Bichon Havanais : le bichon cubain, 23 à 27 cm et toutes les couleurs
Le Bichon Havanais est le seul chien qu’un pays des Caraïbes ait donné à la cynophilie mondiale. Cuba en a fait son chien national, et cela ne tient pas au folklore : la race a failli disparaître dans les années soixante, sauvée par une poignée de sujets emmenés en Floride par des familles qui quittaient l’île. Presque tous les Havanais vivants aujourd’hui descendent de ce goulot d’étranglement, ce qui a des conséquences très concrètes sur la façon dont il faut choisir un chiot.
De La Havane à la reconnaissance internationale
L’ancêtre direct s’appelait le Blanquito de la Habana, un petit chien blanc issu du fonds méditerranéen arrivé dans les cales espagnoles. Croisé avec des caniches et d’autres petits chiens amenés par les voyageurs, il a donné un type plus coloré, plus léger, adapté à un climat où un sous-poil épais aurait été une punition. Le nom espagnol reste Bichón Habanero.
La race est classée au groupe 9, section des bichons et apparentés, sous le numéro FCI 250. Le pays de patronage est Cuba. En France, elle a connu une progression continue depuis les années deux mille, portée par sa taille et par un caractère qui pardonne beaucoup d’erreurs de débutant.
Toutes les couleurs sont admises
C’est le point qui le distingue immédiatement du Frisé et du Maltais, tous deux blancs sans discussion. Le standard havanais accepte l’ensemble des robes : fauve dans toutes ses nuances, havane, tabac, noir, gris, blanc, et toutes les panachures possibles sur ces fonds. Deux chiots de la même portée peuvent ne pas avoir une seule couleur en commun. Les robes se modifient d’ailleurs avec l’âge, un phénomène courant dans la race : un chiot noir charbonneux peut virer au gris argent adulte.
Attention à un détail de santé lié à la couleur : les sujets très blancs, notamment ceux qui portent du blanc sur la tête et les oreilles, sont statistiquement plus exposés à la surdité congénitale, uni ou bilatérale. Un test PEA, qui mesure la réponse auditive, existe et se pratique sur un chiot dès quelques semaines. Un éleveur qui produit beaucoup de blanc devrait pouvoir en parler sans se braquer.
Un poil ondulé que le standard interdit de tondre
Le manteau est long, doux, plat ou ondulé, parfois formant de larges boucles lâches sur les sujets adultes. Il n’y a pas de sous-poil épais : la fonction du pelage à Cuba était de faire écran au soleil, pas de tenir chaud. Le poil peut atteindre douze à dix-huit centimètres chez un chien laissé au naturel, et le standard précise que la toilette de fantaisie et la tonte sont proscrites en exposition. Un Havanais tondu ras n’est plus un Havanais au regard du texte.
Dans la vraie vie, beaucoup de propriétaires font faire une coupe courte d’entretien en été, ce qui n’a aucune conséquence sur la santé du chien mais ferme la porte du ring. Si vous restez au poil long, le programme est un peignage complet tous les deux jours, en séparant les mèches à la main jusqu’à la peau, plus un bain toutes les trois à quatre semaines avec un après-shampoing démêlant. Le poil ondulé s’emmêle moins vite que la boucle serrée, mais il casse s’il est brossé sec.

Un caractère de chien de compagnie intégral
Aucun travail utilitaire ne figure dans son passé. Pas de chasse au rat, pas de garde, pas de conduite de troupeau. Cette race a été façonnée pour une seule chose, tenir compagnie, et cela se sent dans son comportement : il suit son humain de pièce en pièce, s’installe où l’on s’installe et lit très bien les humeurs de la maison. Son surnom de clown vient de sa manie de refaire ce qui a déjà fait rire quelqu’un.
Il aboie peu par rapport à la moyenne des petites races, mais il signale. Il s’entend en général avec les chats de la maison, à condition d’y avoir été présenté jeune. Sa docilité rend l’éducation facile, avec une réserve : il est sensible au ton, et une voix dure le fait se coucher et se figer plutôt que de corriger son comportement. Les récompenses alimentaires marchent très bien, encore faut-il compter ces friandises dans la ration du jour.
Éducation, propreté et dépense physique
La propreté demande de la patience : la vessie d’un chiot de 2 kg est minuscule et il faut sortir toutes les deux heures les premières semaines, plus au réveil, après chaque repas et après chaque séance de jeu. Vers six mois, la plupart des sujets sont fiables. Sauter cette étape en installant un tapis absorbant pour la nuit rallonge presque toujours le processus.
Côté dépense, deux sorties quotidiennes de trente minutes suffisent à un adulte, à quoi s’ajoutent des jeux de recherche à l’intérieur. Il n’a pas de besoin d’endurance, mais il a besoin de sollicitation mentale : un Havanais qui s’ennuie devient bruyant et collant, pas destructeur.
La question de la diversité génétique
Repartir d’une poignée de reproducteurs laisse des traces. Le fonds génétique de la race reste étroit, et cela se traduit par un coefficient de consanguinité souvent élevé dans les pedigrees, même chez des élevages irréprochables par ailleurs. Certains clubs de race publient désormais ce coefficient sur cinq ou dix générations, et un éleveur qui le connaît pour sa portée vous donne au passage une bonne indication de son sérieux.
Concrètement, cela ne condamne rien. Le Havanais reste une race saine dans l’ensemble, avec peu de tares lourdes. Mais cela justifie de ne pas se contenter d’un chiot mignon : il faut regarder les accouplements, demander si les deux parents ont des ascendants communs proches et privilégier les lignées qui intègrent des apports extérieurs. Sur une race à petit effectif, ce sont les acheteurs qui, en posant ces questions, orientent les choix des élevages.
Espérance de vie et prix d’un chiot
Avec 14 à 16 ans en moyenne, c’est l’un des chiens les plus longévifs qui soient, et le plus durable des trois bichons. Cette longévité change le calcul d’achat : un chien qui reste quinze ans coûte, sur la durée, bien plus que son prix d’acquisition, entre l’alimentation, deux visites vétérinaires par an et les frais de fin de vie.
En élevage déclaré, avec inscription au LOF, un chiot se situe couramment entre 1 000 et 1 600 euros, davantage pour un sujet issu de parents titrés en exposition. Demandez systématiquement à voir la mère avec la portée, exigez les résultats de dépistage écrits et méfiez-vous des annonces qui promettent un « havanais nain » ou un format inférieur à 2 kg adulte : ce n’est pas une variété, c’est un chiot chétif ou un croisement.
Résumer cet article avec :
Partager :