Féculents pour chien : lesquels, cuits comment et en quelle quantité

Féculents pour chien

Le chien n’est pas un loup en pyjama. Au cours de sa domestication, son génome a accumulé des copies supplémentaires du gène codant l’amylase pancréatique, l’enzyme qui découpe l’amidon. Concrètement, il digère les féculents bien mieux que son ancêtre sauvage, et cette différence est l’un des marqueurs génétiques les plus nets entre le chien et le loup. Voilà pourquoi le riz d’une ration ménagère ne relève ni de l’hérésie ni du remplissage.

Cela ne veut pas dire que tout féculent se donne dans n’importe quelle quantité et sous n’importe quelle forme. La cuisson change tout, certaines sources posent de vrais problèmes crues, et la proportion dépend du chien qu’on a devant soi. Le sujet mérite mieux que la guerre de tranchées entre partisans du sans céréales et défenseurs de la croquette classique.

À quoi servent les féculents dans la gamelle

Leur premier rôle est énergétique. Les glucides fournissent des calories que le chien n’a pas à tirer des protéines, ce qui laisse celles-ci disponibles pour ce qu’elles font le mieux : entretenir la masse musculaire. Sur une chienne en lactation, sur un chien de travail en hiver ou sur un animal qui a du mal à tenir son poids, cet apport compte.

Leur second rôle est pratique. Une ration ménagère composée uniquement de viande et de légumes coûte cher et se digère parfois moins bien qu’on ne l’imagine. Une part de riz ou de patate douce épaissit le repas, ralentit un peu le transit et rend l’ensemble plus économique. Sur un chien de trente kilos nourri au fait maison, la différence de budget mensuel n’a rien d’anecdotique.

Leur troisième rôle est thérapeutique, en usage court. Après une gastro-entérite, le duo riz blanc bien cuit et blanc de poulet reste la base des recommandations vétérinaires pendant deux ou trois jours, le temps que la muqueuse se remette. Ce n’est pas un régime au long cours : cette ration est déséquilibrée si on la prolonge.

Les bons candidats, un par un

Le riz blanc est le plus digestible du lot. Cuit longuement, un peu plus que pour nous, il passe chez presque tous les chiens et se conserve bien au réfrigérateur. Le riz complet contient davantage de fibres mais il est plus dur à digérer, et il retient plus facilement des résidus indésirables.

La pomme de terre doit être cuite sans exception, et pelée. Crue ou verdie, elle contient de la solanine, un alcaloïde toxique qui se concentre dans la peau et dans les germes. Cuite à l’eau et refroidie, elle convient très bien. La patate douce a bonne presse et le mérite en partie : elle apporte des fibres et du bêta-carotène, avec un goût que la plupart des chiens acceptent immédiatement.

Les pâtes et la semoule fonctionnent, à condition d’être cuites au-delà du stade al dente et servies sans sel ni sauce. Les flocons d’avoine cuits dans l’eau donnent de bons résultats chez les chiens au transit paresseux. Le quinoa se rince abondamment avant cuisson pour éliminer la saponine de son enveloppe, qui irrite l’estomac.

Gamelle de ration ménagère avec riz cuit, viande émincée et haricots verts
Riz longuement cuit, viande et légumes verts : la base d’une ration ménagère, à équilibrer par un vétérinaire nutritionniste.

Ce qu’il vaut mieux laisser de côté

Les légumineuses posent une question qui n’est pas tranchée. Pois, lentilles et pois chiches ont massivement remplacé les céréales dans les croquettes sans céréales, et les autorités sanitaires américaines ont ouvert une enquête après un signalement de cardiomyopathies dilatées chez des chiens nourris avec ces formules. Le lien n’est pas démontré à ce jour et la recherche continue. En attendant, mieux vaut ne pas construire toute l’alimentation d’un chien autour des légumineuses, surtout dans les races déjà prédisposées aux troubles cardiaques.

Le maïs sous forme de grain entier passe mal, alors que le maïs finement broyé et cuit des croquettes se digère correctement : ce qui compte n’est pas la céréale mais le procédé. Le pain, les biscottes et les restes de tarte n’ont aucun intérêt et apportent surtout du sel et du gras. Quant aux plats cuisinés, la question des féculents devient secondaire face à l’oignon et à l’ail qu’ils contiennent presque toujours, et qui détruisent les globules rouges du chien.

Quelle proportion, pour quel chien

Aucun chiffre universel ne tient, et méfiez-vous des sites qui en avancent un au gramme près. Une ration ménagère se construit autour de la viande, à laquelle s’ajoutent des légumes, une source de féculent, une huile végétale et un complément minéral et vitaminé. La part du féculent varie selon l’âge, l’activité, l’état corporel et la tolérance digestive de l’animal.

Quelques repères tiennent quand même. Un chien sédentaire, stérilisé, qui prend du poids, n’a pas besoin d’une grosse part de glucides. Un chien de traction ou de chasse en pleine saison, si. Un chiot en croissance a des besoins précis en calcium et en phosphore, et c’est justement le cas où le fait maison improvisé fait le plus de dégâts.

Passer d’un régime à l’autre sans casse

Toute modification alimentaire se fait sur une bonne semaine, en augmentant chaque jour la part du nouvel aliment. La flore intestinale s’adapte lentement, et un changement brutal produit une diarrhée qui fera conclure à tort que le nouvel aliment ne convient pas.

Surveillez ensuite trois choses : la consistance des selles, leur volume et l’état du poil. Des selles volumineuses et molles signalent en général un excès de glucides mal digérés ou une cuisson insuffisante. Un chien qui pousse trois fois par jour un tas important sur un régime maison n’assimile pas correctement ce qu’on lui donne.

En cuisine, la routine qui tient

Cuisez le riz avec un large volume d’eau, sans sel, et prolongez la cuisson de plusieurs minutes par rapport à un usage humain. Égouttez, laissez tiédir, servez à température ambiante : un aliment sorti du réfrigérateur déclenche des vomissements chez certains chiens sensibles. Préparez en une fois la valeur de deux ou trois jours et conservez au froid, pas davantage, ou congelez en portions.

Une dernière remarque sur les intolérances. Beaucoup de propriétaires accusent les céréales sans jamais avoir testé quoi que ce soit. Les allergies alimentaires du chien visent le plus souvent une protéine animale, bœuf ou poulet en tête, et se diagnostiquent par un régime d’éviction strict de plusieurs semaines conduit avec un vétérinaire. Supprimer le riz au hasard n’apporte aucune réponse et retarde le vrai diagnostic.

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