Chiens faciles d’entretien : ce que demande vraiment chaque type de poil
Quand on demande un chien facile d’entretien, on mélange en général trois questions différentes : combien de temps je passe la brosse, combien je laisse chez le toiletteur, et combien de poils je ramasse sur le canapé. Les réponses ne vont pas ensemble. Un Labrador ne coûte rien en toilettage et couvre la maison de poils deux fois par an. Un Caniche ne perd presque rien et passe chez le toiletteur toutes les six à huit semaines pendant quinze ans.
Le classement qui suit range donc les races par type de poil, parce que c’est le poil qui décide du travail, pas la taille du chien ni son caractère.
Poil court et fin, sans sous-poil : le minimum absolu
Le Whippet, le Greyhound, le Dobermann, le Pinscher, le Braque de Weimar à poil court et le Basenji appartiennent à cette catégorie. Un gant de caoutchouc passé une fois par semaine suffit, la mue est discrète, et ces chiens ne vont jamais chez le toiletteur de leur vie.
La contrepartie est thermique. Un chien sans sous-poil et sans gras sous-cutané a froid dès que la température baisse, et il lui faut un manteau en hiver. Sa peau est aussi plus exposée au soleil sur le ventre et le chanfrein, en particulier chez les sujets clairs.
Poil court à sous-poil dense : la fausse bonne idée
Beaucoup de gens choisissent un Labrador, un Beagle, un Corgi ou un Berger Allemand en se disant que le poil court demande peu. Le poil court, oui. Le sous-poil, non. Ces races muent deux fois par an de façon spectaculaire, et le sous-poil mort sort en plaques pendant trois à quatre semaines.
Le matériel change tout : un peigne à sous-poil ou une étrille passés tous les jours pendant la mue retirent en dix minutes ce qui finirait autrement dans la maison. Le reste de l’année, un brossage hebdomadaire suffit. Chez le Husky et l’Akita, la mue est encore plus impressionnante et un bain dégraissant avec soufflage chez le toiletteur, deux fois l’an, fait gagner un temps considérable.
Poil qui pousse en continu : le budget toiletteur
Le Caniche, le Bichon frisé, le Coton de Tuléar, le Shih Tzu, le Yorkshire Terrier, le Bichon maltais et le Lhassa Apso ne perdent presque pas de poils, parce que leur poil ne tombe pas : il pousse, comme un cheveu. Il faut donc le couper, et le démêler entre deux coupes.
Concrètement, cela signifie un passage chez le toiletteur toutes les six à huit semaines, et un brossage à fond deux à trois fois par semaine avec une brosse à picots et un peigne métallique pour vérifier qu’aucun nœud ne s’est formé sous les aisselles, derrière les oreilles et à l’arrière-train. Un chien qui arrive feutré chez le toiletteur ne peut être que tondu à ras : le démêlage d’un poil feutré est douloureux et interdit par le règlement professionnel dans beaucoup de salons.
Entre deux rendez-vous, le travail fait à la maison décide de ce que le toiletteur pourra faire. Un poil démêlé jusqu’à la peau se travaille aux ciseaux et garde de la longueur ; un poil qui a commencé à feutrer se tond court, et la coupe repart de zéro. C’est pour cette raison que deux chiens de la même race sortent parfois du salon avec des allures opposées, sans que le toiletteur y soit pour grand-chose.
Poil dur : une technique à part
Le Schnauzer, le Fox-terrier, l’Airedale, le Griffon Korthals, le Teckel à poil dur et le Cairn Terrier ont un poil rêche qui, dans les règles de l’art, s’épile à la main plutôt qu’il ne se tond. Ce stripping retire le poil mort à la racine et laisse repousser un poil dur, coloré et imperméable. Une tondeuse, elle, coupe le poil en laissant la racine : le poil repousse plus mou, plus clair, et la texture se perd définitivement au bout de quelques années.
Tous les toiletteurs ne pratiquent pas l’épilation manuelle, qui demande du temps et de la main. Vérifiez ce point avant de choisir la race.
Les détails qui font la vraie charge de travail
Les oreilles tombantes et velues du Cocker, du Basset Hound ou du Caniche ferment le conduit auditif et retiennent l’humidité. Contrôle hebdomadaire et nettoyage avec une solution auriculaire, sans coton-tige enfoncé dans le conduit. Les otites à répétition sont le premier motif de consultation chez plusieurs de ces races.
Les plis du Shar Peï, du Carlin, du Bulldog Anglais et du Bouledogue Français macèrent s’ils ne sont pas essuyés. C’est un geste quotidien, pas hebdomadaire.
La bave du Saint-Bernard, du Dogue de Bordeaux, du Mastiff et du Terre-Neuve n’a rien d’anecdotique : un chiffon reste accroché à la porte chez la plupart des propriétaires, et les murs se nettoient régulièrement.
Restent les gestes communs à tous : griffes coupées toutes les trois à quatre semaines chez un chien qui marche peu sur le dur, brossage des dents plusieurs fois par semaine avec un dentifrice pour chien, et surveillance du tartre chez les petites races, très concernées par la maladie parodontale.
Entretien du poil et facilité de vie ne sont pas la même chose
Un Jack Russell se brosse en deux minutes et demande deux heures d’activité. Un Bichon passe une heure par semaine sur la table de toilettage et se contente de trois sorties tranquilles. Si votre critère réel est « un chien qui ne me demande pas trop », le poil n’est qu’un tiers de l’équation : ajoutez le besoin d’exercice, la tolérance à la solitude et la facilité d’éducation.
Le Cavalier King Charles, souvent cité parmi les races peu exigeantes, en est l’illustration : son poil soyeux demande peu, mais la race est très touchée par une maladie valvulaire cardiaque et par la syringomyélie, ce qui déplace la charge du toilettage vers le suivi vétérinaire. Facile ne veut pas dire sans souci.
Un dernier conseil qui sert à toutes les races : habituez le chiot à la manipulation dès son arrivée, pattes, oreilles, gueule, queue, quelques secondes par jour, en récompensant. Un chien adulte qui accepte d’être manipulé se toilette en vingt minutes ; un chien qui se débat en demande deux fois plus et coûte un supplément chez le toiletteur.
Résumer cet article avec :
Partager :