Activité physique du chien : combien de temps par jour selon la race

Activité physique du chien

Un chien adulte en bonne santé a besoin d’une heure de dépense par jour au minimum, et cette heure ne se compte pas en tours du pâté de maisons, laisse courte, nez en l’air. C’est la première chose que les éducateurs répètent aux propriétaires qui viennent consulter pour un chien « ingérable » : la plupart du temps, le chien n’est pas ingérable, il s’ennuie.

La dépense est le levier le moins cher et le plus efficace sur le comportement. Elle agit sur le poids, sur les articulations, sur la qualité du sommeil, sur la capacité à rester seul sans démonter la porte d’entrée. Elle se dose aussi : pas assez abîme le comportement, trop tôt et trop fort abîme les articulations d’un chiot en croissance.

Tous les chiens n’ont pas le même compteur

Un Border Collie, un Malinois, un Pointer ou un Husky ont été sélectionnés pendant des générations pour travailler une journée entière. Leur seuil de fatigue n’est pas celui d’un Bouledogue Français. Avec ces chiens-là, une heure de course ne fait souvent qu’échauffer la machine : plus vous les faites courir, plus vous entraînez leur endurance, et plus il faut courir. La sortie seule ne suffit jamais avec un chien de troupeau, il lui faut du travail mental en plus.

À l’autre bout du spectre, les races à face écrasée ne régulent pas leur température correctement. Un Carlin ou un Bouledogue Anglais qui court vingt minutes par vingt-cinq degrés peut passer en détresse respiratoire. Pour eux, la bonne dose est courte, fractionnée, aux heures fraîches, et on s’arrête bien avant que le chien halète bruyamment.

Entre les deux, la majorité des chiens de compagnie s’accommodent de deux bonnes sorties et d’un peu de jeu. Le Labrador est un cas particulier : il prend du poids avec une facilité déconcertante, et son appétit ne s’éteint jamais. Chez lui, la dépense quotidienne est un traitement de fond contre l’arthrose qui l’attend à huit ans.

Chien en pleine course sur un sentier herbeux, oreilles au vent

Le chiot ne court pas comme un adulte

C’est le point sur lequel on voit le plus de dégâts. Les cartilages de croissance d’un chiot restent ouverts jusqu’à environ dix mois chez les petits formats, et bien plus tard chez les grandes races, parfois jusqu’à dix-huit mois chez un Dogue Allemand ou un Bouvier Bernois. Tant qu’ils sont ouverts, les chocs répétés laissent des traces.

Concrètement : pas de jogging avec un chiot, pas de vélo, pas de longues descentes d’escalier, pas de sauts répétés pour attraper un frisbee. Une règle circule chez les éleveurs, cinq minutes de marche par mois d’âge et par sortie. Elle est approximative, mais elle a le mérite de freiner les propriétaires enthousiastes. Le jeu libre sur herbe, où le chiot s’arrête quand il veut, reste la meilleure dépense de cette période.

Le chien âgé garde son quota, pas son intensité

Arrêter de sortir un vieux chien parce qu’il fatigue est une erreur courante. Un chien de dix ans perd de la masse musculaire, et cette masse est exactement ce qui soulage ses articulations. La marche lente et régulière entretient le muscle sans traumatiser le cartilage.

Le format change : on réduit la durée d’une seule sortie et on multiplie les sorties. Trois fois vingt minutes sur du plat valent mieux qu’une heure de dénivelé. La nage, quand le chien l’apprécie, reste le meilleur entretien pour un chien arthrosique, à condition de le sécher et de ne pas le laisser refroidir après.

Renifler fatigue plus que courir

Une balade d’une demi-heure où le chien décide de son itinéraire et passe son temps le nez au sol le fatigue davantage qu’une demi-heure de lancer de balle. L’odorat mobilise une part énorme de son cerveau, et l’activité olfactive produit une fatigue durable, celle qui fait dormir l’après-midi.

Le lancer de balle en série produit l’effet inverse. La répétition met le chien en état d’excitation, libère de l’adrénaline et l’entraîne à guetter le prochain lancer. Beaucoup de chiens dits « infatigables » sont simplement des chiens qu’on a conditionnés à la poursuite. Cinq lancers suffisent, puis on passe à autre chose.

Ce qu’un chien sous-dépensé fait de son énergie

L’énergie non dépensée ne disparaît pas, elle se réoriente. Les signes sont toujours les mêmes : destructions en l’absence du propriétaire, aboiements au moindre bruit dans la cage d’escalier, léchage compulsif des pattes, chien qui sollicite en permanence, qui vole des objets pour déclencher une poursuite, qui ne parvient pas à s’installer le soir.

Beaucoup de consultations comportementales se règlent en partie en changeant simplement le contenu des sorties. Pas forcément leur durée : leur qualité. Une sortie où le chien renifle, rencontre d’autres chiens, monte sur des obstacles, travaille un ou deux exercices, vaut trois sorties en laisse tendue sur un trottoir.

Le poids, le meilleur indicateur

Passez les mains à plat sur les flancs de votre chien. Vous devez sentir les côtes sous une fine couche, sans appuyer. Vue de dessus, la silhouette doit se resserrer derrière les côtes. Si la ligne est droite ou bombée, le chien est trop gros.

Le surpoids canin est massivement sous-estimé par les propriétaires, qui trouvent leur chien « bien portant ». Il accélère l’arthrose, fatigue le cœur, complique les anesthésies et raccourcit la vie. Des études menées sur des Labradors ont montré un écart d’espérance de vie significatif entre des chiens nourris à volonté et des chiens maintenus mince toute leur existence. La dépense quotidienne fait partie de l’équation, la gamelle aussi.

Construire une semaine qui tient

Le bon programme est celui que vous tiendrez en février, sous la pluie, après une journée de travail. Mieux vaut trente minutes tous les jours qu’une randonnée de quatre heures le dimanche suivie de six jours de canapé : le chien du week-end se blesse, exactement comme le sportif du dimanche.

Une semaine réaliste ressemble à ça : chaque matin, vingt à trente minutes de marche tranquille avec liberté de renifler. Chaque soir, quarante minutes dont un quart d’heure de travail, rappel, marche à côté, recherche d’objet. Deux fois dans la semaine, une sortie plus longue en forêt ou en terrain varié. Et un jour où on ne fait presque rien, parce que le repos fait partie de l’entraînement.

Adaptez à la température avant tout le reste. Au-dessus de vingt-cinq degrés, on sort tôt le matin et tard le soir, on teste le bitume avec le dos de la main pendant cinq secondes, on emporte de l’eau. Le coup de chaleur chez le chien s’installe en quelques minutes et se soigne mal : un chien qui halète sans reprendre son souffle, titube ou a les gencives très rouges est une urgence, on le mouille à l’eau fraîche, pas glacée, et on file chez le vétérinaire.

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