Bichon Bolonais : le petit blanc qu’on confond avec le Maltais
Posez trois petits chiens blancs côte à côte, un Maltais, un Bichon Frisé et un Bolonais, et demandez à dix personnes de les nommer. Neuf se tromperont. Le Bolonais est le moins connu des trois en France, et c’est aussi celui dont la fourrure raconte le plus de choses : là où le Maltais porte un poil lisse qui tombe comme un rideau et le Frisé une masse bouclée qu’on sculpte à la tondeuse, le Bolonais est couvert de flocons, des mèches légères qui se séparent d’elles mêmes et donnent cet aspect de laine à peine cardée.
C’est un chien de ville, de canapé et de bureau. C’est aussi un chien qui supporte très mal d’être laissé seul, et ce point mérite d’être posé avant tout le reste.
D’où il vient
Le nom dit l’origine : Bologne, en Émilie Romagne. La race appartient à la famille des bichons méditerranéens, dont le Maltais, le Coton de Tuléar et le Havanais font aussi partie. Ces petits chiens blancs circulaient depuis l’Antiquité autour du bassin méditerranéen, souvent embarqués sur les navires marchands, et les cours italiennes de la Renaissance en ont fait des cadeaux diplomatiques. On les offrait comme on offrait un tableau.
La Fédération cynologique internationale le range dans son groupe 9, celui des chiens d’agrément et de compagnie, section des bichons. La race a failli disparaître au XXe siècle et doit sa survie à une poignée d’éleveurs italiens. Elle reste rare en France, où l’on croise cent Maltais pour un Bolonais.
Format et couleur
C’est un petit chien sans être un chien miniature. Le standard demande environ 27 à 30 cm au garrot chez le mâle et 25 à 28 cm chez la femelle, pour un poids qui va grossièrement de 2,5 à 4 kg. Le corps est plutôt compact, presque carré, la queue portée recourbée sur le dos.
La robe est blanche, uniquement blanche. Le standard ne tolère ni marque ni panachure, et un Bolonais avec une tache beige sur l’oreille reste un chien parfaitement sain mais non conforme. La truffe et les paupières sont noires, l’œil rond, foncé, assez grand. C’est un regard qui donne à la race sa réputation d’expressivité, et qui explique aussi pourquoi ces chiens obtiennent tout ce qu’ils veulent de leurs propriétaires.
Son caractère, sans enjolivure
Le Bolonais est calme à l’intérieur, ce qui est rare chez un chien de cette taille. Il ne tourne pas en rond, il ne réclame pas le jeu en permanence, il s’installe à un mètre de vous et attend. Beaucoup de propriétaires décrivent un chien qui suit de pièce en pièce sans jamais gêner.
Le revers est direct : il se lie à une ou deux personnes avec une intensité qui le rend vulnérable à la solitude. Un Bolonais laissé huit heures par jour développe fréquemment des aboiements de détresse, du grattage de porte, parfois de la malpropreté de retour. Ce n’est pas de la vengeance, c’est de l’anxiété de séparation, et elle se travaille d’autant mieux qu’on la prend tôt.
Avec les enfants, il est doux, mais sa taille le rend fragile. Un chien de trois kilos qui reçoit un genou dans le flanc ou tombe d’un canapé peut se fracturer un membre. Les familles avec des enfants de moins de six ans doivent poser des règles claires plutôt que compter sur la patience du chien.
L’entretien du poil, en vrai
Ce chien perd très peu, ce qui plaît beaucoup, mais le poil mort reste dans la fourrure au lieu de tomber au sol. Sans brossage, il feutre. Un brossage tous les deux jours à la brosse douce, en soulevant les flocons mèche par mèche, suffit à éviter les nœuds ; les zones sensibles sont l’arrière des oreilles, les aisselles et l’intérieur des cuisses.
Le blanc pose sa propre contrainte. Le larmoiement laisse des traînées rousses sous les yeux, surtout si le canal lacrymal est étroit ou si l’eau de distribution est très minéralisée. Un passage quotidien de compresse humide au coin de l’œil suffit à régler le problème. Les pattes se rincent au retour de promenade, autrement le poil des doigts se teinte.
Un passage chez un toiletteur tous les deux à trois mois pour le bain, les ongles, les oreilles et la coupe hygiénique reste la solution la plus simple pour la plupart des propriétaires. Comptez le tarif d’un petit chien à poil long dans votre région, il varie du simple au double entre une grande ville et une zone rurale.
Santé : ce qu’il faut surveiller
Comme beaucoup de petites races, le Bolonais est exposé à la luxation de la rotule. Le genou se déboîte vers l’intérieur, le chien saute sur trois pattes quelques secondes puis repart comme si de rien n’était. Ce signe discret est précisément celui qu’il faut signaler au vétérinaire, parce que les stades avancés se corrigent chirurgicalement et que les stades débutants se gèrent avec du poids en moins et de la musculature en plus.
Deuxième point : les dents. Une petite mâchoire concentre autant de dents qu’une grande, le tartre s’installe tôt et la maladie parodontale est fréquente chez les chiens de moins de cinq kilos. Un brossage dentaire régulier, commencé chez le chiot, change complètement la donne à huit ans.
Troisième point : le poids. Trois cents grammes de trop sur un chien de trois kilos, c’est dix pour cent de sa masse. Les friandises distribuées à la main toute la journée expliquent la plupart des Bolonais en surpoids que voient les vétérinaires.
Éducation et dépense
Il apprend vite et travaille volontiers pour de la nourriture, à condition que les séances restent courtes. Deux fois cinq minutes par jour valent mieux qu’une demi heure. Les points à ne pas négliger sont le rappel, la marche en laisse sans tirer et surtout l’habituation à la manipulation : un chien qui se laisse brosser, couper les ongles et examiner les dents sans se débattre vous épargne quinze ans de luttes.
Côté exercice, deux sorties quotidiennes d’une vingtaine à une trentaine de minutes conviennent, plus les sorties hygiéniques. Le porter en permanence dans un sac le prive de ce dont il a besoin pour ses articulations et pour sa tête. Il marche très bien, il aime renifler, il suit sans traîner.
Avant d’en chercher un
La rareté de la race en France crée deux effets. Les listes d’attente chez les éleveurs sérieux sont longues, souvent plusieurs mois. Et des annonces proposent, sous le nom de Bolonais, des croisements de petits chiens blancs importés sans pedigree. Exigez l’inscription au LOF, les documents de la mère, la visite de l’élevage et la possibilité de voir la portée avec sa mère.
Un dernier repère pour trancher : si votre foyer est vide de huit heures à dix neuf heures cinq jours par semaine et que personne ne peut passer à midi, ce chien n’est pas le bon. Ce n’est pas une question de place, c’est une question de présence.
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