Braque Slovaque à poil dur : le chien d’arrêt gris venu de Slovaquie

Braque Slovaque à poil dur

Un chien d’arrêt gris souris, à barbe et sourcils hirsutes, qui arrête la caille en plaine le matin et rapporte le canard à l’eau l’après-midi : le Braque Slovaque à poil dur reste presque inconnu en France alors qu’il fait partie des polyvalents les plus complets d’Europe centrale. Voici sa fiche, du standard jusqu’au prix du chiot.

Un braque construit en Slovaquie après la guerre

Cette race n’a rien d’ancien. Elle a été bâtie à partir des années 1950 par des cynophiles slovaques qui voulaient un chien d’arrêt polyvalent, à poil dur, capable de travailler la plaine, le bois et l’eau dans un même après-midi. Les bases du croisement associent le Braque de Weimar, le Braque allemand à poil dur et le Barbu tchèque, le Cesky Fousek.

Le Braque de Weimar a laissé la couleur, les deux autres le poil et la rusticité de travail. La FCI a reconnu la race dans la seconde moitié du XXe siècle et l’a classée au groupe 7, celui des chiens d’arrêt continentaux. En Slovaquie, elle est encore largement détenue par des chasseurs qui la font travailler, pas par des expositions.

En France, les inscriptions au livre des origines se comptent chaque année sur les doigts de quelques mains. Autant le savoir avant de s’attacher à l’idée : trouver un chiot signifie souvent regarder du côté de la Slovaquie, de la Tchéquie ou de l’Autriche.

Le gris, couleur unique de la race

Il n’existe qu’une robe admise : le gris. Du gris argent clair au gris foncé proche de l’ardoise, uni ou avec un léger rouanné, parfois quelques marques blanches discrètes sur le poitrail et les doigts. Un chiot annoncé marron, noir ou blanc et orange n’appartient pas à cette race, quoi qu’en dise l’annonce.

La texture compte autant que la couleur. Le poil du corps mesure quelques centimètres, il est dur au toucher, couché, doublé d’un sous-poil qui s’étoffe l’hiver. La tête porte des sourcils fournis et une barbe nette, la marque visuelle des braques à poil dur. Sur les membres, le poil est plus court et plus raide.

Cette fourrure résiste à l’eau froide et aux ronces. C’est exactement ce que cherchaient les créateurs de la race : un chien qui sorte d’un étang en novembre sans grelotter et qui traverse un roncier sans s’ouvrir les flancs.

Gabarit et allures

C’est un chien de bonne taille. Le mâle mesure généralement entre 62 et 68 cm au garrot, la femelle entre 57 et 64 cm, pour un poids qui s’échelonne le plus souvent de 25 à 35 kg. La silhouette est celle d’un athlète de fond : poitrine descendue, dos droit, membres secs, rien de lourd.

Au galop, il couvre du terrain avec une foulée ample et économique. La quête est moins large que celle d’un Pointer, plus méthodique, adaptée à la chasse au contact du fusil. L’arrêt est ferme et il coule volontiers sur le gibier quand on le lui demande.

Braque Slovaque à poil dur
La robe grise et le poil dur à barbe suffisent à identifier la race sur le terrain.

Ce qu’il vaut au travail

Le mot qui revient chez ceux qui le pratiquent est polyvalence. Il quête et arrête comme un braque, mais il a aussi été sélectionné pour la recherche au sang du grand gibier blessé, pour le rapport à l’eau et pour le travail après le coup de feu. En Europe centrale, un chien de chasse doit savoir tout faire, et les épreuves de sélection y sont exigeantes.

Cette polyvalence a un revers. Un chien capable de pister un chevreuil blessé pendant des heures a une motivation olfactive énorme, qui se retourne contre vous en promenade si le rappel n’est pas solide. Les lignées slovaques restent sélectionnées sur le travail, pas sur la docilité de salon.

Sa vie de famille entre deux saisons

À l’intérieur, il surprend par son calme. C’est un chien posé, peu démonstratif, qui s’installe dans un coin et observe. Il s’attache profondément à une personne en particulier tout en restant correct avec le reste du foyer.

Avec les étrangers, il est réservé plutôt que méfiant : il ne fait pas la fête aux visiteurs et n’y voit pas d’inconvénient. Ce trait a été conservé volontairement, un chien de chasse trop expansif étant vu comme un défaut en Slovaquie. Avec les enfants, il est patient, avec les autres chiens généralement pacifique, avec le chat de la maison souvent tolérant s’il a grandi avec lui.

Le lapin du jardin, en revanche, restera un gibier. L’instinct de prédation ne se négocie pas chez un chien sélectionné depuis soixante-dix ans sur ce critère.

L’éducation d’un chien indépendant

Il apprend vite et retient longtemps, mais il réfléchit avant d’obéir. Ce n’est pas un chien de sport programmé pour répéter, c’est un chien de terrain habitué à prendre des initiatives loin de son conducteur. La répétition mécanique l’éteint, le jeu et la nourriture le rallument.

Le rappel se construit avant l’adolescence, entre deux et six mois, avec une longe de dix mètres en milieu ouvert. Passé huit mois, un jeune braque qui a pris l’habitude de partir seul sur une piste est beaucoup plus difficile à récupérer. Aucune méthode coercitive ne rattrape un apprentissage qu’on n’a pas fait au bon moment.

Santé et entretien du poil

La race n’est pas connue pour des tares spectaculaires, ce qui tient largement à son effectif réduit et à sa sélection sur le travail. La dysplasie coxo-fémorale reste le dépistage à demander : radiographie officielle à partir de douze mois, lecture cotée de A à E. Un éleveur qui ne sait pas dire la cotation de ses reproducteurs n’est pas le bon interlocuteur.

Les oreilles tombantes et poilues retiennent l’eau après chaque sortie en marais. Nettoyage hebdomadaire, séchage après baignade, surveillance des rougeurs. Le thorax profond expose au syndrome dilatation-torsion de l’estomac : deux repas quotidiens, pas de course dans l’heure qui suit, et une visite en urgence dès qu’un ventre gonflé s’accompagne de tentatives de vomissement à vide.

Le poil dur ne se tond pas. Il s’épile, à la main ou au couteau à dépiler, deux fois par an, pour retirer le poil mort et laisser repousser une texture rêche. Un poil tondu devient mou, perd son imperméabilité et met des mois à revenir. Entre deux épilations, un brossage hebdomadaire suffit, avec une attention particulière à la barbe qui garde tout ce que le chien a reniflé.

Trouver un chiot en France

Les portées françaises sont rares au point d’être un événement dans le petit monde des braques. La démarche habituelle passe par le club de race des chiens d’arrêt continentaux, qui oriente vers les rares affixes, ou par les clubs slovaques et tchèques où les naissances sont plus régulières. L’importation d’un chiot depuis un État membre suppose un passeport européen, une puce et une vaccination antirabique valide, le chiot devant avoir au moins quinze semaines à son arrivée.

Le prix demandé se situe dans la fourchette des chiens d’arrêt de travail, et il faut y ajouter le déplacement ou le transport. Ce montant couvre l’identification, les premiers vaccins, le certificat vétérinaire et l’inscription au livre des origines du pays de naissance, qu’il faudra faire transcrire au LOF en arrivant en France.

Un dernier point pratique : ce chien mue deux fois par an et perd beaucoup de sous-poil au printemps. Prévoyez l’aspirateur et une brosse à carder, la barbe grise laisse aussi des traces d’eau sur le carrelage à chaque passage à la gamelle.

Résumer cet article avec :

Partager :