Basset Bleu de Gascogne : fiche de race, taille, caractère et santé
Le Basset Bleu de Gascogne est un chien courant français, sélectionné pour chasser à la voix sur des pattes courtes. Tout ce qui surprend chez lui à la maison vient de là : une truffe qui passe avant le rappel, une voix grave qui porte loin, un besoin de marcher longtemps plutôt que vite. C’est aussi une race confidentielle, y compris en France, où les naissances inscrites au LOF restent peu nombreuses d’une année sur l’autre.
Un chien courant du Sud-Ouest avant d’être un chien de maison
La Gascogne a produit toute une famille de chiens bleus : le Grand Bleu de Gascogne, le Petit Bleu, le Griffon Bleu et le Basset. Le Basset en est la version raccourcie, obtenue en fixant des membres courts sur un chien de quête au nez très fin. L’objectif était pratique. Un chasseur à pied ne suit pas un Grand Bleu lancé sur une voie ; il suit un chien qui travaille lentement, méthodiquement, et qui donne de la voix pour se faire situer.
Cette fonction d’origine explique le reste. Le Basset Bleu chasse le lièvre, le lapin, parfois le chevreuil, et il le fait en meute ou en petit groupe. Un chien construit pour hurler dans un bois de chênes ne devient pas silencieux parce qu’il déménage en lotissement. Les éleveurs le disent sans détour aux familles qui appellent : la voix fait partie de la race, on la canalise, on ne la supprime pas.
La robe bleue est une illusion d’optique
Le bleu du Basset Bleu de Gascogne n’existe pas. Le fond de la robe est blanc, entièrement moucheté et truité de noir, et c’est le mélange optique des deux qui produit à distance cette teinte ardoise un peu délavée. À un mètre, on voit des taches. À vingt mètres, on voit un chien bleu. Les marques de feu complètent l’ensemble : au-dessus des yeux, où elles dessinent les fameuses quatre yeux, sur les joues, à l’intérieur des oreilles, sur les membres et sous la queue.
Le poil est court, ras, bien couché, assez fourni pour tenir dans les ronces. Il ne demande pas de toilettage, seulement un coup de gant de caoutchouc ou de brosse souple une fois par semaine, davantage au printemps et à l’automne quand la mue s’installe. En revanche il retient la boue et l’odeur : un Basset Bleu rentré d’une matinée humide sent le chien courant, franchement, et aucune eau de toilette canine n’y changera grand-chose.
Morphologie et taille au garrot
C’est un chien bas sur pattes mais long de corps, avec une ossature lourde pour son format. Le standard le situe aux alentours de trente-cinq centimètres au garrot, avec quelques centimètres d’écart entre mâles et femelles, pour un poids qui tourne autour de seize à vingt kilos. Un adulte bien fait pèse donc plus lourd qu’il n’en a l’air : sur une table de consultation, la surprise est fréquente.
La tête est longue, étroite, avec un crâne en dôme et une protubérance occipitale marquée. Les oreilles sont l’élément le plus caractéristique : implantées bas, fines, papillotées, elles dépassent l’extrémité du nez quand on les tire vers l’avant. Les yeux, ovales et bruns, montrent souvent un peu de muqueuse à la paupière inférieure, ce qui donne l’expression triste de la race. Cette conformation a un coût sanitaire, on y revient plus bas.
Le caractère d’un chien de meute
Sociable avec ses congénères, c’est la première chose que remarquent les gens qui en croisent un. Un chien élevé pour travailler à plusieurs supporte mal la solitude et supporte très bien la compagnie d’un autre chien. Beaucoup d’éleveurs conseillent d’ailleurs de ne pas le laisser seul huit heures par jour dans un appartement : il ne détruit pas forcément, mais il chante, et les voisins finissent par écrire.
