Bichon Maltais : 3 kg, poil ras du sol et un brossage tous les jours

Bichon Maltais

Trois kilos. C’est le poids moyen d’un Bichon Maltais adulte, et c’est le chiffre qui commande tout le reste : la fragilité des os, la taille de la gamelle, le risque d’hypoglycémie chez le chiot, et le fait qu’un canapé de cinquante centimètres de haut soit pour lui un plongeoir. Aucune autre race de bichon ne descend aussi bas sur la balance.

Une des plus vieilles races d’agrément d’Europe

Des petits chiens blancs à poil long apparaissent dans l’iconographie méditerranéenne bien avant l’ère moderne, sur des céramiques et des mosaïques du pourtour. Les rattacher formellement au Maltais d’aujourd’hui relève de la reconstruction, mais le type est ancien et son lien avec les comptoirs marchands du bassin est solide. Le patronage officiel du standard est italien, malgré le nom qui renvoie à l’île de Malte.

La race figure au groupe 9, section des bichons et apparentés, sous le numéro FCI 65. Elle a toujours été un chien de dame de compagnie, jamais un chien utilitaire, et cela se lit dans sa construction : pas de gabarit de travail, pas d’ossature de chasse, une charpente entièrement dédiée au portage et à la présence.

Un poil raide qui descend jusqu’au sol

C’est la signature de la race et son principal problème pratique. Contrairement aux autres bichons, le Maltais n’a pas de sous-poil : un seul type de poil, long, lisse, lourd, qui pousse sans s’arrêter et finit par traîner par terre chez un chien de concours. La texture évoque la soie plus que la laine, et elle n’isole quasiment rien du froid. Un Maltais en hiver a besoin d’un manteau, ce n’est pas une coquetterie.

Ce poil unique a un avantage : il ne feutre pas de la même façon que le double manteau bouclé. Il forme des mèches qui s’entortillent sur elles-mêmes, surtout derrière les oreilles, aux coudes et sous la queue. Le peignage se fait tous les jours si l’on garde la longueur, en séparant les mèches à la main avant de passer le peigne, et toujours sur poil légèrement humidifié pour ne pas casser la fibre.

Les taches de larmes sous les yeux

Deux traînées brunes qui partent du coin interne de l’œil et descendent sur le blanc du museau : c’est la plainte numéro un des propriétaires. Le pigment responsable, la porphyrine, est contenu dans les larmes et s’oxyde au contact de l’air, virant au roux puis au brun sur un poil clair. Un poil blanc rend visible ce qui passe inaperçu sur un chien foncé.

Avant de chercher un produit miracle, il faut chercher la cause du larmoiement. Un cil qui frotte, une paupière mal placée, un canal lacrymal étroit ou bouché, une allergie alimentaire, une eau très calcaire, des dents de lait persistantes qui appuient sur le canal : chacune se traite différemment. L’entretien quotidien consiste à essuyer le coin de l’œil matin et soir avec une compresse et du sérum physiologique, puis à sécher. Les colorants et les compléments antibiotiques vendus pour blanchir le poil sont à éviter, certains ont été retirés de la vente.

Bichon Maltais blanc au poil long et lisse tombant, couché sur un tapis
Le poil du Maltais est lisse et sans sous-poil : il tombe droit au lieu de boucler.

La bouche, point faible de la race

Une mâchoire courte pour un nombre de dents normal donne un encombrement, un chevauchement et des zones où la plaque s’accumule sans qu’aucun frottement ne l’enlève. Le tartre arrive tôt, parfois dès deux ou trois ans, et la maladie parodontale qui suit fait perdre des dents avant huit ans chez beaucoup de sujets mal suivis.

Le brossage quotidien avec un dentifrice pour chien est le seul geste qui fonctionne vraiment, les lamelles et les jouets n’étant que des appoints. Autre point à surveiller chez le chiot : la persistance des canines de lait, qui restent en place à côté de la dent définitive après six mois. Elles se retirent lors de la stérilisation ou d’une anesthésie programmée, et les laisser crée un piège à aliments doublé d’une malposition.

Le bain, le séchage et le blanc du pelage

Un poil sans sous-poil se salit vite et se lave facilement, ce qui rend le bain plus fréquent que chez la plupart des races : toutes les deux à trois semaines si la longueur est conservée, une fois par mois en coupe courte. Le shampooing doit être formulé pour chien, au pH cutané canin, car la peau d’un chien est nettement moins acide que la nôtre et un produit humain la décape.

Le séchage compte autant que le lavage. Un Maltais laissé sécher à l’air garde de l’humidité à la racine, ce qui favorise les irritations et fait friser un poil censé rester droit. Séchez au souffleur ou au sèche-cheveux tiède, mèche par mèche, en peignant dans le sens de la pousse. C’est aussi le moment idéal pour repérer une rougeur, une croûte ou un début de nœud que le brossage sec ne montre pas.

Le jaunissement du blanc, lui, vient rarement du chien. L’eau du robinet très minéralisée, la salive sur les pattes qu’il lèche, les gamelles en plastique qui rayent et retiennent les résidus : ce sont les trois causes les plus courantes. Une gamelle en inox et un rinçage abondant règlent une bonne partie du problème.

Caractère, éducation et vie seul

Le Maltais est vif, très expressif, plus territorial que ne le laisse croire son format. Il aboie facilement à la porte, et c’est le comportement à travailler en premier si vous vivez en immeuble. Il apprend vite, il aime plaire, mais il tolère mal la brusquerie : une réprimande forte le fait se recroqueviller et bloque l’apprentissage pour la séance entière.

Ce chien a été sélectionné pendant des siècles pour rester sur les genoux de quelqu’un. Attendre qu’il supporte spontanément huit heures de solitude est irréaliste. Il faut construire cette tolérance dès le premier jour, et accepter que certains sujets n’y arriveront jamais complètement. C’est une race qui convient à une maison où quelqu’un est souvent présent, et beaucoup moins à un foyer où tout le monde part à sept heures du matin.

Autre piège fréquent : le porter en permanence. Un chien de 3 kg qu’on prend dans les bras dès qu’un autre chien approche n’apprend jamais le langage canin et devient réactif à tout ce qui bouge. Laissez-le marcher, rencontrer, se faire renifler.

Prix, longévité et budget réel

Chez un éleveur déclaré, avec inscription au LOF et bilan vétérinaire, un chiot se situe le plus souvent entre 1 000 et 1 600 euros. Les annonces à 500 euros sans pedigree cachent presque toujours une importation ou une production familiale sans dépistage. L’espérance de vie tourne autour de 12 à 15 ans, avec des cas nettement plus longs chez les chiens restés minces.

Le budget annuel à prévoir, hors accident : alimentation de qualité pour petit format, deux visites vétérinaires avec vaccins et antiparasitaires, un détartrage tous les deux à trois ans sous anesthésie, et le toiletteur si vous tenez la coupe courte. Le détartrage est le poste que personne n’anticipe et c’est celui qui revient le plus souvent chez cette race.

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