garrot pour une dizaine de kilos, la femelle un peu moins dans les deux dimensions. La construction est carrée, haute sur pattes, sèche, sans lourdeur. Il donne une impression de gazelle plus que de terrier.

La tête porte le signe le plus reconnaissable de la race : un front finement plissé lorsque les oreilles se dressent, ce qui lui donne cet air perpétuellement étonné. Les yeux sont en amande, foncés, très expressifs. La queue s’enroule serrée sur le dos, appuyée sur une hanche.

Le poil est court, fin, couché, presque sans sous-poil. Les robes admises associent toujours du blanc aux pieds, au poitrail et au bout de la queue : rouge et blanc, noir et blanc, tricolore noir, feu et blanc, ou bringé et blanc. Ce poil ras a une conséquence directe sous nos climats : le Basenji a froid. Un manteau en hiver n’est pas une fantaisie de propriétaire, c’est un besoin réel pour un chien conçu pour la forêt équatoriale.

Une seule saison de chaleurs par an

Chez la quasi-totalité des races, la femelle est en chaleurs deux fois par an. La Basenji femelle n’en a qu’une, généralement à l’automne, comme les canidés sauvages. C’est un trait de race primitive que les éleveurs connaissent bien et qui explique en partie la rareté des portées : une chienne ne produit qu’une portée par an au maximum, et les naisseurs sont peu nombreux.

Cette particularité a une conséquence pratique pour l’acheteur. La disponibilité des chiots se concentre sur une partie de l’année, et l’attente peut dépasser douze mois chez un élevage sélectif. Un vendeur qui propose des chiots de Basenji toute l’année, en continu, travaille probablement avec plusieurs chiennes poussées ou avec des importations.

Le caractère : un chat dans un corps de chien

La comparaison revient dans la bouche de tous les propriétaires. Le Basenji se lave lui-même, ne sent presque rien, choisit son coin de soleil et décide seul de venir vers vous. Il s’attache profondément à sa famille tout en gardant une réserve nette avec les inconnus.

Son intelligence n’est pas en cause, sa coopération l’est. Il comprend parfaitement ce qu’on lui demande et évalue ensuite si l’affaire l’intéresse. Le dressage classique par répétition l’ennuie en quelques minutes ; les séances courtes, variées et payées en nourriture donnent de bien meilleurs résultats. Le rappel reste incertain toute sa vie.

L’instinct de prédation est intact. Un Basenji poursuit un chat, un lapin ou un écureuil sans réfléchir, escalade ce qui peut l’être et se glisse par une ouverture qu’on croyait trop étroite. Les éleveurs recommandent une clôture haute, sans point d’appui, et beaucoup de vigilance à l’ouverture de la porte d’entrée.

Basenji rouge et blanc, oreilles dressées, front plissé et queue enroulée sur le dos

Santé : la race la mieux testée de son groupe

Le Basenji a l’avantage rare d’avoir plusieurs de ses maladies héréditaires identifiées et dépistables par test ADN. Un éleveur qui ne peut pas produire ces résultats pour les deux parents n’a pas fait son travail, quel que soit le charme des chiots.

Le syndrome de Fanconi est le plus connu. C’est une atteinte des tubules rénaux qui entraîne une fuite de glucose, d’acides aminés et d’électrolytes dans les urines. Le chien boit énormément, urine beaucoup, maigrit malgré un appétit conservé. Un test ADN existe et permet de connaître le statut des reproducteurs. Le dépistage clinique se fait par bandelette urinaire à la recherche de glucose, à pratiquer une fois par mois à partir de l’âge adulte chez les chiens dont le statut génétique n’est pas rassurant. Pris tôt, le syndrome se gère par un protocole de supplémentation ; découvert tard, il abrège nettement la vie du chien.

L’atrophie progressive de la rétine dispose également d’un test ADN dans cette race, tout comme le déficit en pyruvate kinase, à l’origine d’une anémie hémolytique héréditaire. L’hypothyroïdie et les troubles digestifs chroniques de type entéropathie sont par ailleurs signalés par les clubs. Sur le reste, ce petit chien sec vieillit bien : l’espérance de vie dépasse souvent treize ans.

Ce qu’il faut demander avant d’acheter

Les portées françaises sont peu nombreuses et concentrées sur quelques élevages. Prévoyez de contacter le club de race, de patienter, et de vous déplacer. Sur place, demandez les statuts génétiques des parents pour le syndrome de Fanconi, l’atrophie rétinienne et le déficit en pyruvate kinase, ainsi que le pedigree et l’identification par puce.

Posez aussi la question du caractère de la lignée. Certaines familles produisent des chiens plus sociables avec leurs congénères que d’autres, et cette information vaut mieux que n’importe quelle description générale de la race. Un naisseur honnête vous dira aussi que le Basenji ne convient pas à un premier chien, ni à un foyer qui cherche un compagnon obéissant et démonstratif.

Ceux qui tiennent le coup y restent souvent à vie. Les propriétaires de Basenji reprennent rarement une autre race : après ce chien, l’obéissance spontanée d’un labrador leur paraît étrangement facile.

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