Avec les enfants, il est patient, tolérant, souvent plus calme à la maison qu’on ne l’imagine. Un chien courant au repos dort beaucoup. Le problème n’est pas l’excitation en intérieur, c’est ce qui se passe dès que la porte s’ouvre. Le nez prend la main, le chien part sur une voie et n’entend plus rien pendant de longues minutes. Ce n’est pas de la désobéissance, c’est un cerveau occupé à autre chose.
Éduquer un chien qui décide tout seul
L’éducation demande de la répétition et beaucoup de nourriture. Ce chien n’a pas la docilité mécanique d’un berger, il négocie. Les méthodes coercitives donnent un chien qui se ferme et qui attend que ça passe. Les méthodes à la récompense marchent mieux, à condition d’accepter que le résultat soit moins spectaculaire qu’avec un Border Collie et de travailler dans un environnement pauvre en odeurs avant de sortir en forêt.
Deux exercices méritent d’être installés très tôt. La marche en laisse d’abord : un chien lourd et déterminé tire très fort pour sa taille, et un harnais mal choisi aggrave le problème au lieu de le régler. Le retour au pied ensuite, travaillé en jeu, jamais comme une punition qui mettrait fin à la balade. Un chien rappelé pour être attaché apprend vite à ne plus revenir.
Oreilles, dos, poids : les trois points de vigilance
Les longues oreilles pendantes ferment le conduit auditif et créent un milieu chaud et humide. Les otites externes sont le motif de consultation numéro un chez les bassets. Un nettoyage régulier avec une solution auriculaire adaptée, et surtout un séchage soigneux après chaque bain ou chaque sortie sous la pluie, évitent la majorité des récidives. Une oreille qui sent fort est déjà une oreille malade.
Le dos vient ensuite. Les membres courts du Basset viennent d’une chondrodystrophie, c’est-à-dire d’une modification du développement du cartilage, la même famille de mécanismes qui fragilise les disques intervertébraux du Teckel. Le Basset Bleu est moins exposé que lui, mais il n’est pas à l’abri. Concrètement : pas de saut du canapé ni du coffre de la voiture, une rampe pour monter, et un chien maintenu mince toute sa vie.
Le poids est justement le troisième point, et c’est celui sur lequel le propriétaire a le plus de prise. Un chien courant à l’arrêt, nourri à la gamelle libre et récompensé toute la journée, grossit vite. Chaque kilo superflu se paie sur les disques, sur les articulations et sur l’espérance de vie. On doit sentir les côtes sous une pression légère, sans les voir. La paupière inférieure un peu lâche justifie enfin une surveillance des yeux, avec parfois une conjonctivite à répétition.
Alimentation et entretien courant
Rien d’original côté gamelle : un aliment complet adapté à un chien moyen actif, pesé et non rempli à l’œil, réparti en deux repas. Les friandises de travail se déduisent de la ration, sinon la balance grimpe. Les griffes poussent vite chez un chien qui marche sur herbe plus que sur bitume, et une griffe trop longue déforme la position du pied : coupe toutes les trois à quatre semaines, ou lime si le chien accepte mal la pince.
Côté dépense physique, comptez deux sorties longues par jour, une heure au total au minimum, dont une bonne partie en terrain varié où le chien peut renifler. Une heure de piste fatigue davantage un chien courant qu’une heure de course. Les propriétaires qui s’ennuient en promenade lui apprennent à chercher des friandises cachées ou se mettent au pistage de loisir, qui utilise exactement ce pour quoi la race a été construite.
Pour qui cette race est faite
Le Basset Bleu de Gascogne convient à quelqu’un qui marche, qui habite là où un chien peut aboyer sans créer un conflit de voisinage, et qui accepte de ne jamais lâcher son chien n’importe où. Il ne convient pas à un citadin absent toute la journée, ni à une personne qui cherche un chien obéissant dès le premier mois. Ceux qui l’aiment parlent d’un chien doux à la maison, têtu dehors, et qui se souvient de toutes les odeurs d’un chemin parcouru un an plus tôt.
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